Le climat entourant le marché libanais des changes n’a subi aucun changement hier avec la persistance d’une certaine demande du dollar en l’absence de contreparties valables à l’offre en dehors de la Banque du Liban (BDL), ont indiqué les cambistes de la place. Dans ce contexte, l’action de la BDL est restée déterminante de la tendance comme auparavant. En maintenant ainsi sa fourchette d’intervention en l’état, entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, celle-ci est parvenue à faire clôturer le billet vert au même taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis plus d’un an et demi. Mais, compte tenu de la réticence des opérateurs à la vente de cette monnaie, les établissements de crédit ont été amenés à l’acheter auprès de la BDL au point supérieur de sa fourchette d’intervention pour subvenir aux besoins de leurs clients. En effet, le volume des échanges ne devait guère dépasser le cadre de cette demande qualifiée de commerciale, totalisant hier quelque huit millions de dollars entièrement placés à la vente par la BDL à 1 514,00 LL, dans un marché calme et toujours attentiste. Double accès de faiblesse de l’euro et du yen À l’étranger, l’euro peinait à regagner du terrain face au dollar hier sur les marchés des changes internationaux, les investisseurs continuant à accorder leur confiance au billet vert malgré la débâcle des marchés boursiers américains. La monnaie européenne n’est pas parvenue donc à se maintenir face au billet vert après avoir repassé brièvement le seuil de 0,92 dollar dans la journée en Europe, sur des rumeurs affirmant que la Bundesbank était présente sur les marchés des changes et achetait de l’euro pour le soutenir. De fait, les mouvements de vente de l’euro s’étaient taris tôt dans la matinée aux environs du seuil de 0,9080 dollar, niveau auquel la Bundesbank serait apparue sur les marchés, ont indiqué les cambistes. Ceux-ci avaient évoqué l’hypothèse d’un vaste mouvement d’achats du billet vert dans la matinée lié à la finalisation d’une importante opération de fusion-acquisition pour expliquer la relative fermeté du dollar avant le geste de la Bundesbank. Pourtant, l’euro continuait de souffrir de la vigueur du dollar qui a plus ou moins retrouvé hier son rôle de monnaie-refuge sur des rumeurs insistantes faisant état de la faillite d’une grande banque japonaise, qui pourrait être Daiwa ou Chuo Mitsui Trust and Banking. Cela d’autant que ces rumeurs se sont accompagnées d’informations sur la dégradation des notes de 19 banques japonaises par l’agence Fitch IBCA, montrant que l’ensemble du système bancaire nippon est soumis à des pressions très fortes. Cela étant, le dollar a été activement recherché contre la devise nippone aux dépens de la monnaie européenne qui avait pâti dans la matinée des ventes d’euros contre le yen par une banque d’investissement américaine. Quant à la livre sterling, elle n’a guère pu profiter des bons chiffres du chômage en Grande-Bretagne, publiés dans la matinée, confirmant que le nombre des demandeurs d’emplois a diminué de 10 600 en février, à 996 200, passant ainsi sous la barre des un million pour la première fois depuis un quart de siècle. Compte tenu de toutes ces considérations, le dollar continuait à avoir la faveur des investisseurs, se négociant à New York sur un ton toujours soutenu, comme suit : – 0,9101 pour un euro contre 0,9150, la veille – 1,4455 pour un sterling contre 1,4495 – 2,1490 DM contre 2,1375 – 7,2075 FF contre 7,1690 – 1,6925 FS contre 1,6825 – 2 127,55 lires contre 2 116,15 – 121,05 yens contre 119,65. Bourse de Beyrouth : marché sans relief À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été relativement soutenue hier par la hausse des actions B de Solidere de 6 1/8 à 6 3/8 dollars dans une proportion plus grande que la baisse des actions A de la même société de 5 7/8 à 5 3/4 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a regagné 0,18 % à 60,82 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,52 points. Ce mouvement s’est produit dans un marché sans relief avec 8 625 actions négociées d’une valeur totale de 50 688 dollars. Rechute de Wall Street et du Nasdaq Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières ont replongé dans le rouge hier, après un bref retour à l’équilibre en fin de matinée, réagissant excessivement au recul des places européennes. Selon les professionnels, la bonne reprise de la veille a ouvert la voie hier à de fortes liquidations, comme si la communauté des investisseurs avait attendu la cote de grimper pour réaliser des gains. De ce fait, les bonnes performances des fabricants d’ordinateurs et du secteur de la biotechnique n’auront offert qu’un bref répit au Nasdaq au cours de la matinée. WorldCom, qui a annoncé qu’elle n’envisageait pas de fusion avec SBC communications, a figuré parmi les rares rescapés sur le Nasdaq dont l’indice composite est repassé sous le seuil des 2 000 points (à 1 965 points). De son côté, Wall Street a pâti du fort recul des valeurs bancaires et des compagnies aériennes. Les investisseurs se sont montrés également préoccupés par une nouvelle série d’avertissements sur résultats dans l’assurance (MetLife) et la restauration (McDonald’s). Les valeurs bancaires menaient ainsi un profil bas, les milieux d’affaires s’inquiétant de la mauvaise santé des banques japonaises en raison de problèmes persistants d’actifs et de créances douteuses. Cela étant, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû osciller à la baisse entre un plus haut à 10 279,42 points et un plus bas à 9 895,57 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 9 942,61 points, soit son plus bas depuis la mi-octobre 2000, en baisse de 348,19 points sur la veille. Les Bourses européennes limitent leurs dégâts Après un violent accès de panique en début d’après-midi, les grandes Bourses européennes se sont ressaisies et sont parvenues mercredi à limiter les dégâts, après avoir vu que l’ouverture des marchés américains ne tournait pas au bain de sang annoncé. Les baisses ont été contenues à 1,38 % à Paris, à 1,66 % à Londres et à 2,83 % à Francfort. L’indice EuroSTOXX 50, qui coiffe les cinquante principales valeurs de la zone euro, parvenait pour sa part à limiter sa chute à 1,35 %. En clôture, Milan a cédé 1,20 %, Lisbonne 1,67 %, Bruxelles 1,74 %, Vienne 1,76 % et la Bourse suisse 2,10 %, profitant du redressement des places américaines qui oscillaient alors autour de l’équilibre. Les marchés, qui avaient ouvert en hausse dans le sillage des places américaines la veille au soir, se sont pourtant fait une grosse peur. La très forte baisse des contrats à terme sur indices boursiers, qui fournissent des indications sur l’état d’esprit des opérateurs avant la séance, avait laissé craindre un effondrement de Wall Street à l’ouverture. Du coup, les places européennes plongeaient : en l’espace d’une heure, les pertes atteignaient 5 %. La grande braderie touchait tous les secteurs, y compris l’«ancienne économie» qui avait jusqu’ici mieux résisté. Les transactions ont du être suspendues pendant 20 minutes à Amsterdam «pour permettre aux courtiers de prendre un peu de recul» face à une baisse qui dépassait les 5 %, a indiqué Robert Bakker d’EuroNext Amsterdam. «Il y a eu effectivement un mouvement de panique», a expliqué Henry Pastré, vendeur actions à la société de Bourse Wargny à Paris, qui souligne que «la fièvre vendeuse» a désormais gagné l’économie traditionnelle. «Jusque-là, effectivement, les alertes, les révisions de bénéfices, les consolidations ne concernaient que les valeurs de la technologie». Depuis quelques jours, les investisseurs se demandent «si l’économie traditionnelle ne ralentirait pas aussi au même titre que celle du Nasdaq», a relevé M. Pastré. Tous les secteurs ont souffert, mais le recul a été particulièrement fort dans des secteurs traditionnels comme l’automobile et les banques. Répit pour la Bourse de Tokyo La Bourse de Tokyo a soufflé un peu mercredi, clôturant en hausse de 0,2 % au-dessus de ses plus bas depuis 16 ans grâce à la remontée la veille des Bourses américaines. L’indice de référence Nikkei-225 a regagné 23,89 points à 11 843,59. Mardi, il était tombé sous les 12 000 points pour la première fois depuis seize ans, s’établissant à 11 819,70 points et abandonnant 2,9 %. Il s’agissait du plus mauvais niveau pour le Nikkei depuis le 28 janvier 1985 lorsqu’il avait clôturé à 11 798,86. À L’époque, celle de la bulle spéculative, l’indice était en pleine ascension. Mais l’indice élargi Topix de la Bourse de Tokyo a chuté de 8,61 points à 1 161,97. 684 millions de titres ont été échangés contre 792,7 millions la veille. «Le Nikkei rebondit. Mais le marché n’a pas l’énergie nécessaire pour une reprise progressive», a constaté Hiroichi Nishi de chez Nikko Securities. «Avec le rebond du Nasdaq, les investisseurs à Tokyo choisissent simplement les valeurs qui ont chuté hier», a expliqué Nishi. Le Nikkei a rejoint le plus haut point de la séance à 12 004,38 juste après l’ouverture. Mais il n’a pas pu se maintenir et est retombé sous les 12 000 points à la clôture. «La tendance à Tokyo est vraiment dépendante de Wall Street, analyse Hiroshi Sato, courtier chez Cosmo Securities. Il y a beaucoup de chance pour que le Nikkei retrouve son point le plus bas cette semaine ou la semaine prochaine». Dans la nuit, l’indice technologique Nasdaq a regagné 4,78 % à 2 015,35 après avoir plongé de 6,3 % lundi. Cette mauvaise performance avait semé la panique sur les marchés asiatiques et européens. «Les opérateurs pensaient depuis la semaine dernière que le marché américain se stabiliserait», a expliqué Masaru Kazama de Nissan Securities. «Mais la volatilité des valeurs américaines a rendu les investisseurs pessimistes sur les perspectives du marché américain», dit-il.
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