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Actualités - Opinions

Chronique d’une mort annoncée

À l’évidence il n’était nullement besoin de jouer les Cassandre pour prédire la mort de la chaîne nationale, tant elle était prévisible. L’agonie durait depuis des mois déjà. Plus personne n’était capable de nous communiquer une grille de programmes que nous réclamions à cor et à cri. Nul ne savait ce qui se passait sur le Canal 9 : panne de son, journaux parlés tronqués, erreurs d’annonces... L’anarchie était telle qu’un des dirigeants de la compagnie, auquel je me plaignais, alla jusqu’à me demander de lui téléphoner chaque fois qu’il se passait quelque chose d’anormal. Mais j’aurai passé mon temps au téléphone, tant l’anormal était devenu la règle. Comment justifier, de plus, l’existence de ce monstre bicéphale, avec une tête à Hazmieh et l’autre à Verdun ? Au prix du m2 à Beyrouth, il aurait fallu depuis longtemps vendre un immeuble qui menace ruine ! Je n’exagère pas : quelques jours avant la fermeture de la compagnie, j’ai participé à une émission matinale et j’ai été horrifié par l’état des lieux. Ils y ont crû pourtant, les Fouad Naïm, les Raymond Gébara, les Jean-Claude Boulos et les Ibrahim Khoury en accédant au poste de PDG. À chaque fois, nos vœux de réussite étaient accompagnés d’un avertissement : attention, cadeau empoisonné. Je ne sais pas quel sort est réservé à Télé-Liban. Cependant, j’aimerai attirer l’attention de tous les «décideurs» sur le fait qu’il existe là des archives qui, je le pense, ont une valeur inestimable. Toute la mémoire du Liban des années 50 à ce jour doit s’y trouver. De grâce, que cela, au moins, soit sauvé du naufrage ! P.S. : Chronique d’une mort annoncée, film de Francesco Rosi avec Ornella Muti, Rupert Everett.
À l’évidence il n’était nullement besoin de jouer les Cassandre pour prédire la mort de la chaîne nationale, tant elle était prévisible. L’agonie durait depuis des mois déjà. Plus personne n’était capable de nous communiquer une grille de programmes que nous réclamions à cor et à cri. Nul ne savait ce qui se passait sur le Canal 9 : panne de son, journaux parlés tronqués, erreurs d’annonces... L’anarchie était telle qu’un des dirigeants de la compagnie, auquel je me plaignais, alla jusqu’à me demander de lui téléphoner chaque fois qu’il se passait quelque chose d’anormal. Mais j’aurai passé mon temps au téléphone, tant l’anormal était devenu la règle. Comment justifier, de plus, l’existence de ce monstre bicéphale, avec une tête à Hazmieh et l’autre à Verdun ? Au prix du m2 à...