Maladies pernicieuses, insidieuses et silencieuses, les hépatites sont un véritable fléau. Cette famille de virus redoutable compte trois variétés. L’hépatite A, transmise par l’eau souillée et provoquant une jaunisse, ne dégénère pas en cirrhose. Un vaccin efficace existe. L’hépatite B se transmet par le sang, par voie sexuelle et de mère à enfant durant la gestation. Ses manifestations sont évidentes. Provoquant souvent une jaunisse, elle guérit dans 30% des cas. Mais négligée ou non traitée, elle peut dégénérer vers une cirrhose. Ici aussi un vaccin est disponible. L’hépatite C se transmet par voie sanguine. Dans 80% des cas, le virus va évoluer vers une hépatite chronique, pouvant dégénérer en cirrhose, puis en cancer du foie. Aucun vaccin n’est disponible contre cette hépatite. Plusieurs pays, dont la France, classent l’hépatite C comme «priorité» de santé publique, compte tenu du fait qu’un contaminé sur deux ignore son état. Et c’est bien là toute la perversité de ce mal qui évolue lentement mais sûrement vers deux maladies gravissimes et toutes les deux mortelles, la cirrhose et le cancer. La plus redoutable des trois Il est évident que l’hépatite C constitue un grave danger public. Elle se transmet par voie sanguine et on évalue à 30% les contaminations entre toxicomanes et, auparavant (avant la possibilité de dépistage), à 30% celles par transfusions. Mais, pour le 40% restant, l’origine reste indéterminée. Les médecins estiment que l’infection peut provenir d’instruments chirurgicaux mal stérilisés, de matériel d’examen insuffisamment désinfecté. Autant dire qu’elle peut être contractée partout: chez le dentiste comme chez le coiffeur, le pédicuriste ou en essayant des boucles d’oreille... Sans céder à la panique, ceci appelle à la prudence. Le virus, très sournois, agit à retardement. Il évolue aussi en fonction des individus, ce qui le rend encore plus difficile à cerner. Il choisit pour cible les cellules hépatiques qu’il parasite en les rongeant, provoquant ainsi une hépatite. Une personne en bonne santé peut résister à cette infection. Ce qui fait que 20% de ces contaminations guérissent spontanément. Mais dans 80% des cas, la pathologie se maintient et persiste, évoluant vers l’hépatite chronique. Un tiers de ces sujets resteront des porteurs sains. Les autres risqueront de développer, dans les trente ans qui vont suivre (en dix ans pour les plus fragiles), une cirrhose. Chaque année, 1% à 5% de ces cirrhoses dégénèrent en cancer du foie. «Toute la question est de savoir comment va progresser la maladie et sur combien de temps», avertit le Pr Thierry Poynard (France). Car les femmes résistent mieux que les hommes au virus, et l’évolution est beaucoup plus rapide chez les personnes âgées, dès le moment de la contamination. À savoir: la consommation d’alcool agit en accélérateur.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Maladies pernicieuses, insidieuses et silencieuses, les hépatites sont un véritable fléau. Cette famille de virus redoutable compte trois variétés. L’hépatite A, transmise par l’eau souillée et provoquant une jaunisse, ne dégénère pas en cirrhose. Un vaccin efficace existe. L’hépatite B se transmet par le sang, par voie sexuelle et de mère à enfant durant la gestation. Ses manifestations sont évidentes. Provoquant souvent une jaunisse, elle guérit dans 30% des cas. Mais négligée ou non traitée, elle peut dégénérer vers une cirrhose. Ici aussi un vaccin est disponible. L’hépatite C se transmet par voie sanguine. Dans 80% des cas, le virus va évoluer vers une hépatite chronique, pouvant dégénérer en cirrhose, puis en cancer du foie. Aucun vaccin n’est disponible contre cette hépatite. Plusieurs...