La junte birmane cherche à normaliser ses rapports avec l’Onu
le 02 avril 2001 à 00h00
En acceptant de discuter droits de l’homme avec un envoyé de l’Onu pour la première fois depuis des années, la junte birmane cherche à sortir de l’état de paria afin de normaliser ses relations avec la communauté internationale. Le nouveau rapporteur spécial de l’Onu sur les droits de l’homme en Birmanie, le Brésilien Paulo Sergio Pinheiro, a été autorisé par les Birmans à effectuer une mission cette semaine à Rangoon, en principe du 3 au 5 avril. La visite du professeur de l’université de Sao Paulo, sans précédent depuis au moins cinq ans, est entourée de la plus grande discrétion. Mais elle est interprétée comme un «signe positif» du dégel des relations entre la junte et la communauté internationale, d’autant que de tous les contentieux qui les opposent, le dossier des droits de l’homme est le plus sensible. Le prédécesseur de M. Pinheiro, le Mauricien Rajsoomer Lallah, démissionnaire, n’avait jamais eu la permission de se rendre en Birmanie pendant tout son mandat (juin 1996-novembre 2000). M. Lallah était l’une des bêtes noires du gouvernement birman qui l’accusait systématiquement de parti-pris. L’ancien juge de la Cour suprême de l’île Maurice avait invoqué le manque de soutien «logistique et administratif» de la Commission des droits de l’homme pour expliquer sa démission. La mission de M. Pinheiro survient en pleine session annuelle de la commission de l’Onu des droits de l’homme à Genève où la Birmanie est régulièrement clouée au pilori, notent les observateurs. Elle est d’autant plus significative que, même si elle n’est pas liée, elle a pour contexte le dialogue amorcé depuis six mois entre la junte et la figure de proue de l’opposition démocratique, Aung San Suu Kyi. Sous l’impulsion de l’Onu, le régime des généraux a ouvert en octobre des discussions directes au plus haut niveau avec le prix Nobel de la paix, pour la première fois depuis 1994, afin d’engager un véritable dialogue et aboutir à une «réconciliation nationale». Par le truchement discret du représentant spécial du secrétaire général pour la Birmanie, le Malaisien Razali Ismaïl, l’Onu mise sur une diplomatie «des petits pas» pour débloquer l’impasse politique à Rangoon.
En acceptant de discuter droits de l’homme avec un envoyé de l’Onu pour la première fois depuis des années, la junte birmane cherche à sortir de l’état de paria afin de normaliser ses relations avec la communauté internationale. Le nouveau rapporteur spécial de l’Onu sur les droits de l’homme en Birmanie, le Brésilien Paulo Sergio Pinheiro, a été autorisé par les Birmans à effectuer une mission cette semaine à Rangoon, en principe du 3 au 5 avril. La visite du professeur de l’université de Sao Paulo, sans précédent depuis au moins cinq ans, est entourée de la plus grande discrétion. Mais elle est interprétée comme un «signe positif» du dégel des relations entre la junte et la communauté internationale, d’autant que de tous les contentieux qui les opposent, le dossier des droits de l’homme est le...
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