Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Vogues - Le deuil est à la page

Après avoir exploité le sexe et l’argent à satiété, la mode, en panne d’inspiration, s’attaque à la mort... Le deuil c’est chic, semble être le dernier mot d’ordre. Jusque-là la mort était un des grands sujets (sinon le plus grand) de la société de consommation. Voilà que maintenant on s’aperçoit que la mort fait vendre... Elle inspire donc artistes, musiciens, publicitaires et, depuis cette saison, les créateurs d’habits. Dans une pièce, mise en scène par Jeanne Moreau, à Paris, signée Margaret Edison, le sujet traite du cancer et sa progression vers l’issue fatale. Toujours à Paris, l’artiste en art plastique Iris Schiller a choisi comme sujet un de ses derniers travaux exposés dans un lieu de culte, les «rites de deuil». Redécouverte bien à propos, l’œuvre du photographe surréaliste Raoul Ubac sur la fragilité de la vie, réalisée entre 1930 et 1945, fait l’objet d’une exposition qui draine tous les «in» de la Ville-Lumière... La vogue noire souffle autant sur les continents et les arts que sur la couture. Un chanteur à succès américain, Marylin Manson, arbore des maquillages qui font frémir les foules. Il faut dire qu’il est en fait un chanteur sulfureux qui compte énormément sur le choc plutôt que sur la bienséance. Mais Alexander McQueen, à Londres, dans son dernier défilé, a voulu rendre hommage au photographe Joel Peter Witkin en accrochant ses photos et montages de corps mutilés, disséqués, torturés. Provocation ou coup publicitaire ? Qu’importe... Le fait est que le deuil est en vogue... À condition qu’il s’exprime avec frivolité. Même les catalogues de mode reflètent cette tendance, à laquelle le dernier numéro d’Officiel (février 2001) consacre un long article. Toute une moisson de petites ou grandes robes de deuil, signées Ferragamo, Cerruti, Gucci, Yves Saint-Laurent, Helmut Lang et autres, propose aux éplorées comme aux sympathisantes de quoi couvrir ou arborer leur peine... Il paraît qu’un grand chausseur italien, Cesare Paciotti, dans sa campagne publicitaire photos, présentait ses nouveaux modèles, aux pieds des mannequins assis, durant une veillée funèbre, devant le cercueil du disparu ! À New York, un groupe de stylistes présentait sa dernière collection, récemment, dans un décor d’ambiance funéraire, autour d’un cercueil croulant sous les couronnes de fleurs. Les mannequins en pleurs ne portaient que des modèles noirs ou blancs, adaptant leurs attitudes et leur démarche au tragique de la circonstance. Résultat, à Milan, les grands défilés Yves Saint-Laurent, Gucci puis Tom Ford à Paris n’ont présenté que du noir, du blanc et du noir et blanc. La petite robe noire des années quatre-vingt pointe à l’horizon pour l’été prochain... De quoi faire sortir nos mouchoirs et des larmes de crocodile...
Après avoir exploité le sexe et l’argent à satiété, la mode, en panne d’inspiration, s’attaque à la mort... Le deuil c’est chic, semble être le dernier mot d’ordre. Jusque-là la mort était un des grands sujets (sinon le plus grand) de la société de consommation. Voilà que maintenant on s’aperçoit que la mort fait vendre... Elle inspire donc artistes, musiciens, publicitaires et, depuis cette saison, les créateurs d’habits. Dans une pièce, mise en scène par Jeanne Moreau, à Paris, signée Margaret Edison, le sujet traite du cancer et sa progression vers l’issue fatale. Toujours à Paris, l’artiste en art plastique Iris Schiller a choisi comme sujet un de ses derniers travaux exposés dans un lieu de culte, les «rites de deuil». Redécouverte bien à propos, l’œuvre du photographe surréaliste Raoul...