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Actualités - Chronologies

EUTHANASIE - « Un grand péché », selon Moscou - La légalisation de la « mort douce » aux Pays-Bas relance le débat en Europe

L’adoption définitive de la loi légalisant sous condition l’euthanasie a commencé à provoquer des réactions contrastées en Europe, tandis qu’aux Pays-Bas même le nouveau texte suscite des interrogations. Les sénateurs néerlandais ont en effet approuvé mardi une loi légalisant l’euthanasie sous certaines conditions faisant ainsi des Pays-Bas le premier pays au monde à autoriser officiellement cette pratique médicale controversée. En Russie, le ministre de la Santé Iouri Chevtchenko a qualifié l’euthanasie de «grand péché», propice aux abus, et il a exclu qu’un projet de loi en ce sens soit présenté au Parlement russe. Même son de cloche en Allemagne, où l’Église protestante a condamné un texte en contradiction, selon elle, avec les convictions chrétiennes. Le vice-président chrétien-démocrate Hubert Hueppe a jugé que la loi néerlandaise était «abjecte». La Belgique en revanche s’oriente vers une autorisation de l’euthanasie, mais dans des conditions sans doute plus restrictives que les Pays-Bas. Après dix-sept mois de discussions serrées et plus de quarante auditions d’experts, les commissions de la Justice et des Affaires sociales du Sénat belge ont en effet adopté le 20 mars dernier une proposition de loi autorisant dans des circonstances très précises l’euthanasie. Les sénateurs néerlandais ont quant à eux adopté la loi mardi soir à une large majorité (46 voix pour, 28 contre). Le texte avait bénéficié d’un même large consensus devant les députés en novembre. Alors que la presse n’avait pas fait ses gros titres sur la légalisation récente du mariage civil pour les homosexuels, ni sur l’adoption de la loi sur l’euthanasie en première lecture, les journaux néerlandais ont placé en «Une» hier le vote définitif de la loi. «Les Pays-Bas sont le premier pays au monde à légaliser “la mort douce”, mais cette primeur ne crée pas de satisfaction sans partage, tellement les points de vue restent divisés sur le sujet», remarque ainsi le quotidien Trouw (gauche) dans son éditorial. «Il existe encore des raisons de doute et d’inquiétude», poursuit l’éditorialiste. Pour les partisans de la loi, celle-ci doit rendre plus transparente la pratique de l’euthanasie en enlevant le couperet d’une possible sanction judiciaire. Selon le texte, les médecins pourront pratiquer l’euthanasie sans risque de poursuite si le patient est atteint de «souffrance insupportable», s’il n’a pas d’espoir de survie et s’il désire mettre fin à ces jours. Les médecins devront aussi signaler chaque cas à une commission chargée de vérifier si les conditions requises, baptisées «critères de minutie», ont bien été respectées. Le débat sur la définition de «la souffrance insupportable» reste encore à mener, constataient hier un professeur de droit Tom Schalken et le sénateur Jacob Kohnstamm, fervent défenseur de la loi, dans le quotidien Trouw. «Déterminer ce qu’est une souffrance insupportable sera du ressort de chaque médecin, et la question demeure» entière, a reconnu la ministre de la Santé Els Borst, artisan du projet avec le ministre de la Justice. Plusieurs commentateurs s’interrogent sur l’étendue de cette notion : peut-on considérer qu’être fatigué de vivre constitue une souffrance insupportable ? Autre question encore sans réponse, les médecins déclareront-ils plus souvent les euthanasies pratiquées ? Plus de 2 000 cas ont été officiellement déclarés l’année dernière mais près d’un millier sont restés clandestins, selon les évaluations du ministère de la Justice, soit par peur des poursuites ou pour des raisons de confidentialité. Les cas d’euthanasie jugés litigieux par les commissions régionales de contrôle seront transmis à la justice. Pour répondre à toutes les questions en provenance de l’étranger, les Pays-Bas ont décidé d’éditer et de distribuer, via leurs ambassades, des brochures en plusieurs langues avec les principaux points de la nouvelle loi.
L’adoption définitive de la loi légalisant sous condition l’euthanasie a commencé à provoquer des réactions contrastées en Europe, tandis qu’aux Pays-Bas même le nouveau texte suscite des interrogations. Les sénateurs néerlandais ont en effet approuvé mardi une loi légalisant l’euthanasie sous certaines conditions faisant ainsi des Pays-Bas le premier pays au monde à autoriser officiellement cette pratique médicale controversée. En Russie, le ministre de la Santé Iouri Chevtchenko a qualifié l’euthanasie de «grand péché», propice aux abus, et il a exclu qu’un projet de loi en ce sens soit présenté au Parlement russe. Même son de cloche en Allemagne, où l’Église protestante a condamné un texte en contradiction, selon elle, avec les convictions chrétiennes. Le vice-président chrétien-démocrate...