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Actualités - Opinions

Impressions - L’eau à la bouche

Vapeur, rosée d’aurores aux doigts de rose, bruine fine, pluie, orages, trombes, déluge. Goutte après goutte, rus, ruisseaux, rivières, fleuves, chutes grondantes. Lacs, marécages, stagnations, Venise, eaux mortes, croupissantes, pestilentielles. Tout à la mer. Dessaler, concentrer le sel ailleurs, rien ne se perd. Dompter le ciel, le sol, le sous-sol, canaliser, écluser, ériger des barrages, contre le Pacifique, contre Assouan, tendre des tuyaux, des aqueducs. Conduits tortueux, tracés aléatoires. L’eau fait ce qu’elle veut, où elle veut. Eau courante, domestiquée. Eau des baignoires qui s’emplissent et se vident, premières algèbres, hammams, geysers sulfureux, douches bienfaisantes, eaux de source (à qui la source ?), eau régale, philosophale, eau des diamants habitée parfois de crapauds, eaux du cristal des neiges éternelles, mamelons crémeux du Kilimandjaro, du Fuji Yama, glissement long des moraines au fond des glaciers, névé. Nappes phréatiques, puits artésiens, eaux de chagrin, eaux mères, perdues, l’eau n’en peut plus. L’eau ne veut plus. L’eau. Bientôt, – cinquante ans, c’est bientôt – la langue qui colle au palais, le sol qui se gerce et qui craque. À moins d’une mutation compliquée (bosse de stockage, façon dromadaire, ou branchies à filtre antifuel, façon extraterrestre), qu’allons-nous faire ? La guerre, encore paraît-il, comme si nous manquions déjà de causes. S’entre-tuer pour l’eau, comble de la déchéance humaine. En venir à gratter l’argile poudreuse pour un reste de racines. Et les USA, en tête des pays menacés de sécheresse, se désolidarisent – tiens ! – des accords de Kyoto, relancent la course aux armements, protégés qu’ils sont par leurs boucliers satellites, et annoncent fièrement le lancement d’un programme de clonage humain. C’est que l’eau s’accommode mal de nos déserts éthiques. L’eau se retire du jeu et des enjeux de l’eau. Ils n’ont plus d’eau, Monsieur Bush ! Mais, bien sûr, qu’on leur donne du Coca-Cola...
Vapeur, rosée d’aurores aux doigts de rose, bruine fine, pluie, orages, trombes, déluge. Goutte après goutte, rus, ruisseaux, rivières, fleuves, chutes grondantes. Lacs, marécages, stagnations, Venise, eaux mortes, croupissantes, pestilentielles. Tout à la mer. Dessaler, concentrer le sel ailleurs, rien ne se perd. Dompter le ciel, le sol, le sous-sol, canaliser, écluser, ériger des barrages, contre le Pacifique, contre Assouan, tendre des tuyaux, des aqueducs. Conduits tortueux, tracés aléatoires. L’eau fait ce qu’elle veut, où elle veut. Eau courante, domestiquée. Eau des baignoires qui s’emplissent et se vident, premières algèbres, hammams, geysers sulfureux, douches bienfaisantes, eaux de source (à qui la source ?), eau régale, philosophale, eau des diamants habitée parfois de crapauds, eaux du cristal des...