Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Fièvre aphteuse - Des mesures draconiennes mais nécessaires

Les mesures draconiennes décidées par l’Union européenne pour éviter la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse rassurent plutôt les professionnels, même si elles désorganisent momentanément des secteurs entiers de l’économie des pays concernés. Les experts vétérinaires des Quinze ont décidé mardi à Bruxelles de limiter au maximum le transport et le rassemblement des animaux dans les deux semaines à venir, et de prolonger l’embargo sur le bétail britannique et les produits dérivés jusqu’au 27 mars. En France, où plus de 50 000 animaux ont déjà été abattus et où aucun cas de maladie n’a été recensé jusqu’à présent, les principales organisations agricoles approuvent le dispositif antifièvre aphteuse. «Il est indispensable de maintenir les mesures de prévention maximales actuelles, même si le contexte est déjà très éprouvant pour les éleveurs français», reconnaît Luc Guyau, président du plus important syndicat agricole français, la FNSEA. Le discours est quasi identique à la Confédération paysanne de l’antimondialiste José Bové. Sur le terrain, un responsable de la FNSEA en Alsace, Jean-Paul Bastian, craint toutefois que «d’ici à quelques jours, ces mesures extrêmes (ne) posent des problèmes d’approvisionnement et désorganisent toute la production agricole». La hantise de la fièvre aphteuse semble toutefois bien ancrée dans les campagnes où les précédentes épizooties n’ont pas été oubliées. «Ce dispositif est justifié. Sur le fond, il n’y a pas de disproportion entre les mesures prises et l’enjeu qu’il y a derrière», considère François Moutou, chef de l’unité épidémiologique de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). Mais, pour ce scientifique, il y a «amplification du phénomène dans le contexte actuel car, crise de la vache folle aidant, tout le monde est devenu très sensible aux problèmes sanitaires». Lors des dernières épizooties de 1974 et 1981, des matches de football et différentes manifestations avaient été supprimés en France, rappelle-t-il. «Aujourd’hui, on cite trois cas de fièvre aphteuse en Iran, alors qu’il y en a des centaines tous les ans, cela n’a aucune pertinence objective», dit-il. Dans les autres grands pays d’élevage de l’Union européenne, les décisions communautaires sont généralement bien accueillies. En Allemagne, la Fédération des éleveurs allemands (ADT) a qualifié ces mesures de «dures» mais «nécessaires», de même que la Fédération des agriculteurs qui a affirmé en accepter «les conséquences économiques considérables». Même «satisfaction» au Danemark où les professionnels avaient déjà pris des mesures limitant les transports d’animaux vivants. Seul bémol, l’Italie juge insuffisant le dispositif européen. «C’est insuffisant, des mesures plus sévères sont nécessaires», selon le ministre italien de l’Agriculture, Alfonso Pecoraro Sciano. Le pays s’apprête d’ailleurs à fermer complètement ses frontières à toutes les races d’animaux susceptibles d’être atteints de la maladie. Et les éleveurs ont poursuivi mercredi le blocus de deux postes-frontières, vers la France et l’Autriche, pour réclamer un renforcement des mesures. En revanche, en Angleterre où l’épizootie continue de faire des ravages, les courses hippiques, suspendues depuis une semaine, devaient reprendre hier, à la satisfaction des écuries et des bookmakers. Mais les éleveurs ont vivement protesté contre cette décision, craignant la poursuite de la propagation de l’épizootie.
Les mesures draconiennes décidées par l’Union européenne pour éviter la propagation de l’épizootie de fièvre aphteuse rassurent plutôt les professionnels, même si elles désorganisent momentanément des secteurs entiers de l’économie des pays concernés. Les experts vétérinaires des Quinze ont décidé mardi à Bruxelles de limiter au maximum le transport et le rassemblement des animaux dans les deux semaines à venir, et de prolonger l’embargo sur le bétail britannique et les produits dérivés jusqu’au 27 mars. En France, où plus de 50 000 animaux ont déjà été abattus et où aucun cas de maladie n’a été recensé jusqu’à présent, les principales organisations agricoles approuvent le dispositif antifièvre aphteuse. «Il est indispensable de maintenir les mesures de prévention maximales actuelles,...