Elle ne fascinera pas les touristes mais la nouvelle raffinerie ultramoderne de Midor, que vient de terminer le spécialiste français de l’ingénierie Technip près d’Alexandrie, permettra à l’Égypte de réduire ses importations de gazole et d’exporter de l’essence. Midor, qui traitera 100 000 barils par jour dès mi-juin, «est le plus grand contrat clé en main réalisé entièrement par Technip (1,2 milliard de dollars) et le plus important des dix dernières années dans le raffinage en Méditerranée», souligne le PDG Daniel Valot, lors de l’inauguration de ces 120 hectares dans la zone franche d’Ameryia, près d’Alexandrie. Midor (Middle East Oil Refinery) est notamment détenue à 40 % par les égyptiens EGPC (Egyptian General Petroleum Corp.) Petrojet (10 %) ou Salem ainsi que l’anglo-israélien Medor (20 %), et des banques égyptiennes. Le projet a bénéficié d’un prêt de 220 M EUR de la Banque européenne d’investissement. La raffinerie ne produira pas de fioul lourd dont le marché s’amenuise, mais des produits répondant aux critères environnementaux les plus sévères (normes 2005), explique Vittorio Fedeli, vice-président de Technip Italy et directeur du projet. Midor devra néanmoins trouver un débouché à 350 000 tonnes par an de coke, qui peut par exemple être brûlé dans les cimenteries. Cette installation permettra à l’Égypte de réduire ses importations de gazole et de gaz de pétrole liquéfié (GPL) et d’exporter les produits les plus demandés par l’Europe et les États-Unis, comme l’essence sans plomb. L’Égypte, qui produit 700 000 barils par jour de brut, est théoriquement autosuffisante mais devrait importer l’essentiel de son diesel et GPL, faute de capacités de raffinage suffisantes. D’autres raffineries sont encore nécessaires, se réjouit M. Fedeli, espérant bien décrocher de nouveaux contrats, après celui-ci remporté en juin 1997. Les premiers bruts ont été traités à Midor le 18 décembre. Restent à mettre en route trois unités du 16 avril au 15 mai. «Midor est la première expérience de travail intégrant des équipes de Technip Italy et de Technip France mais aussi de Technip Germany, USA, Russia et India», souligne M. Valot. Technip compte aussi répondre à un appel d’offres pour une usine de liquéfaction de gaz, pour l’espagnol Union Fenosa dans le port de Damietta, dans le delta du Nil. Les réserves de gaz naturel de l’Égypte s’élèvent aujourd’hui à 20 TCF (trillion cubic feet), soit 28 milliards de m3. «Le pays vise 35 TCF en 2005 et 50 TCF dans les années suivantes», a indiqué le ministre égyptien du Pétrole Sameh Fahmi lors de l’inauguration. L’Égypte a aussi un projet de gazoduc du nord au sud du pays, le Nile Valley Gas, pour la distribution du gaz naturel, inexistante jusqu’à présent. La «réception définitive» de la raffinerie interviendra en 2002, un an après sa livraison, précise Daniel Valot. «Dans nos métiers, la marge se fait à la fin du contrat – nous appelons cela la queue de l’éléphant – et c’est le moment le plus difficile pour faire payer le client», reconnaît-il.
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