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Actualités - Chronologies

Les Russes des pays baltes se sentent abandonnés par la mère patrie

Malgré l’intérêt manifesté par le président russe Vladimir Poutine pour leur sort, les Russes de souche dans les pays baltes se sentent abandonnés par la mère patrie, avec des appels creux de Moscou en leur faveur et l’absence d’une aide réelle. «La législation russe sur la protection des compatriotes n’a qu’un caractère verbal et nous ne recevons aucune assistance réelle», a affirmé Mme Tatiana Zdanok, membre influent de la communauté russophone de Lettonie, dans une récente interview. Dix ans après la chute de l’Union soviétique, des centaines de milliers de Russes de souche vivent en Estonie, en Lettonie et en Lituanie où leur situation continue de compliquer la sécurité régionale. Colons économiques implantés jadis par Moscou pour russifier les pays baltes, ils ont connu avec l’éclatement de l’URSS un renversement de leur situation, devenant eux-mêmes étrangers dans leur pays, obligés d’apprendre la langue locale. La région a échappé à la violence, mais l’intégration des russophones est lente, accompagnée de strictes exigences linguistiques qui frappent quelque 150 000 personnes en Estonie et 300 000 en Lettonie, privées de citoyenneté et victimes de ressentiments locaux. Moscou ne passe aucune occasion pour clouer au pilori l’Estonie et la Lettonie devant l’opinion internationale, à propos de leurs minorités russophones. Le président Poutine a placé leur sort au centre d’une récente rencontre avec son homologue letton, Mme Vaira Vike-Freiberga. «Nous sommes prêts à résoudre tous les problèmes, même les plus complexes. Nous sommes ouverts au dialogue (...) Nous demandons seulement que les mêmes règles soient appliquées (envers les russophones de Lettonie) qu’à l’égard des minorités ethniques en Europe», a dit M. Poutine, cité par l’agence Interfax après la rencontre. «Ce serait une bonne chose pour nous et pour nos compatriotes dans les pays baltes, y compris en Lettonie», a-t-il ajouté en sommant notamment Riga de baisser les frais administratifs pour les bas revenus. Mais les Russes de souche, qui ont des opportunités éducatives, économiques et sociales réduites dans leur langue maternelle, attendent davantage de soutien concret de la part de Moscou. «Je n’ai pas le sentiment que la Russie nous aide», a dit Anna Stroï, spécialiste des problèmes de l’intégration dans un journal en langue russe paraissant à Riga. «La Lettonie est mon pays et je ne pense pas que la Russie doive me prendre en charge», dit-elle, mais «il est nécessaire que la Russie aide nos écoles, car les professeurs russes ne sont pas très qualifiés». Anna Stroï déplore que l’école de sa fille à Riga n’enseigne pas la littérature russe aux élèves des classes intermédiaires. Avec une aide de 90 millions de roubles en 2001 destinée aux 25 millions de Russes vivant à l’étranger, Moscou ne dépense que 3,6 roubles (0,12 euro) par personne. Selon les Russes de Lettonie, Moscou donne souvent l’impression de vouloir rendre leur vie encore plus difficile. Il vient d’imposer, presque sans préavis, un régime de visas d’entrée aux russophones lettons, semant la confusion avant les fêtes de fin d’année et faisant presque doubler les frais de leurs visites en Russie. «La Russie a ainsi “reclasssé” plus d’un demi-million de ses anciens citoyens dans la catégorie “étrangers”. Durant les dix dernières années, celles de l’ère Eltsine, nos compatriotes n’ont jamais été traités de la sorte, ni chez eux ni à l’étranger», a fulminé Respublika, le quotidien de Riga en langue russe.
Malgré l’intérêt manifesté par le président russe Vladimir Poutine pour leur sort, les Russes de souche dans les pays baltes se sentent abandonnés par la mère patrie, avec des appels creux de Moscou en leur faveur et l’absence d’une aide réelle. «La législation russe sur la protection des compatriotes n’a qu’un caractère verbal et nous ne recevons aucune assistance réelle», a affirmé Mme Tatiana Zdanok, membre influent de la communauté russophone de Lettonie, dans une récente interview. Dix ans après la chute de l’Union soviétique, des centaines de milliers de Russes de souche vivent en Estonie, en Lettonie et en Lituanie où leur situation continue de compliquer la sécurité régionale. Colons économiques implantés jadis par Moscou pour russifier les pays baltes, ils ont connu avec l’éclatement de...