La presse arabe a accueilli hier par une levée de boucliers le nouveau cabinet du Premier ministre israélien de droite Ariel Sharon en le qualifiant de «gouvernement de guerre». Au Liban, dont une bande frontalière avec l’État hébreu située au sud du pays a été occupée jusqu’en mai 2000 par Israël, le quotidien al-Anouar estime que le cabinet israélien n’est qu’un «gouvernement de violence politique et militaire». «Toutes les options sont ouvertes, sauf celle d’une paix globale», a-t-il ajouté. Pour le journal populaire ad-Diyar, les «belles paroles» prononcées mercredi par M. Sharon devant le Parlement «ne vont pas tromper les Libanais et le monde arabe». «Ses massacres sont toujours présents à l’esprit et sa paix n’est qu’une tentative d’imposer aux Arabes la reddition aux conditions israéliennes», a-t-il poursuivi. M. Sharon a conduit, en tant que ministre de la Défense, l’invasion israélienne du Liban en 1982, marquée par les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila. La presse jordanienne a elle aussi fait part de son pessimisme face au nouveau gouvernement israélien qui, selon elle, «incite à la guerre». «Nous sommes très pessimistes face à un gouvernement dirigé par Sharon qui appelle à la guerre et au terrorisme», a indiqué le quotidien al-Destour, exprimant ses craintes «d’une escalade militaire dans les territoires palestiniens et sur les frontières nord avec le Liban et la Syrie». Le quotidien al-Raï, reflétant souvent les positions officielles de la Jordanie qui a conclu la paix avec Israël en 1994, a estimé que le gouvernement israélien a révélé sa «soif de guerre» avant même d’être investi par le Parlement. Dans le Golfe, la presse a appelé à la poursuite de l’intifada. Le quotidien émirati al-Khaleej a souhaité «que la crise que traverse Israël soit aggravée pour que la vie des Israéliens se transforme en un intolérable enfer qui les poussera à négocier sérieusement» avec les Palestiniens. En Arabie séoudite, al-Watan estime que «l’intifada palestinienne a secoué Israël et l’a poussé à l’extrémisme, ce qui s’est traduit par un gouvernement de guerre optant pour l’offensive pour réprimer le soulèvement». En Égypte, dont les dirigeants ont joué un rôle d’intermédiaire dans les négociations de paix israélo-palestiniennes, le journal semi-officiel al-Akhbar a souligné les craintes des Arabes. «La sécurité des Arabes demeure une préoccupation pour tous les Arabes aussi longtemps qu’Israël continuera à tenir le langage de la guerre», a écrit al-Akhbar. Le sommet arabe du 27 mars pourrait encore prendre plus d’importance avec «l’arrivée des extrémistes arrogants représentés par Sharon, le plus grand des meurtriers», a ajouté le journal. Par ailleurs, en Iran, qui ne reconnaît pas Israël, la radio officielle a estimé que le gouvernement Sharon est politiquement «fragile», «voué à la destruction» et «n’empêchera pas l’intifada de se renforcer».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La presse arabe a accueilli hier par une levée de boucliers le nouveau cabinet du Premier ministre israélien de droite Ariel Sharon en le qualifiant de «gouvernement de guerre». Au Liban, dont une bande frontalière avec l’État hébreu située au sud du pays a été occupée jusqu’en mai 2000 par Israël, le quotidien al-Anouar estime que le cabinet israélien n’est qu’un «gouvernement de violence politique et militaire». «Toutes les options sont ouvertes, sauf celle d’une paix globale», a-t-il ajouté. Pour le journal populaire ad-Diyar, les «belles paroles» prononcées mercredi par M. Sharon devant le Parlement «ne vont pas tromper les Libanais et le monde arabe». «Ses massacres sont toujours présents à l’esprit et sa paix n’est qu’une tentative d’imposer aux Arabes la reddition aux conditions...