Les intentions sont évidentes : on a voulu faire d’Andrew Dice Clay un nouveau Stallone dans «Brain Smaher» sans y réussir. On a voulu combler les amateurs d’histoires romanesques avec «The Battle of the Villa Fiorita» et «Spencer’s Mountain». Delmer Daves y a réussi mais il a fait tellement mieux dans sa carrière de réalisateur. Le monde de l’adolescence est certes gentiment illustré dans «A Little Romance» mais Dudley Moore a fait bien mieux que le «Lovesick» qui nous est proposé. Dans le domaine de la comédie policière «Stake Out» et «48 Hours» devaient faire des petits... Le succès fut uniquement commercial. On a voulu refaire, en mieux, «Mutiny On the Bounty» mais les caprices de Marlon Brando faillirent couler le navire et le film. Les intentions, même si elles sont bonnes, ne suffisent pas. Un soir à Portland, dans l’Oregon, Ed Mallew, employé dans une boîte de nuit, se porte au secours d’une jeune femme, Samantha, agressée par les membres d’une mafia chinoise. Samantha a, en sa possession, un paquet contenant une fleur de lotus, susceptible de donner à celui qui la possède des pouvoirs surnaturels... Ainsi débute Brain Smaher, A Love Story, d’Albert Pyun, un film qui eut pour ambition, à son époque, de faire d’Andrew Dice Clay un nouveau Sylvester Stallone. Mais devant l’indigence de l’entreprise, la carrière de Clay s’est arrêtée là. La «Love Story» annoncée dans le titre est pratiquement inexistante. L’action prévaut avec une seule compensation : Teri Hatcher, en petite culotte, est mignonne à croquer... Diffusion lundi à minuit sur LBCI Delmer Daves, qui signe ici The Battle of the Villa Fiorita, est à l’honneur cette semaine, puisque demain un second film de ce réalisateur sera à l’affiche. Alors qu’il réalisa quelques westerns exceptionnels, Delmer Daves tourna à la fin de sa carrière une série de films romanesques, comme celui-ci où il a donné la vedette à la rousse irlandaise Maureen O’Hara que nous retrouverons également dans Spencer’s Mountain. Dans cette adaptation d’un roman de Rumer Godden, Maureen O’Hara incarne une femme mariée qui se laisse séduire par un veuf italien (Rossano Brazzi). Elle abandonne son mari (Richard Todd) pour aller retrouver son amant en Italie. Mais l’idylle sera fortement perturbée par les enfants de l’une et de l’autre qui vont tout faire pour que les choses reviennent à la normale. La beauté des paysages italiens, une partition musicale colorée de Mischa Spoliansky, une pointe d’émotion et surtout les compositions de Phyllis Calvert, en vieille commère et d’Ursula Jeans, en voisine curieuse, contribueront à faire de ce divertissement une agréable soirée. Diffusion lundi à minuit sur Future TV Encore de bonnes intentions, avec Spencer’s Mountain toujours de Delmer Daves. Adaptée d’un roman à succès de Earl Hammer Jr, l’histoire qui se déroulait dans le sud de la Virginie a été déplacée au Wyoming, pour des raisons évidentes. La nature y est splendide et somptueusement filmée. Henry Fonda incarne un père de famille menacé par la pauvreté. Il a une ferme et peine pour travailler une terre qui suffit à peine à subvenir à ses besoins. Or, voici que le fils aîné décide de poursuivre ses études universitaires et pour pouvoir payer les frais de l’éducation, le père est prêt à tous les sacrifices. Les bonnes intentions ne suffisent malheureusement pas à rendre cette histoire totalement crédible même si Henry fonda est l’exemple-type de l’honnête homme. Diffusion mardi à minuit sur Future TV Avec A Little Romance, George Roy Hill renoue avec un genre dans lequel il signa une véritable réussite avec The World of Henry Orient. Le monde de l’adolescence est au centre de A Little Romance, et si ce film est moins réussi que le précédent, cette petite amourette ne manque pas de saveur. L’action se déroule à Paris. Une jeune Américaine surdouée s’éprend d’un jeune garçon français de son âge et de son niveau. Les deux adolescents décident de prendre la fuite ensemble, chaperonnés par un vieux Français bougon et astucieux. Laurence Olivier est particulièrement adorable dans ce rôle-là et il vole aisément la vedette aux deux jeunes interprètes du film. Diffusion mercredi à minuit sur Future TV Le comédien anglais Dudley Moore eut son heure de succès et Lovesick est un des nombreux films qu’il tourna à cette époque-là. Ni un de ses meilleurs ni un des pires. Il y incarne, sous la direction de Marshall Brickman, un psychiatre qui a une clientèle pour le moins hétéroclite. Débarque un jour chez lui une jeune et charmante personne dont il tombe, bien entendu, follement amoureux... Cette comédie est pour le moins anémique, malgré la présence à l’antenne de formidables acteurs : Alec Guinness en Sigmund Freud, John Huston et Gene Sacks, deux metteurs en scène reconvertis en acteurs, et la ravissante Elizabeth McGovern. Se détache du lot Ron Silver qui fait une savoureuse parodie de Al Pacino... Pour le reste : on peut s’endormir sur le sofa du psychiatre. Diffusion jeudi à minuit sur Future TV Dans Stake Out de John Badham, Richard Dreyfus et Emilie Estevez font équipe. Ils incarnent deux policiers : le premier Chris Lecce est caustique à ses heures, teigneux en permanence. Le second, Bill Reimers est un éternel adolescent, un rien naïf. C’est certainement l’équipe la plus pittoresque de la police de Seattle. Afin de pouvoir mettre la main sur un caïd, ils sont chargés de surveiller jour et nuit une jolie jeune femme qui serait la maîtresse de l’homme. Mais, pour son malheur, Chris tombe amoureux de celle qu’il est chargé de surveiller... Tout cela n’a pas beaucoup de sens mais l’ensemble est sauvé par une mise en scène alerte, des acteurs sympathiques et un dialogue à l’emporte-pièce. Un divertissement très acceptable. Diffusion vendredi à 21h30 sur Future TV Pour chacun d’entre nous, Mutiny On the Bounty, c’est avant tout le film magnifique tourné en 1935 par Frank Lloyd, avec Clark Gable, Charles Laughton et Franchot Tone. Cette nouvelle version, qui coûta dix fois le prix de la précédente, faillit couler la Metro-Goldwyn-Mayer, qui la produisit, et l’aventure du film est presque aussi mouvementée que celle qu’il raconte... Sir Carol Reed, le réalisateur du The Third Man, est tout d’abord choisi comme metteur en scène. Il travaille plusieurs semaines sur le film, sans voir Marlon Brando, qui refuse continuellement de se rendre aux répétitions. Excédé, Carol Reed laisse la place à Lewis Milestone, dont la tâche n’est pas plus facile. Sur le plateau, Marlon Brando se comporte en véritable dictateur et, en plein milieu du tournage, alors qu’une grande partie des scènes sont déjà «en boîte», il propose soudain de quitter le personnage de Fletcher Christian pour jouer celui de John Mills qu’interprète Richard Harris ! La longueur du tournage et les dépassements budgétaires inquiètent les dirigeants de la MGM, qui ne seront rassurés que par le – relatif – succès commercial du film. Aujourd’hui, celui-ci peut être vu avec plus de sérénité. Sans parvenir à retrouver le style et la chaleur de la précédente version, il réussit, en tout cas, à être un magnifique et somptueux récit d’aventures. La beauté des scènes maritimes (un nouveau «Bounty», plus grand d’ailleurs que l’original, fut spécialement construit à Lunembourg, en Nouvelle-Écosse), l’exotisme des séquences tahitiennes et la force de l’histoire contribuent à sa réussite. Les amateurs d’aventures ne seront pas déçus. Diffusion vendredi à minuit sur Future TV 48 Hours de Walter Hill fut un des gros succès des années 80. Il eut d’ailleurs une suite et contribua à faire de Eddie Murphy une vedette. La trame est pourtant classique : Billy, un gigantesque Indien, a aidé Ganz, tueur à demi-fou, à s’évader. Deux policiers vont les arrêter dans l’hôtel où ils s’étaient planqués et se font tuer. Pourtant l’inspecteur Cates, un cousin du collègue Harry, les avait prévenus et s’était proposé pour un coup de main. Malgré sa mauvaise réputation, on lui confie le soin – à condition qu’il n’y ait pas de vagues – d’arrêter Ganz. Celui-ci s’intéresse à cinq cent mille dollars planqués dans un garage qui n’ouvrira que le lundi. Cates n’a que 48 heures. Alors il découvre que l’un des trois gangsters, qui ont pris le magot, est en tôle. Le premier a été tué, le second voit son amie prise en otage. Cates fait libérer le troisième, un Noir, Reggie Hammond, et la chasse commence. Excellente scénariste, Walter Hill a signé comme réalisateur de nombreux succès. Ici, il réalise une de ces poursuites dont on se dit qu’on n’avait pas vu cela depuis des lustres. Alors que, bien sûr... Mais c’est mis en images et en rythme de main de maître, dès l’ouverture-évasion qui laisse littéralement assommé. Ça, c’est du cinoche ! Quand à l’antagonisme flic-truand, noir-blanc, on connaît. Mais l’analyse des rapports entre les deux hommes est parfois subtile (cf. le langage de chacun et son évolution, à l’humour grinçant). Peu vus au cinéma, Nick Nolte et Eddie Murphy sont fracassants de présence. Diffusion vendredi à minuit sur LBCI Major League est au base-ball ce que Police Academy est à la police : les hilarantes tribulations d’une poignée de lamentables recrues qui, contre toute attente, vont faire passer leur club, les Cleveland Indians, de la dernière à la première place. Pour réussir ce tour de force peu commun, David Ward, l’heureux scénariste de The Sting et de Milagro, a fait appel à Tom Berenger, un attrapeur dont les jambes sont aussi molles que ses amours, à Charlie Sheen, un punk «no future» égaré parmi les Cleveland Indians, et à Corbin Bernsen, un vétéran qui craint par-dessus tout de souiller son survêtement. Une belle équipe ! Le film a tellement amusé les américains qu’ils lui donnèrent deux suites. Vous trouverez cela certainement moins drôle ! Diffusion samedi à 20h00 sur Future TV
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