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Actualités - Chronologies

L’économie : un pari perdu pour le sortant

Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Barak, a joué de malchance avec l’économie, devenue un handicap face à son rival de droite Ariel Sharon, alors qu’elle aurait pu être un atout maître. Durant les 14 premiers mois du gouvernement Barak, l’économie israélienne a connu une croissance au pas de charge qui a culminé au troisième trimestre de l’an dernier à 9 % en rythme annuel. Ce résultat sans précédent est dû surtout au boom de la haute technologie, qui a attiré un montant record d’investissements étrangers. Un exemple : les exportations électroniques et de logiciels ont grimpé en 2000 de 50 % pour atteindre 15 milliards de dollars. Israël, dont une centaine d’entreprises sont cotées à New York, a consolidé sa place dans le peloton de tête de la «nouvelle économie» mondiale. Mais tout s’est brutalement détraqué. En quelque mois, les entreprises de high-tech sont passées de mode avec la dégringolade du Nasdaq, l’économie américaine a commencé à donner des signes d’essoufflement et – surtout – le déclenchement de l’intifada (le soulèvement palestinien) fin septembre a brisé l’espoir de paix. Résultat: la croissance au dernier trimestre de 2000 a été négative. «Nous avons dû réviser à la baisse nos prévisions pour cette année», reconnaît un haut fonctionnaire des Finances sous couvert de l’anonymat. Après avoir tablé sur un taux de croissance de 4,5 %, les experts n’espèrent plus guère maintenant que 3 %, voire moins. Le patron des patrons, Oded Tira, est encore plus pessimiste puisqu’il envisage tout au plus une croissance de 1,9 %. Les images de violences dans les territoires palestiniens ont effrayé les touristes, qui préfèrent des destinations plus paisibles. En outre, le bouclage de ces territoires imposé par l’armée israélienne a frappé de plein fouet le bâtiment et l’agriculture en raison de l’absence des 120 000 Palestiniens qui venaient travailler chaque jour en Israël. Sur le front social, ce coup de frein devrait se traduire par une augmentation du chômage, de 8,8 % à 9,2 % cette année, selon M. Tira. Or M. Barak avait promis la création de 300 000 emplois en quatre ans. Seule une partie de cet engagement a été tenue. La réforme fiscale, le grand chantier économique de M. Barak, qui devait permettre d’imposer pour la première fois les profits boursiers et de réduire les impôts pour les classes moyennes, a été repoussée aux calendes grecques. Ces résultats décevants ont porté un sérieux coup au moral des Israéliens. Dans un récent sondage, 50 % d’entre eux estiment que la situation économique est «moins bonne qu’elle ne l’était en mai 1999», lors de l’élection de M. Barak, tandis que 27 % pensent qu’il n’y a pas de changement et que 11 % seulement évoquent une amélioration. Ce désenchantement explique l’absence de réactions du monde des affaires à la montée en force de M. Sharon, donné grandissime favori par les sondages. Pour l’instant, le candidat de la droite, qui mène campagne sur une ligne beaucoup plus dure vis-à-vis des Palestiniens, ne fait pas peur. «Le marché israélien et les entreprises ont déjà pris leur distance par rapport au processus de paix et les investisseurs étrangers qui voulaient prendre leurs précautions l’ont déjà fait depuis octobre», affirme Vered Meïr, responsable d’un fonds d’investissements.
Le Premier ministre israélien sortant, Ehud Barak, a joué de malchance avec l’économie, devenue un handicap face à son rival de droite Ariel Sharon, alors qu’elle aurait pu être un atout maître. Durant les 14 premiers mois du gouvernement Barak, l’économie israélienne a connu une croissance au pas de charge qui a culminé au troisième trimestre de l’an dernier à 9 % en rythme annuel. Ce résultat sans précédent est dû surtout au boom de la haute technologie, qui a attiré un montant record d’investissements étrangers. Un exemple : les exportations électroniques et de logiciels ont grimpé en 2000 de 50 % pour atteindre 15 milliards de dollars. Israël, dont une centaine d’entreprises sont cotées à New York, a consolidé sa place dans le peloton de tête de la «nouvelle économie» mondiale. Mais tout s’est...