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Actualités - Chronologies

Le rôle des ONG ouvertement contesté - par dix-sept pays

Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) est ouvertement contesté par des États membres de la Commission des droits de l’homme, relèvent des sources diplomatiques et proches de ces organisations. 17 des 53 pays membres de cette commission, qui a ouvert lundi à Genève sa session annuelle, ont officiellement demandé une limitation de l’activité des ONG, pourtant reconnues comme partenaires légitimes de la commission. L’Algérie, le Bangladesh, la Birmanie, le Bouthan, la Chine, Cuba, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, la Malaisie, le Népal, le Pakistan, les Philippines, le Sri Lanka, le Soudan et le Vietnam s’inquiètent du rôle croissant des ONG au sein et hors de la commission. Au nom de ces pays, le représentant de l’Indonésie a demandé que l’Onu révise ses règles d’accréditation à la Commission des ONG. Celles-ci seraient soumises à un code de bonne conduite. Certains représentants déplorent que les ONG puissent inviter qui bon leur semble, un droit reconnu par le Conseil économique et social (Ecosoc) de l’Onu, responsable de leur accréditation. Depuis plusieurs années, les ONG agréées (224 en 2000) ont l’habitude de faire venir à la commission les victimes de violations des droits de l’homme. Certaines leur cèdent même leur temps de parole, à condition que les règles fondamentales de l’Onu soient respectées. Cette condition est régulièrement soumise à interprétations multiples et a déjà conduit des pays membres à saisir l’Ecosoc contre des ONG. Le dernier recours en date est celui du Soudan contre l’organisation protestante américaine Christian Solidarity International (CSI), qui avait cédé en 1999 son temps de parole au chef de la rébellion du Sud-Soudan, John Garang. L’année suivante, l’accréditation de CSI avait été suspendue temporairement. Une organisation humanitaire d’origine française, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), a eu, elle, maille à partir à deux reprises avec l’Algérie et Bahrein, qui ont demandé en vain la suspension de son accréditation. Ces péripéties procédurières cachent le souci de certains États d’éviter «le harcèlement» d’ONG qui invoquent un «droit d’ingérence», souligne-t-on de sources diplomatiques. Les États arguent, eux, du droit au respect de leur souveraineté nationale, reconnu par la Charte de l’Onu, comme l’a encore rappelé mardi le représentant de la Chine. Au nom de ce droit, Pékin a essayé, sans succès, de faire interdire par l’Onu mais aussi par la ville et le canton de Genève toute manifestation de la secte Falun Gong devant le siège des Nations unies. Parallèlement, plusieurs pays ont opté pour une politique «d’entrisme» au sein de la commission, en militant pour se faire élire parmi les 53 États membres ou en accréditant des ONG qui leur sont favorables. Celles-ci sont désormais appelées les «GONGOs» (Governmental non Governmental Organisations) par les autres ONG. En tant que membres de la Commission, ces pays (dont cette année la Libye, la Syrie et le Vietnam) estiment être en meilleure position pour atténuer, voire écarter, une éventuelle condamnation, souligne-t-on de sources ONG. Les GONGOs disposent, elles, des mêmes droits que l’ensemble des ONG, y compris celui de soutenir la politique officielle des pays dont elles sont issues. «Cette situation s’est notablement aggravée ces dernières années», relève Eleni Petroula, responsable à Genève du bureau de la FIDH. Pour autant, les ONG et la plupart des diplomates continuent de reconnaître la nécessité et la validité de la Commission des droits de l’homme, malgré ses imperfections et les attaques dont elle fait régulièrement l’objet. Preuve, à leurs yeux, de sa pertinence.
Le rôle des organisations non gouvernementales (ONG) est ouvertement contesté par des États membres de la Commission des droits de l’homme, relèvent des sources diplomatiques et proches de ces organisations. 17 des 53 pays membres de cette commission, qui a ouvert lundi à Genève sa session annuelle, ont officiellement demandé une limitation de l’activité des ONG, pourtant reconnues comme partenaires légitimes de la commission. L’Algérie, le Bangladesh, la Birmanie, le Bouthan, la Chine, Cuba, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, la Malaisie, le Népal, le Pakistan, les Philippines, le Sri Lanka, le Soudan et le Vietnam s’inquiètent du rôle croissant des ONG au sein et hors de la commission. Au nom de ces pays, le représentant de l’Indonésie a demandé que l’Onu révise ses règles d’accréditation...