Plus que jamais, l’Amérique semble coupée en deux. De chaque côté du Mississipi, la NBA voit cohabiter deux mondes parallèles et de plus en plus différents. «East is the Least» (c’est moins bien à l’Est) semble d’ailleurs devenu l’adage à la mode pour résumer l’écrasante domination des franchises de l’Ouest. La surprenante victoire au All Star Game de la sélection de l’Est, grâce au seul talent du leader de Philadelphie Allen Iverson (25 points en 27 minutes), n’a pas réussi à doucher l’enthousiasme des observateurs les plus attentifs. «Le vainqueur de l’Ouest sera champion», continue-t-on à affirmer du côté des Lakers, Portland, Utah ou Sacramento. Beaucoup de signes avant-coureurs permettent effectivement de le penser même si les Sixers ont frappé un grand coup en se dotant enfin d’un vrai pivot, Dikembe Mutombo, le meilleur rebondeur et défenseur de la Ligue. Un chiffre tout d’abord. Depuis le début de cette saison, les équipes de l’Ouest se sont imposées dans plus de 60 % des cas face à leurs homologues de l’Est dans les rencontres interconférences. Philadelphie a beau, grâce à Iverson (deuxième marqueur, premier aux interceptions), être actuellement l’une des meilleures formations de la Ligue, la suprématie des clubs installés à la gauche du Mississipi saute aux yeux. Ainsi, même la plus mauvaise franchise de l’Ouest, Vancouver, a gagné dans ces conditions plus de la moitié de ses matches. Les exemples de ce type, étayés par des statistiques, ne manquent pas. Par exemple, avant le départ définitif de Jordan en 1998, les franchises installées côté Est avaient enlevé huit des dix derniers titres NBA. Bien sûr, cette domination indiscutable tenait beaucoup au règne des Bulls. Mais elle montre aussi à quel point la retraite de His Airness a totalement redistribué les cartes, s’accompagnant aussi de la migration vers l’Ouest des principales stars du championnat (O’Neal, Pippen). Cette réelle pénurie de joueurs majeurs a carrément pris de court les fans de l’Est au moment de la désignation de leur cinq de départ pour le dernier All Star Game. Ceux-ci ont dès lors largement plébiscité deux joueurs absents pour blessures depuis quasiment le début de la saison, en l’occurrence Alonzo Mourning et Grant Hill. Difficile dans ces conditions d’imaginer un renversement de situation en play-offs.
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