Après six mois d’intifada et à l’occasion du sommet arabe d’Amman, les Palestiniens vont revenir à la charge sur les questions de l’envoi d’une force de protection internationale dans les territoires et de l’aide financière des pays arabes. Cinq mois après les promesses de soutien formulées lors du dernier sommet au Caire, les Palestiniens vont exiger un engagement encore plus grand et plus concret des pays arabes à leurs côtés. «La dernière fois, les leaders arabes n’avaient pas l’impression que cette intifada durerait longtemps», explique Ghassan Khatib, analyste palestinien et directeur du Centre des médias et de la communication de Jérusalem (JMCC). «Mais maintenant, avec l’intifada qui se poursuit et Sharon (le Premier ministre israélien) et sa politique dangereuse, je pense qu’ils (les dirigeants arabes) vont être plus sérieux», poursuit-il. Depuis le 28 septembre, les violences israélo-palestiniennes ont fait 444 morts : 364 Palestiniens, 66 Israéliens, 13 Arabes israéliens et un Allemand. Lors d’une réunion le 20 mars, la direction palestinienne a pressé le sommet de soutenir de tout son poids la proposition formulée devant le Conseil de sécurité de l’Onu sur l’envoi d’une force d’observateurs internationaux dans les territoires. Cette résolution n’a cependant quasiment aucune chance d’être approuvée en raison de l’opposition américaine. Selon M. Khatib, une protection internationale – une proposition qui a été soutenue lors du dernier sommet arabe –, est «la nécessité la plus immédiate» pour les Palestiniens. Au sein de l’Autorité palestinienne, certains mettent l’accent sur l’aide financière. «Leurs déclarations seront plus fortes, mais je pense aussi qu’ils prendront des actions supplémentaires, qu’ils seront cette fois, par exemple, plus concrets en terme de soutien financier», estime M. Khatib. Selon un projet de document final qui sera présenté au sommet, les pays arabes ont décidé d’accorder une aide financière aux Palestiniens de l’ordre de 40 millions de dollars par mois sur une période de six mois, a indiqué samedi un responsable arabe. Le numéro deux de l’OLP, Mahmoud Abbas, a récemment déclaré qu’il souhaitait voir se «matérialiser» le milliard de dollars promis lors du sommet du Caire. Les Palestiniens se sont plaints d’avoir reçu, jusqu’à présent, seulement 1 % de la somme. «Nous demandons également un soutien économique qui se traduirait par des facilités d’accueil des travailleurs palestiniens dans les pays arabes qui utilisent de la main-d’œuvre étrangère», a déclaré M. Abbas. Dans un communiqué, l’Autorité palestinienne a appelé jeudi le sommet arabe «à prendre une position ferme face à l’agression israélienne et à établir un mécanisme pour assurer le transfert de l’aide (financière) aux Palestiniens». L’Onu avait évalué, le mois dernier, les pertes subies par l’économie palestinienne depuis le début de l’intifada à plus d’un milliard de dollars. Lors du sommet d’octobre, plusieurs pays arabes avaient refusé de fournir une aide financière directe à l’Autorité palestinienne, arguant du manque de transparence dans sa gestion des fonds. De leur côté, les dirigeants de l’Union européenne (UE) ont appelé les autres pays donateurs à soutenir économiquement les Palestiniens, dans une déclaration finale adoptée samedi en clôture du sommet européen de Stockholm.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Après six mois d’intifada et à l’occasion du sommet arabe d’Amman, les Palestiniens vont revenir à la charge sur les questions de l’envoi d’une force de protection internationale dans les territoires et de l’aide financière des pays arabes. Cinq mois après les promesses de soutien formulées lors du dernier sommet au Caire, les Palestiniens vont exiger un engagement encore plus grand et plus concret des pays arabes à leurs côtés. «La dernière fois, les leaders arabes n’avaient pas l’impression que cette intifada durerait longtemps», explique Ghassan Khatib, analyste palestinien et directeur du Centre des médias et de la communication de Jérusalem (JMCC). «Mais maintenant, avec l’intifada qui se poursuit et Sharon (le Premier ministre israélien) et sa politique dangereuse, je pense qu’ils (les dirigeants...