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Actualités - Chronologies

Al-Bustan - Nikolaï Demidenko, virtuosité et bravoure

Encore un moment privilégié avec le piano après l’éblouissante prestation la semaine dernière de Boris Berezovsky. Pour un récital unique, Nikolaï Demidenko, un autre champion des touches d’ivoire, a offert aux mélomanes libanais une superbe performance faite de virtuosité et de bravoure où ont résonné les partitions de Lizst, Bach-Busoni, Beethoven, Mendelsohn et Schumann. Romantisme absolu, il est vrai, mais aussi et surtout pages redoutablement périlleuses car difficulté technique et incroyable vélocité étaient au rendez-vous de cet interprète au-dessus de tout éloge. En ouverture, la majestueuse et solennelle chaconne de Bach (qu’on avait découverte et appréciée avec feu Walid Akl) transcrite par Busoni (auteur de l’Esquisse d’une nouvelle esthétique musicale) de la partita n° 2 pour violon du Kantor. Telle une une porte royale s’ouvrant sur des horizons merveilleux, cette œuvre grandiose se déploie en superbes et lumineuses arches sonores d’une architecture toujours rigoureuse, parfaite de raffinement, de sensibilité, de délicatesse. Pour prendre le relais, le célèbre Saint-François de Paule marchant sur les flots, authentique «poème symphonique» pour le piano, de Lizst qui, selon les termes de George Sand «a bu à toutes les sources de la vie et de la mort». Un Lizst à son époque d’élévation spirituelle et son mysticisme, avec ses longs arpèges liquescents et ses accords somptueux. Inspiré de la légende de saint François d’Assise béatifié en 1543, cette œuvre à la fois rayonnante et éthérée mais d’une remarquable puissance sonore, est sans nul doute empreinte d’une fervente piété avec toute l’emphase et la boursouflure des romantiques au lyrisme souvent appuyé. Pour prendre le relais, une fois de plus, toujours dans l’esprit d’une chaconne, «trente-deux variations sur un thème original» du maître de Bonn. Beethoven dans la splendeur d’une technique pianistique imparable utilisant avec brio et dextérité les innombrables ressources du clavier. Trois des cinquante Romances sans paroles de Mendelssohn pour une rêverie cotonneuse sur fond de discret battement de cœur et d’élégante éducation sentimentale. Authentique «lieder», ces pièces exquises à la mélodie limpide sont teintées d’un imperceptible «spleen» wertherien. Pour conclure, les études symphoniques de Schumann op 13 dans leur première version. Redoutables dans leurs difficultés techniques et brillants excercises de style qui constituent en fait le sommet de l’œuvre pianistique de l’auteur de Kreisleriana où variations et contrepoints sont la trame essentielle de cette inpiration à l’exécution ardue. Nikolaï Demidenko en triomphe avec éclat et c’est par une explosion d’applaudissements d’un public peu nombreux mais littéralement médusé que se meurent les derniers accords plaqués avec une souveraine assurance sur un clavier habité sous ses doigts habiles par une scintillante féerie. En bis tout d’abord un tourbillonnant et éruptif Rigoletto de Lizst, suivi par un Impromptu en clair-obscur aux éclats incandescents de Chopin pour finir avec une sonate d’un gracieux dépouillement aux chatoyances savamment dosées de Scarlatti.
Encore un moment privilégié avec le piano après l’éblouissante prestation la semaine dernière de Boris Berezovsky. Pour un récital unique, Nikolaï Demidenko, un autre champion des touches d’ivoire, a offert aux mélomanes libanais une superbe performance faite de virtuosité et de bravoure où ont résonné les partitions de Lizst, Bach-Busoni, Beethoven, Mendelsohn et Schumann. Romantisme absolu, il est vrai, mais aussi et surtout pages redoutablement périlleuses car difficulté technique et incroyable vélocité étaient au rendez-vous de cet interprète au-dessus de tout éloge. En ouverture, la majestueuse et solennelle chaconne de Bach (qu’on avait découverte et appréciée avec feu Walid Akl) transcrite par Busoni (auteur de l’Esquisse d’une nouvelle esthétique musicale) de la partita n° 2 pour violon du...