Il est considéré comme le nouveau réalisateur-prodige d’Hollywood. Chouchou de sa ville natale (Philadelphie), M. Night Shyamalan a réussi à créer son style propre ! «Unbreakable», son quatrième film et le second après «The Sixth Sense», n’a pas été reçu avec le même enthousiasme que «The Sixth Sense», mais il l’a quand même marqué de son empreinte. Raya Abi Rached a rencontré à Londres celui qu’on surnomme tout simplement «Night». L’Orient-Le Jour : Unbreakable explore le monde des bandes dessinées, êtes-vous fan ? M. Night : Oui, pas autant que Samuel Jackson ! J’ai toujours été fan des BD un peu mythologiques, de héros comme Spider-Man, et je suis devenu encore plus intrigué par le sujet depuis que j’ai tourné ce film. O.J. : Contrairement aux bandes dessinées, vos personnages sont des héros ordinaires, sentez-vous que c’était un risque de les écrire de cette manière ? M. Night : C’était un grand risque avec le manque d’effets spéciaux, de scènes d’action et la structure atypique du film (trois actes fusionnés en un seul). Il est rare, dans un film de superhéros, d’entendre un couple parler de ses problèmes domestiques, ou d’infidélité. Mes personnages ont leurs bons côtés et leurs défauts, et c’est aussi un risque ; le public est habitué à voir des personnages plus «noirs» ou «blancs» ; les spectateurs ont d’ailleurs eu du mal à accepter que le personnage de Bruce Willis, le héros, ait une attitude quasi diabolique quand il ôte sa bague de mariage pour aborder une femme ! Mais j’ai préféré montrer une nature plus humaine. O.J. : Il existe une rumeur selon laquelle Unbreakable est le premier volet d’une trilogie, est-ce vrai ? M. Night : C’était intéressant pour moi de rédiger le scénario comme étant un premier chapitre, mais je n’ai pas le projet d’en écrire une suite. Si un jour je sens que j’ai quelque chose d’autre à dire sur ces personnages, j’écrirai un autre scénario. O.J. : Qu’est-ce qui a initié votre collaboration avec Bruce Willis ? M. Night : J’ai toujours eu une grande affection pour lui et remarqué sa vulnérabilité dans Die Hard ou dans la série Moonlighting. Il filmait 12 Monkeys à Philadelphie lorsque j’écrivais le scénario de Sixth Sense et je le lui ai envoyé ; il a apprécié, parce qu’en général il ne reçoit jamais des rôles dramatiques tels que celui-là, il a beaucoup risqué en prenant ce rôle et, avec Unbreakable, j’ai voulu lui rendre la même faveur. O.J. : Vous avez un rapport privilégié avec les enfants dans vos scénarios, comme Stuart Little ou Sixth Sense, pourquoi ? M. Night : Les enfants font partie de ma vie, de mon univers imaginaire, ils représentent l’émerveillement, l’idée de croire au surnaturel. O.J. : Que pensez-vous de la dichotomie qui existe à Hollywood, entre un film artistique et un film qui fait de l’argent ? M. Night : Mes deux premiers films étaient artistiques et ont échoué ; puis j’ai fait deux films commerciaux qui ont eu du succès. J’espère un jour pouvoir réussir les choses totalement à ma façon, en gardant l’influence des films qui m’ont marqué, comme Rosemary’s Baby de Polanski. J’aspire à voir mes films triompher commercialement, mais pas au prix de faire des films comme Twister. O.J. : Pourtant, vous écrirez bientôt le scénario du quatrième Indiana Jones... M. Night : Oui, mais là c’est différent, c’était un rêve d’enfance de le faire, on me l’a demandé, Steven Spielberg va le réaliser, c’est un bon projet ! O.J. : Quel est donc, selon vous, le secret de la réussite ? M. Night : C’est de pouvoir lutter quotidiennement contre la médiocrité. J’échoue la plupart du temps, mais quand j’arrive à donner le meilleur de moi-même c’est merveilleux. Par exemple, lundi dernier j’ai commencé à écrire mon nouveau scénario et, pendant cinq heures, j’ai rédigé des merveilles ! Mais je sais que ça peut ne pas durer longtemps et que je me remettrai à écrire des dialogues à clichés ! En fait, ce sont les critiques sur mon travail qui me donnent la volonté de bien écrire. O.J. : Êtes-vous tellement affecté par ce que l’on écrit sur vous ? M. Night : Parfois oui, surtout lorsqu’il s’agit de critiques infondées dans ma ville natale de Philadelphie où je suis vraiment respecté. En fait, je n’ai jamais eu de bonnes critiques, même pour Sixth Sense, au début, tout le monde disait : «Il a eu de la chance !» Puis le succès du film a modifié l’opinion des critiques. O.J. : Pouvez-vous nous parler de votre prochain film ? M. Night : Il sera plus amusant, plus léger dans son contenu que les précédents.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il est considéré comme le nouveau réalisateur-prodige d’Hollywood. Chouchou de sa ville natale (Philadelphie), M. Night Shyamalan a réussi à créer son style propre ! «Unbreakable», son quatrième film et le second après «The Sixth Sense», n’a pas été reçu avec le même enthousiasme que «The Sixth Sense», mais il l’a quand même marqué de son empreinte. Raya Abi Rached a rencontré à Londres celui qu’on surnomme tout simplement «Night». L’Orient-Le Jour : Unbreakable explore le monde des bandes dessinées, êtes-vous fan ? M. Night : Oui, pas autant que Samuel Jackson ! J’ai toujours été fan des BD un peu mythologiques, de héros comme Spider-Man, et je suis devenu encore plus intrigué par le sujet depuis que j’ai tourné ce film. O.J. : Contrairement aux bandes dessinées, vos personnages sont des...