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Actualités - Chronologies

Pâques moroses - pour cause d’intifada

Depuis 2 000 ans, les pèlerins chrétiens ont bravé guerres et souverains sanguinaires pour commémorer les derniers pas de Jésus à Jérusalem. Mais cette année, ils sont nombreux à s’être abstenus de faire le déplacement, effrayés par l’escalade des violences israélo-palestiniennes. Depuis le début de l’intifada palestinienne, il y a sept mois, des affrontements sont survenus dans la Ville sainte, sur la via Dolorosa, celle-là même où Jésus a effectué son chemin de croix. Les images de jeteurs de pierres et de fusillades sont vraisemblablement à l’origine de la désaffection des pèlerins pour ce voyage mythique, une tendance que les commerçants ne peuvent que constater avec amertume. Quelques pèlerins, toutefois, ont fait le déplacement. «J’avais un peu peur du terrorisme et de cette situation, reconnaît une Polonaise, Alexandra Niemirycz. Mais je suis courageuse et c’est une période très importante pour les catholiques». Jack Ward, un touriste américain de Boston, explique qu’il s’est rendu dans la ville cisjordanienne de Ramallah sans angoisse. «Je pourrais être abattu dans le métro, chez moi», relativise-t-il. L’intifada a débuté tout près de l’église du Saint-Sépulcre, où Jésus a été crucifié puis enterré. C’est là que de nombreux chrétiens célèbrent Pâques. Les autorités israéliennes et palestiniennes espéraient que le nouveau millénaire serait propice au tourisme religieux et prévoyaient une affluence record. La réalité est toute autre. Le ministère israélien du Tourisme a fait savoir que le nombre de touristes était en effet bien inférieur aux 3,2 millions initialement attendus pour cette année. Le nombre de touristes allemands et italiens est en baisse de 70 %, celui des Américains de moitié. Le secteur hôtelier, précise le ministère, est particulièrement touché. De la terrasse du restaurant Papa Andrea, on peut observer la coexistence parfois brouillonne des trois grandes religions monothéistes dans la Ville sainte. On entend les prières des muezzin, lancées de minarets qui se détachent sur fonds de clochers d’églises. L’étoile juive est présente aussi, qui frappe un drapeau israélien flottant sur la Tour de David. Mais le carnet de réservations du restaurant est vide pour Pâques, se désole son gérant, Jacir Hanna. L’an dernier, plus d’une centaine de clients avaient réservé. «Cette année, zéro. Tout ça à cause du soulèvement», commente-t-il. Plus loin, les marchands de souvenirs regrettent eux aussi le manque d’acquéreurs pour leurs couronnes d’épines à deux dollars et leurs portraits de Jésus, entouré d’agneaux.
Depuis 2 000 ans, les pèlerins chrétiens ont bravé guerres et souverains sanguinaires pour commémorer les derniers pas de Jésus à Jérusalem. Mais cette année, ils sont nombreux à s’être abstenus de faire le déplacement, effrayés par l’escalade des violences israélo-palestiniennes. Depuis le début de l’intifada palestinienne, il y a sept mois, des affrontements sont survenus dans la Ville sainte, sur la via Dolorosa, celle-là même où Jésus a effectué son chemin de croix. Les images de jeteurs de pierres et de fusillades sont vraisemblablement à l’origine de la désaffection des pèlerins pour ce voyage mythique, une tendance que les commerçants ne peuvent que constater avec amertume. Quelques pèlerins, toutefois, ont fait le déplacement. «J’avais un peu peur du terrorisme et de cette situation, reconnaît...