PHILIPPINES - Estrada conteste la légitimité d’Arroyo devant la Cour suprême
le 16 février 2001 à 00h00
La Cour suprême des Philippines s’est donnée hier sept jours avant de statuer sur un recours de l’ancien président philippin Joseph Estrada, chassé du pouvoir le mois dernier, qui conteste la légitimité de la présidente Gloria Macapagal Arroyo. Mme Arroyo, vice-présidente de M. Estrada, avait été intronisée présidente le 20 janvier après qu’un soulèvement de la rue soutenu par l’armée eût conduit M. Estrada à quitter la présidence. Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN hier, l’ancien président a de nouveau affirmé que Mme Arroyo avait «pris le pouvoir grâce à la loi de la foule». La Cour suprême a décidé se donner ce délai pour étudier les demandes de M. Estrada, qui estime être «président en congé» et à ce titre toujours bénéficiaire de l’immunité présidentielle. M. Estrada fait valoir qu’il n’a jamais été démissionné et qu’il s’est contenté d’accepter son remplacement provisoire par Mme Arroyo. Dans l’intervalle de sept jours décidé par la Cour suprême, M. Estrada, accusé de corruption et de pillage économique, un crime passible de la peine de mort, ne sera pas inquiété, ont annoncé les autorités judiciaires. Les experts estiment cependant que l’action en justice de M. Estrada n’a aucune chance d’aboutir dans la mesure où c’est la Cour suprême qui avait déclaré la présidence vacante avant d’introniser Mme Arroyo dont la prestation de serment a eu lieu devant le président de cette juridiction. Manille avait annoncé cette semaine son intention d’arrêter M. Estrada, qui a été accusé d’avoir touché des millions de dollars de pots-de-vin et détourné de l’argent public, ce qui lui a valu l’ouverture d’un procès en destitution pour corruption devant le Sénat. C’est l’ajournement sine die de ce procès en janvier qui avait mis le feu aux poudres, contraignant M. Estrada, un ancien acteur de cinéma, à abandonner le pouvoir à la suite d’un soulèvement populaire et de la perte du soutien de l’armée. La police antiémeutes a été déployée à l’extérieur du siège du tribunal suprême alors que des manifestants anti-Estrada scandaient des slogans tels que «Arrêtez Erap» (surnom d’Estrada) tout en brandissant des pancartes le caricaturant en «Ennemi public n° 1». Les forces de l’ordre se sont efforcées de les tenir à distance du millier de partisans de M. Estrada qui scandaient «Justice pour Erap» ainsi que «Gloria démission, Erap en fonction», et qui ont tenté de faire irruption dans le bâtiment de la Cour suprême. L’accès aux audiences de la Cour suprême a été limité aux représentants des parties, aux témoins et aux journalistes qui n’ont pas été autorisés à conserver leurs téléphones portables.
La Cour suprême des Philippines s’est donnée hier sept jours avant de statuer sur un recours de l’ancien président philippin Joseph Estrada, chassé du pouvoir le mois dernier, qui conteste la légitimité de la présidente Gloria Macapagal Arroyo. Mme Arroyo, vice-présidente de M. Estrada, avait été intronisée présidente le 20 janvier après qu’un soulèvement de la rue soutenu par l’armée eût conduit M. Estrada à quitter la présidence. Dans une interview accordée à la chaîne américaine CNN hier, l’ancien président a de nouveau affirmé que Mme Arroyo avait «pris le pouvoir grâce à la loi de la foule». La Cour suprême a décidé se donner ce délai pour étudier les demandes de M. Estrada, qui estime être «président en congé» et à ce titre toujours bénéficiaire de l’immunité présidentielle. M....
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