Le climat entourant le marché des changes de Beyrouth n’a subi aucun changement en ce début de semaine aussi bien sur le front de la persistance de la demande en dollar que sur celui de la rareté de son offre en dehors de la Banque du Liban (BDL). Le maintien par celle-ci de sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, est venu donc le faire clôturer invariablement au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais compte tenu de la structure de l’offre et de la demande du billet vert sur le marché, les établissements de crédit de la place ont été amenés à s’approvisionner en cette monnaie auprès de la BDL au point supérieur de sa fourchette d’intervention, en l’absence d’autres contreparties valables à la vente. Il s’est, en effet, négocié pratiquement durant toute la journée d’hier à 1 514,00 LL, comme auparavant, dans un volume d’échanges dépassant dix millions de dollars entièrement placés à la vente par la BDL à ce taux, ont indiqué les cambistes. Bon début de semaine pour l’euro À l’étranger, l’euro a regagné quelques points contre le billet vert en ce début de semaine sur les marchés des changes internationaux, oscillant à la hausse autour de la barre de 0,88 dollar, tandis que le yen poursuivait son mouvement de repli, au plus bas depuis trente mois face à la devise américaine. Ce mouvement semble s’expliquer par la publication hier de prévisions faisant étant d’une diminution d’environ 100 000 demandeurs d’emploi en Allemagne le mois dernier en données non corrigées des variations saisonnières (CVS) comparé à février, dans la mesure où ce développement reflétait une amélioration du marché du travail dans la première économie européenne excluant tout prochain assouplissement monétaire dans la zone euro. Cela d’autant que le président de l’Office fédéral du travail allemand, Engelen Kefer, estimait hier que si ces chiffres du chômage pour mars se confirmaient aujourd’hui, ils seraient les plus bas depuis plusieurs années. De plus, le renversement de la tendance de Wall Street et du Nasdaq de la hausse à la baisse, après la publication hier de statistiques américaines peu favorables à une nouvelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale (Fed), est venu aussi peser par ricochet sur le dollar. À cet égard, les investisseurs n’ont guère apprécié la hausse plus forte que prévu de l’indice composite d’activité établi par le groupement national des directeurs d’achat des groupes manufacturiers américains (NAPM), de 41,90 points en février à 43,1 points le mois dernier, dans la mesure où ce phénomène est censé exclure tout éventuel relâchement du crédit par la Fed. Les dégagements bénéficiaires sur les valeurs vedettes américaines déclenchés par cette statistique sont venus donc alimenter les attaques contre le dollar vis-à-vis des autres grandes monnaies à l’exception toutefois du yen. Celui-ci a continué de dégringoler surtout après la publication hier du rapport Tankan. Les entrepreneurs japonais ont exprimé leurs inquiétudes pour la santé de la deuxième économie mondiale dans l’enquête de conjoncture publiée hier par la Banque du Japon, même s’ils espèrent une amélioration de la situation pour le deuxième semestre de l’année grâce à une reprise envisagée aux États-Unis. L’indice de confiance de la grande industrie manufacturière nippone s’est nettement détérioré au premier trimestre de cette année, ayant chuté à –5 fin mars contre +10 fin décembre, a annoncé la Banque du Japon dans son enquête trimestrielle Tankan. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar a renoué avec la baisse hier sauf contre le yen, se négociant à New York comme suit : – 0,8802 pour un euro contre 0,8775, vendredi dernier – 1,4165 pour un sterling contre 1,4160 – 2,2220 DM contre 2,2290 – 7,4525 FF contre 7,4750 – 1,7345 FS contre 1,7415 – 2 199,80 lires contre 2 206,60 – 126,50 yens contre 126,20. Bourse de Beyrouth : tendance mitigée À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été partagée, hier, entre la hausse des actions A de Solidere de 5 3/8 à 5 1/2 dollars et le repli des actions C de la Byblos Bank de 1 11/32 à 1 10/32 dollar, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées s’est adjugé 0,14 % à 60,82 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires a cédé 0,07 % à 140,30 points. Ce mouvement s’est produit dans un faible volume d’échanges avec 98 219 actions négociées d’une valeur totale de 110 126 dollars. Fléchissement des marchés américains Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières se sont affaiblis en ce début de semaine après un bon départ avec un revirement au rouge des principaux indicateurs de Wall Street et du Nasdaq. Ce changement de la tendance s’explique partiellement par l’exclusion de tout espoir d’assouplissement monétaire aux États-Unis après les chiffres meilleurs que prévu du NAPM. Le marché s’est également inquiété par les déclarations du président George W. Bush sur l’incident entre un avion espion américain et l’armée de l’air chinoise avec ses implications sur les relations entre les deux pays. Le président américain a réclamé à la Chine que des responsables américains puissent avoir immédiatement accès à l’équipage de l’avion espion américain qui a dû faire un atterrissage d’urgence dimanche sur l’île chinoise de Hainan. Le président Bush s’est dit «troublé» par le retard de la réponse chinoise à cette demande. Cela étant, l’indice composite de la Bourse électronique Nasdaq est retombé au-dessous du seuil des 1 800 points (à 1 780 points) ainsi que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles qui a fluctué nerveusement entre un plus haut à 9 992,43 points à un plus bas à 9 705,07 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 778,11 points, en baisse de 100,67 points sur vendredi dernier. Tassement des Bourses européennes Les technologiques, les banques et les valeurs de la nouvelle économie ont tiré lundi les marchés boursiers européens en repli modéré et cet affaiblissement s’est confirmé lorsque les marchés américains ont, à leur tour, fait preuve d’hésitations en ouverture. Dans l’économie traditionnelle, des valeurs vedettes sensibles à la situation économique générale, comme les productions de base, les industrielles, la chimie et le BTP, ont mal réagi aux dernières statistiques rendant compte de la poursuite de l’essoufflement économique en Europe. En fin d’après-midi, après la clôture des places européennes, l’indice paneuropéen FTSE Eurotop 300 a cédé 0,4 %, à 1 365,60, tandis que le DJ Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, s’est replié de 0,14 %, à 4 190,80. Parmi les fabricants d’équipements de télécom, le français Alcatel a cédé 1,46 % en clôture, à 33,75 euros, mais le finlandais Nokia est parvenu à marquer une légère avance de 0,15 %, à 27,25 euros, après un plus bas à 26,06 en séance. Le recul des indices des directeurs d’achats de plusieurs pays européens et de celui de l’ensemble de la zone euro est venu rappeler le faible niveau d’activité en Europe, pesant ainsi sur les marchés dans la matinée. Par la suite, un nouveau «Profit Warning», lancé par la société de services financiers American Express, a amené les investisseurs à attendre avec une certaine appréhension les statistiques économiques américaines de cette semaine, notamment les chiffres de l’emploi vendredi. Toutefois, dans l’après-midi, l’annonce d’une progression inattendue de l’indice de l’Association nationale américaine des directeurs d’achats (NAPM) a incité à penser que l’industrie américaine a peut-être commencé de se redresser. Ce bon indice a favorisé une réduction des pertes sur les places européennes, où l’on a surtout remarqué le redressement de certaines valeurs des télécoms et la bonne tenue de titres de l’automobile. Tokyo : en baisse après le tankan Les valeurs japonaises ont fini en légère baisse lundi au terme d’une séance sans grande orientation, la déception causée par l’enquête trimestrielle de la Banque du Japon sur le sentiment des entreprises ayant incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices après trois séances de hausse. L’indice Nikkei 225 a fini en baisse de 0,48 % ou 61,84 points à 12 937,86 points, tandis que l’indice Topix, qui regroupe tous les titres cotés sur la première section, a fini en repli de 0,70 % ou 8,89 points à 1 268,38 points. L’indice Nikkei 300, pondéré en fonction des capitalisations boursières, a baissé de 0,72 % ou 1,86 point à 256,09 points. Peu avant l’ouverture du marché, la Banque du Japon a annoncé que son tankan trimestriel à fin mars faisait apparaître une détérioration du sentiment des grandes sociétés industrielles pour la première fois depuis neuf trimestres. «Ce mauvais tankan, même si on s’y attendait, souligne la gravité de la situation économique au Japon», a commenté Nobuaki Kuriso, gérant de fonds chez Sumisei Global Investment Trust Management. «Le marché va sans doute rester autour de ces niveaux-là jusqu’à ce que les investisseurs soient à même de déterminer si le gouvernement et la coalition au pouvoir peuvent mettre au point un traitement efficace», a ajouté Kurisu. Selon les opérateurs, de nombreux investisseurs institutionnels restent sur la touche avant l’annonce par le gouvernement, sans doute le 4 avril, d’un plan de relance économique. Ce train de mesures d’urgence devrait comprendre des réductions d’impôts, des mesures pour résoudre le problème des créances douteuses du secteur bancaire et des mesures pour accroître la liquidité du marché immobilier.
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