Le gouvernement du Premier ministre israélien Ariel Sharon est non seulement le plus pléthorique de l’histoire d’Israël, mais aussi celui comportant le plus grand nombre de femmes. Mais les féministes mettent en garde contre toute jubilation, estimant que l’octroi de portefeuilles à trois femmes et le choix d’une quatrième pour un poste de vice-ministre, en soi positifs, n’en demeurent pas moins insuffisants dans le contexte d’une coalition de huit partis et d’un gouvernement qui comprendra 26 ministres et de 12 à 15 vice-ministres. «Un gouvernement devrait être composé d’au moins un tiers ou d’une moitié de femmes», estime ainsi Naomi Hazan, députée du parti de gauche Meretz. «Si c’est le plus grand gouvernement (de l’histoire d’Israël), il devrait y avoir plus de femmes. Il y a certes un progrès, mais c’est insuffisant», poursuit-elle. Limor Livnat, 49 ans, souvent surnommée la Dame de fer du Likoud, le parti de M. Sharon, sera ministre de l’Éducation, après avoir été la seule femme ministre dans le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu de 1996 à 1999, où elle occupait le poste des Communications. La travailliste Dalia Itzik, 48 ans, une ancienne enseignante, ministre sortante de l’Environnement, obtiendra le poste du Commerce et de l’Industrie, alors que l’avocate Tzippi Livny, une responsable du Likoud un moment pressentie pour la Justice, sera ministre sans portefeuille. Pour sa part, Dalia Rabin-Philosof, 50 ans, fille du Premier ministre travailliste Yitzhak Rabin, assassiné le 4 novembre 1995 à Tel-Aviv par un extrémiste de droite, sera vice-ministre de la Défense. Seules huit femmes ont servi à ce jour comme ministres en Israël, dont une, Golda Meir, dirigea le gouvernement de 1969 à 1974. «Je félicite le Premier ministre pour avoir choisi trois femmes pour de hautes fonctions politiques», a affirmé Yaël Yishaï, une spécialiste des question féminines à l’Université de Haïfa (nord). «Mais je n’en conclurais pas pour autant que l’égalité des sexes a été réalisée dans ce pays», a-t-elle aussitôt tempéré. Selon un rapport de Mme Hazan, les femmes constituent en moyenne entre 7 et 9 % des députés, mais le Parlement (Knesset) actuel comprend 15 femmes sur 120, soit 12,5 %. «La politique est le dernier bastion des hommes et je pense que les hommes (...) font tout pour demeurer vraiment le tout dernier bastion», estime Daphna Charfman, une autre spécialiste de la question à l’Université de Haïfa. Lors d’un discours mardi au Parlement en prévision de la Journée de la femme, M. Sharon a affirmé que les députées figuraient «parmi les meilleurs élus de la Knesset». «Je crois que d’un point de vue moral et dans l’intérêt national, chaque gouvernement israélien a le devoir d’œuvrer avec constance pour l’égalité des femmes à tous les niveaux», a-t-il dit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le gouvernement du Premier ministre israélien Ariel Sharon est non seulement le plus pléthorique de l’histoire d’Israël, mais aussi celui comportant le plus grand nombre de femmes. Mais les féministes mettent en garde contre toute jubilation, estimant que l’octroi de portefeuilles à trois femmes et le choix d’une quatrième pour un poste de vice-ministre, en soi positifs, n’en demeurent pas moins insuffisants dans le contexte d’une coalition de huit partis et d’un gouvernement qui comprendra 26 ministres et de 12 à 15 vice-ministres. «Un gouvernement devrait être composé d’au moins un tiers ou d’une moitié de femmes», estime ainsi Naomi Hazan, députée du parti de gauche Meretz. «Si c’est le plus grand gouvernement (de l’histoire d’Israël), il devrait y avoir plus de femmes. Il y a certes un...