L’UCPMB (organisation séparatiste albanaise) est d’accord pour s’asseoir à la table des négociations avec les représentants politiques albanais, face au pouvoir de Belgrade, afin de parvenir à une solution politique dans le sud-est de la Serbie. Le chef d’état-major de l’Armée de libération de Presevo, Medvedja et Bujanovac (UCPMB) – du nom de trois communes du sud de la Serbie à forte population albanaise –, Muhamet Xhemali, s’est dit «fier de l’union entre les forces politiques et militaires» de la guérilla et a affirmé que tous les commandants de l’UCPMB étaient d’accord pour négocier. Il a déclaré être prêt à arrêter les combats, mais «pas sans la libération des territoires (par les forces serbes) et l’intervention d’une force d’interposition». «Sous contrôle américain, ce serait préférable», a-t-il ajouté. Selon Muhamet Xhemali, les négociations doivent aboutir à une «réunification avec le Kosovo». «Même si on fait la guerre pendant dix ans, il faudra négocier un jour. Alors pourquoi ne pas le faire maintenant (...) avec une médiation de la communauté internationale», a déclaré le commandant Haxhiu, responsable de la zone de Konculj (près de Bujanovac). «Mais nous ne rendrons pas les armes tant que le problème ne sera pas résolu», a-t-il prévenu. Un accord de transition ne serait pas une bonne idée, a estimé le commandant Haxhiu. «Si c’est une solution transitoire, les problèmes peuvent renaître, il faut une conclusion définitive, mais cela dépend aussi du statut du Kosovo», a-t-il poursuivi. Selon lui, «la base des négociations est le référendum de 1992», qui indiquait qu’en cas de changement de frontières dans l’ex-Yougoslavie, la région de Presevo, Bujanovac et Medvedja devrait être rattachée au Kosovo, la province yougoslave à majorité albanaise administrée par l’Onu depuis juin 1999. Le référendum avait été plébiscité par les Albanais, mais n’avait pas été reconnu par Belgrade et la communauté internationale. Tahir Dalipi, membre du conseil politique de l’UCPMB, le KPPMB, a toutefois exprimé l’espoir de parvenir à une solution transitoire qui permettrait l’arrêt des combats. Pour lui, «le respect des droits de l’homme prime sur la souveraineté de l’État». Il verrait d’un bon œil l’arrivée d’une force d’interposition, contrôlée par la communauté internationale, qui assurerait la sécurité, telle la Force multinationale de paix au Kosovo (Kfor). Basés dans la zone terrestre de sécurité, une bande de territoire large de 5 km qui borde le Kosovo, les extrémistes albanais de l’UCPMB réclament le rattachement de la région à un «Kosovo indépendant». Belgrade a fait part mardi de sa disposition à discuter avec la guérilla albanaise d’un plan visant à enrayer la violence dans le sud de la Serbie: «Il faut s’entretenir avec ceux qui peuvent avoir de l’influence, positive ou négative (...). Si la communauté albanaise estime que les terroristes sont leurs représentants adéquats, alors un entretien est possible», a déclaré le Premier ministre serbe Zoran Djindjic. L’unification du camp albanais a été matérialisée par l’accord de Veliki Trnovac, lundi, qui définit une stratégie commune entre l’UCPMB, le KPPMB, le Parti démocratique unifié des Albanais (PBDSH) de Zeqirja Fazliu et le Parti d’action démocratique (PDD) de Riza Halimi, le maire de Presevo. La plate-forme politique pour les négociations est pratiquement terminée, mais quelques détails restent encore à régler, selon des sources de l’UCPMB.
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