L’aventure Mir est terminée, mais la destruction de la station orbitale ne scelle pas la mort de l’industrie spatiale russe, qui tout en manquant cruellement de financement, a su prouver qu’elle pouvait continuer à exister en renforçant ses partenariats internationaux. «Ce n’est pas le moment de nous enterrer, ce n’est pas la fin de l’histoire de l’industrie spatiale russe», a déclaré Viatcheslav Mikhalitchenko, porte-parole de l’Agence aéronautique et spatiale (RKA). Mir était certes pour la Russie le grand symbole des succès de l’odyssée de l’espace, icône de l’époque où le secteur spatial était la gloire du peuple soviétique et jouissait de financements quasi illimités. Aujourd’hui, l’argent manque pour développer des politiques spatiales véritablement ambitieuses. L’agence RKA, qui pilote désormais le secteur, reçoit à peine 200 millions de dollars de financements budgétaires annuels. Très insuffisants pour assurer la maintenance des satellites, en développer de nouveaux, participer à la station internationale ISS, etc. En 1992, conséquence de l’effondrement de l’URSS, les fonds de l’État se sont brusquement taris, les commandes publiques se sont écroulées. Certains programmes en ont lourdement souffert, notamment dans le domaine des télécommunications et de la télédétection, et la Russie peine à maintenir à niveau ses constellations dont les satellites arrivent en fin de course. Seuls 13 des 24 satellites de la constellation d’assistance à la navigation Glonass sont par exemple opérationnels. «L’industrie des satellites de télécommunications russes est désormais dépassée, en termes de durée de vie, de poids ou de technologie électronique», relève un expert occidental. Mais Iouri Koptev, le patron de l’agence spatiale, a mené une action «très efficace, en développant des partenariats internationaux et en attirant des capitaux», ajoute-t-il. Alcatel-Espace s’est ainsi allié à NPOPM de Krasnoïarsk, l’un des plus gros intégrateurs de satellites au monde. Ils ont déjà monté ensemble 4 satellites. La politique adoptée par M. Koptev a permis de maintenir l’ensemble du secteur à un niveau relativement satisfaisant, contrastant avec l’industrie aéronautique en plein marasme. Les lanceurs Soyouz ou Proton, de technologie ancienne mais fiable, sont restés à l’avant-scène internationale, profitant d’une nouvelle tendance des opérateurs de satellites étrangers à rechercher des services de moindre coût. La Russie a ouvert la porte au savoir-faire étranger pour se perfectionner dans les techniques de gestion et de commercialisation.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’aventure Mir est terminée, mais la destruction de la station orbitale ne scelle pas la mort de l’industrie spatiale russe, qui tout en manquant cruellement de financement, a su prouver qu’elle pouvait continuer à exister en renforçant ses partenariats internationaux. «Ce n’est pas le moment de nous enterrer, ce n’est pas la fin de l’histoire de l’industrie spatiale russe», a déclaré Viatcheslav Mikhalitchenko, porte-parole de l’Agence aéronautique et spatiale (RKA). Mir était certes pour la Russie le grand symbole des succès de l’odyssée de l’espace, icône de l’époque où le secteur spatial était la gloire du peuple soviétique et jouissait de financements quasi illimités. Aujourd’hui, l’argent manque pour développer des politiques spatiales véritablement ambitieuses. L’agence RKA, qui...