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Actualités - Reportages

À la mode des princesses de Tamerlan -

La mode, on le sait, est à la recherche de ce qui frappe l’imagination, qui fait rêver et mieux vendre ses produits... Une de ses dernières trouvailles, c’est la découverte des héritières de... Tamerlan. Six siècles après la disparition du légendaire conquérant, au fin fond de l’Asie centrale, les limiers, à la recherche de nouvelles inspirations, ont découvert les héritières du grand Mongol. À Ouzbékistan, au Kazakhstan, au Tadjikistan et autres républiques, à des milliers de kilomètres les unes des autres, vivent ces princesses sans palais, totalement ignorées par l’histoire et le monde contemporain. D’après les historiens, lorsque Tamerlan traversait avec ses hordes le continent asiatique, il épousait, dans chaque État vaincu, une des princesses locales. Ses mariages servaient de garanties d’alliance et de soumission, empêchant des soulèvements ultérieurs et des complications inutiles. Officiellement, Tamerlan aurait épousé une trentaine de ces princesses égarées dans les steppes et les cités asiatiques. Six d’entre elles pourtant comptèrent, bien plus que les autres, pour la postérité, grâce aux conséquences politiques et stratégiques de leur union avec Tamerlan. C’est en effet grâce à elles que fut scellée l’unité de l’Asie centrale. Le statut royal de chacune d’entre elles perdura. Depuis le XVe siècle, «les princesses de Tamerlan» jouirent du respect, de la considération et des égards dus à leur rang et il en fut de même pour leur descendance. Aujourd’hui, il va de soi que si le prestige demeure intact, l’héritage matériel de l’aïeul, il y a des siècles, s’est volatilisé... L’intrusion russe (fin XVIIIe siècle) puis l’ère soviétique ont saccagé les archives et fait disparaître les témoignages et vestiges du passé. Mais à partir des années 50, la filiation princière des descendantes revint à la surface. Depuis 1990, l’Asie centrale a opté pour le retour au culte de ses propres héros, abolissant l’«icônolatrie» soviétique. En 1996, le gouvernement ouzbek a célébré solennellement le 660e anniversaire de Tamerlan, promu ancêtre emblématique de toute l’Asie centrale. Les si lointaines descendantes des «épousées» de Tamerlan, sans avoir des droits royaux ou des positions réelles, jouissent d’une ascendance presque mythique qui les pare d’un halo de séduction mystérieuse digne de l’intérêt des chasseurs d’images exotiques très sensationnelles. Presse et mode occidentales ont trouvé là un filon inespéré à exploiter, très prometteur pour l’inspiration et les investissements. Une vie de princesse Le plus étonnant c’est que dans la vie encore très soviétisée de l’Asie centrale, ces six femmes tranchent effectivement par leur allure, leur façon de s’habiller, leur comportement. Trois d’entre elles sont mariées et mères de famille ; une est divorcée ; deux autres célibataires s’occupent d’œuvres sociales. La plus douée est créatrice de dessins pour tapis à Achgabar, la capitale du Turkménistan. Une seule d’entre elles vient d’un milieu modeste, vivant avec son mari et ses enfants dans une région rurale, sans que cela toutefois n’entame son prestige. Adulées, respectées, ces descendantes président des manifestations, sont invitées partout, reçoivent des cadeaux de la part de divers clans et tribus. Généralement somptueux, les cadeaux sont interceptés par les parents mâles, tuteurs, selon les mœurs de ces «altesses» adultes. Il s’agit souvent de cadeaux de grande valeur : étalons, tapis, joyaux, étoffes anciennes, lévriers, chevaux de race. L’honneur historique, en effet, qui pare ces femmes rejaillit sur l’ensemble de leur famille. Même si elles-mêmes sont des militantes acharnées pour les droits des femmes et l’égalité des sexes, elles restent, toutes descendantes de Tamerlan qu’elles soient, soumises à l’autorité des mâles de la famille même au dépens de leurs intérêts. L’Occident découvre, grâce à la presse féminine, avec un intérêt ravi, ces lointaines princesses aux mœurs d’autres temps. Elles offrent l’exotisme de leur apparence, le dépaysement de leur façon de vivre et la surprise de constater combien, dans la façon de mener leur existence, ces exilées des steppes sont proches des femmes de cette partie du monde...
La mode, on le sait, est à la recherche de ce qui frappe l’imagination, qui fait rêver et mieux vendre ses produits... Une de ses dernières trouvailles, c’est la découverte des héritières de... Tamerlan. Six siècles après la disparition du légendaire conquérant, au fin fond de l’Asie centrale, les limiers, à la recherche de nouvelles inspirations, ont découvert les héritières du grand Mongol. À Ouzbékistan, au Kazakhstan, au Tadjikistan et autres républiques, à des milliers de kilomètres les unes des autres, vivent ces princesses sans palais, totalement ignorées par l’histoire et le monde contemporain. D’après les historiens, lorsque Tamerlan traversait avec ses hordes le continent asiatique, il épousait, dans chaque État vaincu, une des princesses locales. Ses mariages servaient de garanties d’alliance...