Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé avoir rejeté une offre du Premier ministre israélien Ariel Sharon pour mener des négociations secrètes avec Damas, dans un entretien publié hier par un hebdomadaire jordanien. «Une fois élu (le 6 février) et même avant la formation de son gouvernement, Ariel Sharon nous a communiqué à travers un médiateur une proposition de tenir des négociations secrètes pour relancer le volet syrien» du processus de paix, a indiqué M. Assad, dans un entretien réalisé à Damas par l’hebdomadaire jordanien de gauche al-Majd. «J’ai dit au médiateur: Pourquoi Sharon veut des négociations secrètes? A-t-il honte d’apparaître devant le monde comme homme de paix? Nous ne traitons pas avec ce type de négociations et lorsque nous négocierons, nous le ferons publiquement», a indiqué M. Assad. Il a ajouté avoir dit au médiateur, qu’il n’a pas nommé : «Nous ne permettrons pas à Sharon de nuire au volet palestinien en se servant du volet syrien et nous n’acceptons pas que la question du Golan (syrien occupé par Israël depuis 1967) soit réglée avant celle de la Palestine, notamment Jérusalem». Le chef de l’État syrien a par ailleurs indiqué avoir proposé récemment «aux frères (arabes) d’unifier les volets syrien, libanais et palestinien pour barrer le chemin devant les dirigeants d’Israël et les empêcher d’affaiblir chacun de ces volets». Le 3 mars, l’envoyé spécial de l’UE pour le Proche-Orient Miguel Angel Moratinos a transmis un message «de bonne volonté» de M. Sharon au président syrien, mais sans mentionner que le chef du gouvernement israélien a proposé des négociations secrètes. En réponse à une question, M. Assad a estimé qu’une nouvelle page pourrait être ouverte entre Damas et le président palestinien Yasser Arafat «mais sur la base de la lutte palestinienne», opposée à toute récapitulation à Israël. La presse syrienne a estimé, quant à elle, que Washington ne sera pas en mesure de jouer un rôle positif au Proche-Orient s’il donne satisfaction au Premier ministre d’Israël Ariel Sharon. D’après le quotidien du parti Baas au pouvoir en Syrie, al-Baas, M. Sharon s’est rendu à Washington avec «des conditions provocatrices». Le quotidien israélien Haaretz avait affirmé la semaine dernière que M. Sharon allait demander au président américain George W. Bush des sanctions contre la Syrie pour son soutien présumé au terrorisme. Ces demandes mettront «l’administration de George W. Bush dans une situation très embarrassante», affirme al-Baas selon lequel M. Sharon «veut jeter de nouvelles bases aux négociations avec les Palestiniens, appliquer des mesures terroristes contre le peuple palestinien et son intifada, et inviter l’administration américaine à imposer des sanctions contre la Syrie et le Liban pour leur soutien à la résistance libanaise» contre Israël. «Si elle (l’administration) répond favorablement aux désirs de Sharon, elle perdra toute possibilité d’exercer un rôle positif et actif dans le processus de paix et dans la région du Proche-Orient», affirme-t-il. Pour le quotidien gouvernemental Syria Times, «la Syrie considère que la conversation du président Bush avec le président Assad est encourageante, mais les déclarations (américaines) sur l’ambassade (des États-Unis en Israël) et sur l’Irak sont décourageantes et frustrantes».
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