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Actualités - Analyses

Pas de redressement sans entente entre dirigeants

D’éminentes personnalités diplomatiques et politiques, dont un ancien ministre, notent avec un zeste d’amertume qu’il a fallu atteindre le bord du gouffre, avec des annonces de faillites en cascades et de vilains bruits sur la santé de la livre, pour que le pouvoir réagisse par un premier tour de décisions énergiques prises en Conseil des ministres. Une initiative que ces sources saluent. Non sans s’inquiéter pour les suites à venir. «Car, soulignent-elles, des parties malveillantes ou inconscientes commencent à mettre des bâtons dans les roues pour faire capoter l’effort de sauvetage. Sans compter que la situation reste alarmante à la frontière Sud. Et, surtout, que les tiraillements intérieurs se poursuivent, ébranlant une stabilité politique sans laquelle la confiance continuerait à faire défaut. Il faut donc, pour commencer, que les dirigeants restent bien soudés, la cohésion du pouvoir étant une condition sine qua non pour le redressement. Voire, pour empêcher le pays de plonger, financièrement et économiquement». Et de souligner ensuite que «les Libanais se rendent parfaitement compte du danger. Ils soutiennent donc le pouvoir sans restriction et il doit savoir utiliser cette carte. Afin d’exécuter sans faille un plan qui doit être rapidement complété par de nouvelles mesures, pour couper l’herbe sous les pieds des perturbateurs. Ainsi que pour attirer capitaux et investisseurs. Le pays ploie sous trop de crises sociales, économiques, financières et politiques pour se payer le luxe d’un programme à étapes trop espacées. La célérité est nécessaire. Mais ce qui est encore plus indispensable, répétons-le, c’est de mettre de côté les querelles intestines d’influence». Et de rappeler que ces tiraillements multilatéraux «ont retardé d’au moins deux ans la réforme de fond, politique aussi bien qu’administrative, que les Libanais avaient pu espérer avec l’avènement du présent régime. La précédente tentative a de la sorte débouché sur un fiasco. Causé en grande partie par l’échec des appels à la réconciliation et à l’entente nationale. De ce fait, les Libanais ont dû supporter un pénible équilibrage entre leurs soucis de subsistance et ce qu’on leur présente comme le “rôle régional” de leur pays. De fait, il est pratiquement impossible de concilier ces deux contraires que sont l’instabilité, notamment frontalière, et l’afflux des capitaux. Les efforts titanesques du président Hariri se trouvent en effet contrés par une mobilisation d’un autre genre, tournée vers la confrontation». Après cette allusion au Hezbollah, sinon aux décideurs, les personnalités citées expriment l’espoir que «la conclusion d’un traité de partenariat avec l’Europe, ainsi que la détarification douanière permettent au gouvernement de promouvoir effectivement les investissements occidentaux et les assistances étrangères. L’effort doit également porter sur la modernisation de l’Administration comme sur la dynamisation de secteurs comme l’industrie, le tourisme ou l’agriculture. La relance implique en outre le lancement de divers projet de reconstruction, au Sud ou ailleurs, qui seraient financés par des emprunts contractés à des conditions extrêmement privilégiées, avoisinant les dons». Et de conclure en soulignant que «les Libanais savent qu’il y a des sacrifices à faire pour le redressement. Ils sont dès lors prêts à répondre favorablement aux mesures difficiles que le gouvernement prendrait à cette fin. En évitant les simples palliatifs ou tranquillisants. Et en veillant à faire montre d’une cohésion comme d’une détermination sans faille. Car la mésentente entre les responsables reste le pire des maux pour ce pays meurtri».
D’éminentes personnalités diplomatiques et politiques, dont un ancien ministre, notent avec un zeste d’amertume qu’il a fallu atteindre le bord du gouffre, avec des annonces de faillites en cascades et de vilains bruits sur la santé de la livre, pour que le pouvoir réagisse par un premier tour de décisions énergiques prises en Conseil des ministres. Une initiative que ces sources saluent. Non sans s’inquiéter pour les suites à venir. «Car, soulignent-elles, des parties malveillantes ou inconscientes commencent à mettre des bâtons dans les roues pour faire capoter l’effort de sauvetage. Sans compter que la situation reste alarmante à la frontière Sud. Et, surtout, que les tiraillements intérieurs se poursuivent, ébranlant une stabilité politique sans laquelle la confiance continuerait à faire défaut. Il faut...