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Actualités - Chronologies

Israéliens et Palestiniens engagés dans une longue guerre d’usure

La forte recrudescence de la violence au cours des derniers jours laisse présager une longue guerre d’usure entre Israéliens et Palestiniens, la marge de manœuvre du Premier ministre Ariel Sharon sur le plan militaire étant très limitée par des considérations politiques. Les deux parties se rejetaient mutuellement la responsabilité de cette escalade. Du côté israélien, le chef d’état-major, le général Shaul Mofaz, a accusé mardi dernier l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat d’avoir opté pour «la violence et le terrorisme» afin d’atteindre ses buts et a réitéré qu’Israël ne négocierait qu’après l’arrêt du «terrorisme». Pour sa part, le président du Parlement palestinien, Ahmed Qoreï, a affirmé à la radio officielle Voix de la Palestine que M. Sharon n’était pas prêt à négocier «une paix véritable». «Personne ne s’attend sérieusement à ce que cela soit seulement une affaire de semaines», a déclaré un analyste israélien, Gerald Steinberg, en parlant de la promesse de M. Sharon durant sa campagne électorale de rétablir la sécurité des Israéliens. M. Sharon ne peut, en effet, utiliser toute la puissance militaire de l’armée israélienne. «Pour faire céder les Palestiniens, il serait nécessaire d’utiliser des mesures militaires allant bien au-delà de ce que le monde arabe, la communauté internationale et une grande partie de l’opinion publique israélienne seraient prêts à tolérer», expliquait ainsi l’éditorialiste du quotidien Maariv, Hemi Shalev. Illustration de cette situation, le secrétaire d’État américain Colin Powell a téléphoné deux fois lundi à M. Sharon. Selon le quotidien Yediot Aharonot, M. Powell s’est plaint de l’emploi d’un hélicoptère Apache de fabrication américaine lors du raid de Rafah. «Moins d’un mois après être arrivé au pouvoir, Sharon commence à comprendre qu’il se trouve dans un piège», poursuivait M. Shalev. «Il est maintenant clair pour lui que les méthodes dont il rêvait lorsqu’il était dans l’opposition et qu’il promettait de “rétablir la sécurité” ne sont pas à sa disposition en tant que Premier ministre», expliquait-il. M. Sharon mise donc sur des actions très ciblées – c’est-à-dire visant des militants accusés d’être responsables d’attaques anti-israéliennes, par opposition à la population dans son ensemble – et d’ampleur limitée, afin de réduite au strict minimum les réactions de l’étranger. «C’est une guerre d’usure», affirme M. Steinberg, professeur au Centre Begin-Sadate de l’Université de Bar-Ilan, près de Tel-Aviv. «Le point de vue de Sharon», explique-t-il, «est que plus cela dure, plus la position israélienne s’améliorera», car les Palestiniens, en raison de l’état de leur économie après plus de six mois d’intifada «sont dans une position bien plus défavorable pour conduire une guerre d’usure». Il s’agit là toutefois du scénario optimiste pour les Israéliens. Car il existe aussi un autre scénario, noir, celui d’une guerre d’usure se transformant en bourbier, avec le double risque d’un dérapage militaire et d’une forte augmentation des pertes israéliennes. Les événements de ces derniers jours, et notamment la mort des deux soldats, montrent, en effet, que les Palestiniens ont recours de plus en plus systématiquement à des tireurs embusqués équipés de fusils à lunette télescopique et qu’ils sont de plus en plus efficaces. La patience des Israéliens, qui ont élu M. Sharon avec un mandat précis, constitue également une autre inconnue de l’équation, tout comme l’unité de leur gouvernement d’union nationale. Pour l’heure, les travaillistes soutiennent la politique de M. Sharon, définie en étroite collaboration avec le ministre travailliste de la Défense, Binyamin Ben Eliezer. Mais le chef de la diplomatie, Shimon Peres, un autre travailliste, a réitéré qu’en raison même du regain de violence, il était urgent de reprendre les négociations avec les Palestiniens. Une position qui n’est pas celle de M. Sharon.
La forte recrudescence de la violence au cours des derniers jours laisse présager une longue guerre d’usure entre Israéliens et Palestiniens, la marge de manœuvre du Premier ministre Ariel Sharon sur le plan militaire étant très limitée par des considérations politiques. Les deux parties se rejetaient mutuellement la responsabilité de cette escalade. Du côté israélien, le chef d’état-major, le général Shaul Mofaz, a accusé mardi dernier l’Autorité palestinienne de Yasser Arafat d’avoir opté pour «la violence et le terrorisme» afin d’atteindre ses buts et a réitéré qu’Israël ne négocierait qu’après l’arrêt du «terrorisme». Pour sa part, le président du Parlement palestinien, Ahmed Qoreï, a affirmé à la radio officielle Voix de la Palestine que M. Sharon n’était pas prêt à négocier...