À Elland Road, le stade de Leeds United, les garnements de David O’Leary adorent leur sortie du mercredi soir, et aiment de plus en plus taquiner les grands : débutants il y a six mois, puis catalogués comme révélations, ils font désormais figure d’épouvantails. Mercredi soir, le Deportivo La Corogne, champion d’Espagne en titre, a été battu 3-0 sans jamais avoir eu l’occasion de construire la moindre offensive, et a fortiori de renverser le cours d’un match entamé à 200 à l’heure, par 20 minutes de pressing infernal. «Je ne suis pas surpris par la qualité de nos performances, parce que nous n’avons pas peur de jouer dans la cour des grands», a expliqué O’Leary, à la fois sosie de Mr Bean et surveillant général débonnaire de cette classe agitée. «C’est notre première aventure dans cette grande compétition et le manager, comme les joueurs, ont envie de voir jusqu’où on peut aller». Ses élèves doués ont poussé la curiosité, et le goût des travaux pratiques, jusqu’à battre l’AC Milan (1-0), la Lazio (1-0 à Rome), puis Anderlecht deux fois (2-1, puis 4-1 à Bruxelles), et à faire jeu égal, une fois sur deux, avec les grands FC Barcelone (1-1 à Elland Road) et Real Madrid (défaite contestable 3-2 à Santiago-Bernabeu). « Au mérite » «C’est ce que je leur ai dit avant le match : ne pensez pas que nous sommes là pour faire le huitième, après les deux groupes dont nous sommes sortis. Nous nous sommes qualifiés au mérite, alors profitez-en, jouez le mieux possible et faites vous plaisir, car des occasions comme celle-là ne se présentent pas très souvent», a raconté O’Leary. Ni une cascade de blessures à l’automne, ni un calendrier surchargé cet hiver, ni un procès à rallonge ce printemps, dans lequel cinq joueurs, dont Lee Bowyer et Jonathan Woodgate, attendent un verdict imminent, n’ont pu entamer la fraîcheur, et surtout le moral, de cette bande d’insolents. «Ce sera difficile d’atteindre les demi-finales, mais quand on revient au stade Riazor, il y a toujours de l’espoir», a timidement réagi l’entraîneur du Depor, Javier Irureta. «Nous avions réussi à revenir de 0-3 contre le Paris-SG, il y a parfois des miracles en football, mais Leeds est une équipe très forte». La preuve, le bulletin de notes provisoire de Ferdinand et ses copains en Europe : 6 victoires, 4 nuls et 3 défaites, toutes contre les cadors du Real et du Barça, 24 buts marqués, 16 buts encaissés dont 10 contre le Barça et le Real. Ce Real que Leeds rêve de retrouver en finale, en mai, pour la distribution des prix.
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