L’«ingénieur de la solution finale» Aloïs Brunner est considéré par les juifs de Grèce comme le «boucher de Salonique» pour avoir ordonné la déportation et l’extermination de la communauté juive de la métropole du nord du pays. Au moment de l’entrée des forces grecques à Salonique (1912), cette ville-carrefour de l’Empire ottoman, envahie en 1492 par une vague de juifs sépharades chassés d’Espagne, était appelée «la ville juive» ou «la Jérusalem des Balkans». La population juive, avec plus de 61 500 personnes, était la plus nombreuse des communautés non grecques. Elle comptait encore 52 000 âmes lors de la Deuxième Guerre mondiale. Aloïs Brunner arrive à Salonique en février 1943. De mars à août 1943, les juifs de la ville ont tous été déportés à Auschwitz et Birkenau. 1 950 seulement sont revenus des camps nazis. 96% de la communauté venait d’être exterminée. Dans un ouvrage intitulé In memoriam et paru en 1974, la communauté israélite de Salonique relate des témoignages sur les tortures qu’infligeait personnellement le «bourreau Brunner, petit, fluet et au visage brun». «Il était la personnalisation du sadisme. Il frappait ses victimes à l’aide d’un fouet muni de fines lanières métalliques et en cuir et les terrorisait, menaçant de les tuer en braquant un pistolet sur la nuque et les tempes». La population juive de Grèce compte aujourd’hui moins de 6 000 personnes. Convaincue que Brunner est vivant et se trouve en Syrie, elle a déjà demandé sans succès son extradition en 1985-1986. Le ministère grec de la Justice avait alors répondu que la Grèce avait cédé ses droits à la RFA en 1959 pour la répression des auteurs de crimes nazis commis dans le pays, rappelle Moïse Constantinis, président du Conseil central juif de Grèce (KIS). «Nos services juridiques ayant trouvé les moyens donnant le droit à la Grèce de réclamer officiellement à la Syrie l’extradition de Brunner, nous avions adressé en 1997 un mémoire au ministre de la Justice de l’époque, Evanguélos Yannopoulos. Nous n’avons eu aucune réponse», a précisé M. Constantinis qui a l’intention de relancer ce dossier, le ministre ayant changé.
L’«ingénieur de la solution finale» Aloïs Brunner est considéré par les juifs de Grèce comme le «boucher de Salonique» pour avoir ordonné la déportation et l’extermination de la communauté juive de la métropole du nord du pays. Au moment de l’entrée des forces grecques à Salonique (1912), cette ville-carrefour de l’Empire ottoman, envahie en 1492 par une vague de juifs sépharades chassés d’Espagne, était appelée «la ville juive» ou «la Jérusalem des Balkans». La population juive, avec plus de 61 500 personnes, était la plus nombreuse des communautés non grecques. Elle comptait encore 52 000 âmes lors de la Deuxième Guerre mondiale. Aloïs Brunner arrive à Salonique en février 1943. De mars à août 1943, les juifs de la ville ont tous été déportés à Auschwitz et Birkenau. 1 950 seulement sont...
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