Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

Les Tibétains de la périphérie célèbrent avec ferveur le Nouvel An

Les Tibétains ont célébré dans une immense ferveur religieuse leur nouvel An dans la petite ville de Xiahe, où l’éloignement du Tibet central leur permet de sauvegarder leurs traditions. Pendant deux semaines, quelques 100 000 nomades venus des hauts plateaux voisins ont assisté à de spectaculaires cérémonies organisées à plus d’un millier de km de Lhassa, la capitale tibétaine. Venus parfois en se prosternant de tout leur long à chaque pas, les pèlerins ont envahi le monastère de Labrang dont ils ont tourné les 1 174 moulins à prières. Tserin, un garçon de 25 ans qui a passé cinq ans en Inde aux côtés du dalaï-lama, savoure les festivités de Xiahe, où la présence policière se fait discrète. «Il y a beaucoup moins de militaires qu’à Lhassa», explique-t-il. «Ici nous sommes entre nous, alors que Lhassa est devenue comme une ville chinoise». Pour Gérard Joudet, un spécialiste français de la culture tibétaine, les Chinois n’ont rien à craindre d’une sécession des régions tibétaines séparées du Tibet au début du XXe siècle et incorporées dans les provinces chinoises du Qinghai, Gansu, Sichuan et Yunnan. La région de Xiahe a donc largement échappé à la politique de sinisation lancée au Tibet central depuis le début des années 1990, explique-t-il. Mais la tension est aisément palpable entre les nomades tibétains vêtus de splendides costumes traditionnels et les touristes chinois qui tentent de les photographier. Quant aux jeunes lamas chargés du service d’ordre des cérémonies, ils n’hésitent pas à repousser brutalement ceux qui s’approchent de trop, comme les journalistes de la télévision nationale chinoise. «Ils racontent n’importe quoi. Si on leur dit que ça va mal, ils répètent que tout va bien», s’insurge Gombo, un fils de nomade reconverti en guide touristique. La ferveur est à son comble durant les trois derniers jours des festivités, qui démarrent dans cette partie du pays à partir du Nouvel An chinois. Les pèlerins assistent alors par milliers à l’exposition au flanc d’une colline d’une immense toile représentant le bouddha, hissée à bout de bras par des centaines de lamas. Lorsqu’apparaît son visage, les croyants jeunes et vieux se jettent à terre pour prier. Le lendemain, ils suivent pendant près de cinq heures les danses rituelles des lamas dont le visage est dissimulé par des masques. La foule se rend ensuite en procession jusqu’à un bûcher où sont jetés les «esprits mauvais» sous la forme de morceaux de viande. Pour s’assurer qu’ils ne reviendront pas pendant l’année nouvelle, les pèlerins font éclater des pétards, tandis que d’autres tirent en l’air à l’aide d’une kalachnikov. Dans une des cours du monastère où les lamas se rassemblent pour prier, les pèlerins cherchent dans la poussière des petits graviers censés incarner la dévotion des moines. «Ce n’est pas le même pays, ni la même langue ni la même culture», reconnaît Liu Hongjin, une touriste chinoise de 26 ans, tout en relevant que la plupart des Chinois connaissent mal le Tibet. Tserin, lui, n’a pas beaucoup de compassion pour les touristes chinois. «Ils viennent parce que c’est à la mode, pour faire comme les Occidentaux, mais ils ne s’intéressent pas vraiment au Tibet», accuse-t-il. Le jeune homme, qui a dû payer 224 dollars d’amende à son retour en Chine pour avoir quitté le pays clandestinement, assure pourtant qu’il n’a aucune haine pour le peuple chinois. Il espère que le dalaï-lama, le chef spirituel tibétain, pourra trouver un accord avec le régime de Pékin et revenir un jour à Lhassa. «Je compte bien assister à cela avant ma mort», ajoute-t-il.
Les Tibétains ont célébré dans une immense ferveur religieuse leur nouvel An dans la petite ville de Xiahe, où l’éloignement du Tibet central leur permet de sauvegarder leurs traditions. Pendant deux semaines, quelques 100 000 nomades venus des hauts plateaux voisins ont assisté à de spectaculaires cérémonies organisées à plus d’un millier de km de Lhassa, la capitale tibétaine. Venus parfois en se prosternant de tout leur long à chaque pas, les pèlerins ont envahi le monastère de Labrang dont ils ont tourné les 1 174 moulins à prières. Tserin, un garçon de 25 ans qui a passé cinq ans en Inde aux côtés du dalaï-lama, savoure les festivités de Xiahe, où la présence policière se fait discrète. «Il y a beaucoup moins de militaires qu’à Lhassa», explique-t-il. «Ici nous sommes entre nous, alors que...