Le président de la Réserve fédérale Alan Greenspan, sans toutefois l’annoncer, a posé les jalons pour une nouvelle baisse des taux, véritable assurance tous risques pour l’économie américaine. «L’économie n’est pas en récession», a déclaré le président de la Fed devant les sénateurs à l’occasion de son témoignage bisannuel sur la politique monétaire. Pour autant, l’économie n’est pas non plus en bonne forme et, si les choses vont aller en s’améliorant au fil de l’année, des incertitudes entourent l’environnement économique actuel, a noté en substance le patron de la Fed. Dans son intervention, «Alan Greenspan a suggéré que d’autres baisses» de taux d’intérêt seront décidées dans les prochaines semaines, a noté Gerald Cohen, économiste de Merrill Lynch. «Les risques d’un plus grand ralentissement prédominent», a mis en garde Alan Greenspan en soulignant toutefois que le pire est peut-être passé. «Avec des signes de ralentissement toujours patents», les responsables de la Fed fin janvier ont jugé nécessaire «de souligner que les risques penchaient vers des conditions qui pouvaient engendrer une faiblesse économique dans un avenir proche», a rappelé Alan Greenspan. Les mises en garde du responsable de la politique monétaire américaine laissent prévoir «une nouvelle baisse d’un demi-point en mars» du principal taux directeur de la Fed, a jugé Gerald Cohen. La prochaine réunion du Comité monétaire de la Fed est prévue le 20 mars, mais la Banque centrale a comme «prérogative» de pouvoir changer à tout moment le niveau de ses taux directeurs, a rappelé Alan Greenspan. «Je pense que la Fed baissera son taux encore d’un demi-point, mais des taux inférieurs à 5 % semblent moins probables», a estimé l’économiste Ian Shepherdson. Depuis le 31 janvier, le taux interbancaire de la Fed, principal taux directeur, est à 5,50 %. Il faudra sans doute des statistiques précises dans les prochaines semaines pour dresser un constat plus abouti de l’économie mais, selon Alan Greenspan, «la faiblesse exceptionnelle mise en évidence à travers un certain nombre d’indicateurs économiques en fin d’année dernière (...) n’a apparemment pas continué en janvier». Mardi, les chiffres des ventes de détail en janvier ont montré une reprise de l’activité et de la consommation des ménages mais se reposer sur cet indicateur «comme un signe de reprise serait une erreur majeure», a expliqué Christopher Wiegand, économiste de Salomon Smith Barney. La confiance des consommateurs reste fragile, a noté cet économiste qui table également sur la poursuite de la baisse des taux d’intérêt de la Fed avec «un demi-point en mars». «L’économie américaine connaît actuellement un net ralentissement, elle demeure toujours loin de la récession» comme l’assurent «les propos d’Alan Greenspan», a relevé Marc Touati, économiste de la banque française Natexis Banques Populaires. Pour cet économiste, le message d’Alan Greenspan «est clair, la Fed soutiendra la croissance et baissera encore fortement ses taux directeurs».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président de la Réserve fédérale Alan Greenspan, sans toutefois l’annoncer, a posé les jalons pour une nouvelle baisse des taux, véritable assurance tous risques pour l’économie américaine. «L’économie n’est pas en récession», a déclaré le président de la Fed devant les sénateurs à l’occasion de son témoignage bisannuel sur la politique monétaire. Pour autant, l’économie n’est pas non plus en bonne forme et, si les choses vont aller en s’améliorant au fil de l’année, des incertitudes entourent l’environnement économique actuel, a noté en substance le patron de la Fed. Dans son intervention, «Alan Greenspan a suggéré que d’autres baisses» de taux d’intérêt seront décidées dans les prochaines semaines, a noté Gerald Cohen, économiste de Merrill Lynch. «Les risques d’un plus...