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Actualités - Reportages

Recherche - Le défi nommé cancer

Au cours du XXe siècle, des progrès «décisifs» sur le cancer étaient régulièrement annoncés à grand fracas. La découverte d’une molécule miracle, d’un gène (peut-être) responsable et d’une percée thérapeutique innovatrice, généralement sur des animaux de laboratoire, remplissaient d’optimisme les cœurs et faisaient palpiter d’espoir ceux dont maladie était en train de dévorer... Le siècle qui commence endosse l’héritage qui est loin toutefois d’être négligeable. Depuis la fin du XIXe siècle où l’Allemand Rudolf Virschow a énoncé la célèbre hypothèse «omnis cellula e cellula» (toute cellule provient d’une cellule), jusqu’à la découverte des gènes responsables de la prolifération des cellules cancéreuses, la route parcourue a été parsemée d’acquis certains mais aussi de déroutes... La victoire finale se fait attendre. Les traitements disponibles n’ont toujours pas réussi à maîtriser totalement et définitivement ce redoutable ennemi. Selon l’OMS, le cancer dans les pays avancés détient la seconde place parmi les causes de mortalité, la première étant occupée par les maladies cardiaques. Que serait-ce pour les pays ne disposant pas des mêmes moyens de combat ni du même niveau de connaissances. Mais la lutte continue... De nouvelles stratégies sont mises au point dont certaines donnent déjà des résultats positifs. Les espoirs correspondent de plus en plus à l’attente. Comment peut-on expliquer le fait que malgré tous les moyens employés le nombre de cas de cancer ne fait que progresser ? Pour le grand cancérologue Laurent Schwartz (v. Vérités sur le cancer Éd. Hachette), ceci s’explique par le fait que depuis la découverte de la radiothérapie en 1896 et de la chimiothérapie en 1942 les orientations thérapeutiques restent sans changement. Les traitements, certes, ont été améliorés, affinés, perfectionnés, mais les orientations restent les mêmes. Fondamentalement, il y a eu très peu de changement. Trois méthodes principales Selon Laurent Schwartz, les trois méthodes principales de traitement du cancer sont les mêmes depuis plus d’un demi-siècle. D’abord la chirurgie, qui à elle seule assure la moitié des guérisons. La radiothérapie en procure environ le tiers et la chimiothérapie environ 10 % des succès. Les autres guérisons sont accomplies par divers traitements expérimentaux. Il est donc impératif pour la recherche de s’engager dans des voies absolument nouvelles. Quelques-unes sont déjà initiées. Un chercheur chinois, Shangai Wang Zhenyl, en association avec une équipe française, emprunte une orientation paraissant des plus prometteuses : la rééducation des cellules cancéreuses à l’aide d’acide rétinoïque (dérivé de la vitamine A). Appliquée dans le monde entier à présent, cette thérapeutique permet des traitements (avec 90 % de succès) d’une forme de maladie sanguine rare (la leucémie promyéocytaire). Cependant, ce traitement n’empêche pas les rechutes. Pour obtenir donc des guérisons définitives, il est nécessaire de l’associer à une chimiothérapie classique. Des travaux de recherche en cours étudient la possibilité d’étendre cette approche à d’autres types de cancers. Par privation d’oxygène Une autre approche thérapeutique originale suscite elle aussi de nouveaux espoirs. Il s’agit d’empêcher les tumeurs de s’approvisionner en oxygène. À l’aide de deux protéines naturelles (angiostatine et endostatine), un spécialiste de Boston (États-Unis) est parvenu à bloquer les micro-vaisseaux qui alimentent la tumeur en sang. Privée d’apports, celle-ci a régressé, puis disparu complètement. Un chercheur français, de l’Institut Gustave Roussy (Villejuif), a utilisé, à la place des protéines, le gène qui gouverne la synthèse de l’angiostatine dans les cellules. Une fois injecté chez la souris, le gène se mit à fabriquer la protéine-remède, faisant ainsi régresser la tumeur. Pour l’instant, on le constate, on est au stade d’explorations diverses. Une énigme, pour l’instant, reste celle du fait que le cancer se développe, sous certaines circonstances particulières, chez certains individus et pas chez d’autres. Quelle serait la raison de ce choix ? Lorsque la réponse à cette question sera avancée, un pas très décisif dans la lutte contre ce fléau sera réalisé.
Au cours du XXe siècle, des progrès «décisifs» sur le cancer étaient régulièrement annoncés à grand fracas. La découverte d’une molécule miracle, d’un gène (peut-être) responsable et d’une percée thérapeutique innovatrice, généralement sur des animaux de laboratoire, remplissaient d’optimisme les cœurs et faisaient palpiter d’espoir ceux dont maladie était en train de dévorer... Le siècle qui commence endosse l’héritage qui est loin toutefois d’être négligeable. Depuis la fin du XIXe siècle où l’Allemand Rudolf Virschow a énoncé la célèbre hypothèse «omnis cellula e cellula» (toute cellule provient d’une cellule), jusqu’à la découverte des gènes responsables de la prolifération des cellules cancéreuses, la route parcourue a été parsemée d’acquis certains mais aussi de...