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Actualités - Chronologies

Un bras de fer où chaque mot compte

L’Administration américaine pèse soigneusement ses mots dans l’affaire de l’avion-espion bloqué en Chine, apparemment soucieuse de ne prendre aucun risque au moment où, selon la Maison-Blanche, les discussions «progressent» avec Pékin. Pas question non plus à l’inverse de formuler des «excuses» comme le demande Pékin : le président George W. Bush en est resté jeudi aux «regrets». Et le Pentagone a dûment sermonné les journalistes parlant d’avion-espion, soulignant à plusieurs reprises ces derniers jours que l’appareil américain, un avion de surveillance électronique de type EP-3, effectuait des opérations «de surveillance de routine» lorsqu’il est entré en collision avec un chasseur chinois au dessus de la mer de Chine méridionale. Ces distinctions sémantiques témoignent, selon certains experts, de la volonté de Washington de ne prendre aucun risque, alors que les discussions se sont intensifiées entre Pékin et Washington. «Il faut être prudent. Un mot peut avoir un sens pour une certaine audience et être perçu par une autre comme de la provocation», explique Richard Betts, directeur de l’Institut des études sur la paix et la guerre à l’Université Columbia de New York. Dans la situation actuelle, ajoute-t-il, «c’est dans l’intérêt des deux parties de ne pas envenimer la situation». Dès lors, l’Administration américaine évite soigneusement de parler d’otages. Le président Bush parle de «nos militaires, hommes et femmes» et préfère ne pas répondre quand la presse lui demande s’il les considère otages des Chinois. Le secrétaire d’État Colin Powell a, lui, clairement refusé d’employer le mot. «Je préfère dire “ils sont détenus”», a-t-il indiqué mardi. Alors que les Chinois exigent des excuses, le président Bush jeudi s’est contenté d’exprimer ses «regrets» pour la mort du pilote chinois dont l’avion est entré en collision avec l’avion-espion américain. La veille, Colin Powell avait lui aussi publiquement fait état de ses «regrets». «Les États-Unis ne comprennent pas la raison d’excuses. Notre avion opérait dans l’espace aérien international et les États-Unis n’ont rien fait de mal» a expliqué le porte-parole de la Maison-Blanche Ari Fleischer. La différence sémantique est importante, font valoir des experts. «Des excuses veulent dire que nous avons fait quelque chose de mal, que c’est de notre faute», explique Richard Betts. «Une excuse a un prix, expliquait également vendredi Peter Spiro, professeur de droit à l’Université Hofstra dans le Washington Post. C’est comme plaider coupable. Cela crée un précédent». Jusqu’à présent, l’Administration américaine a toujours parlé d’«accident». «C’est un accident, c’est un accident très regrettable et nous essayons de le régler sans le transformer en incident international», a ainsi déclaré le porte-parole du département d’État Richard Boucher.
L’Administration américaine pèse soigneusement ses mots dans l’affaire de l’avion-espion bloqué en Chine, apparemment soucieuse de ne prendre aucun risque au moment où, selon la Maison-Blanche, les discussions «progressent» avec Pékin. Pas question non plus à l’inverse de formuler des «excuses» comme le demande Pékin : le président George W. Bush en est resté jeudi aux «regrets». Et le Pentagone a dûment sermonné les journalistes parlant d’avion-espion, soulignant à plusieurs reprises ces derniers jours que l’appareil américain, un avion de surveillance électronique de type EP-3, effectuait des opérations «de surveillance de routine» lorsqu’il est entré en collision avec un chasseur chinois au dessus de la mer de Chine méridionale. Ces distinctions sémantiques témoignent, selon certains experts,...