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Actualités - Chronologies

Ariel Sharon expose ses priorités en cas de victoire

Le chef de la droite israélienne, Ariel Sharon, donné vainqueur du scrutin du 6 février pour le poste de Premier ministre, a exposé ses priorités en cas de victoire. M. Sharon a indiqué vouloir œuvrer, en premier lieu, pour la formation d’un «Cabinet d’union nationale, sérieux et responsable, avec les meilleurs», sans préciser comment il envisageait d’intégrer dans une même équipe des camps politiques radicalement opposés. «J’ai déjà réalisé (dans le passé) des choses qui semblaient à d’autres impossibles. Je suis, semble-t-il, bon dans les situations face auxquelles les gens lèvent les bras», a-t-il dit au quotidien Maariv. Il a réaffirmé dans ce contexte que son offre de confier le portefeuille de la Défense à son rival Ehud Barak, le Premier ministre travailliste sortant, dans un tel gouvernement tenait toujours. Porté par la vague de fond qui voit en lui l’homme fort capable de redonner aux Israéliens le sentiment de sécurité qu’ils ont perdu depuis les quatre mois que dure le soulèvement palestinien, il prend cependant en compte les attentes et les espoirs suscités par le processus de paix né des accords israélo-palestiniens d’Oslo de 1993. Israël fait face aujourd’hui à une «situation très compliquée. De nombreux dangers, d’un côté, et beaucoup d’espoirs, de l’autre (...) Le problème principal consiste à savoir comment affronter ces dangers et comment concrétiser ces espoirs», a-t-il souligné. Il prône en cas de victoire un règlement «par étapes» du conflit israélo-palestinien, les premières étant la «cessation de la violence» et «la réciprocité» avec les Palestiniens sur la question essentielle de la sécurité. «Un programme sécuritaire est corollaire d’initiatives diplomatiques. Israël réagit actuellement çà et là, de manière ponctuelle, mais ne mène pas de bataille déterminée contre la terreur», a-t-il dit, mettant en avant son expérience dans ce domaine. En 1969, général commandant de la région militaire sud, il avait brisé momentanément la résistance palestinienne dans la bande de Gaza par des liquidations d’activistes (lire par ailleurs). Il reconnaît que la situation a changé depuis et affirme n’avoir «nullement l’intention de retourner dans le secteur autonome» palestinien de Gaza. «Contrairement à d’autres, je connais le terrain comme ma poche (...) Le secret de ma réussite à l’époque est que j’ai su faire la distinction entre la population civile dont le souci était de vivre, travailler et ramener du pain à la maison, et les terroristes», a-t-il dit. «Aujourd’hui encore, je pense qu’il faut permettre à la population qui veut vivre en paix de ne pas attendre quatre heures à un barrage pour aller travailler en Israël, tout en opérant contre les terroristes avec des méthodes non conventionnelles, afin de les déstabiliser». Il a enfin écarté d’un revers de main les menaces de guerre agitées par son rival Ehud Barak, au cas où il serait élu. «Il n’y a aucune raison de parler de guerre. C’est quand même une chose étrange qu’un Premier ministre soit amené à agiter des menaces de guerre pour convaincre les électeurs à voter pour lui, comme s’il était l’homme qui nous a amené la paix. Barak n’a pas amené la paix mais les combats», a affirmé Ariel Sharon. «Il n’y aura pas de guerre. Les Arabes n’en veulent pas, ils connaissent la puissance d’Israël, et quant à nous, nous n’avons aucune raison de vouloir la guerre», a-t-il conclu. Une inclination à n’en faire qu’à sa tête Né en 1928 en Palestine de parents originaires de Biélorussie, M. Sharon a montré lors de sa carrière dans l’armée, où il s’est engagé à 17 ans et où il a été deux fois blessé, un goût prononcé pour les méthodes expéditives et une inclination à n’en faire qu’à sa tête. À la tête de l’unité 101 de commandos, puis des unités parachutistes, il lance des opérations punitives dont la plus sanglante se soldera par la mort d’une soixantaine de civils dans le village palestinien de Kibya, en 1953. En 1969, le général Sharon brise momentanément la résistance palestinienne dans la bande de Gaza par des liquidations d’activistes. Durant la guerre d’octobre 1973, il retourne la situation en faveur d’Israël sur le front égyptien en franchissant le canal de Suez et en encerclant l’armée égyptienne. Ministre de la Défense, il prépare et conduit en 1982 la désastreuse équipée du Liban, plaçant le gouvernement devant un fait accompli, selon chercheurs et historiens. Une commission d’enquête officielle conclura à sa «responsabilité indirecte» dans les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila, en septembre 1982. Une tache qu’il n’a jamais réussi à effacer.
Le chef de la droite israélienne, Ariel Sharon, donné vainqueur du scrutin du 6 février pour le poste de Premier ministre, a exposé ses priorités en cas de victoire. M. Sharon a indiqué vouloir œuvrer, en premier lieu, pour la formation d’un «Cabinet d’union nationale, sérieux et responsable, avec les meilleurs», sans préciser comment il envisageait d’intégrer dans une même équipe des camps politiques radicalement opposés. «J’ai déjà réalisé (dans le passé) des choses qui semblaient à d’autres impossibles. Je suis, semble-t-il, bon dans les situations face auxquelles les gens lèvent les bras», a-t-il dit au quotidien Maariv. Il a réaffirmé dans ce contexte que son offre de confier le portefeuille de la Défense à son rival Ehud Barak, le Premier ministre travailliste sortant, dans un tel gouvernement...