Après six jours de discussions à Taba (Égypte), négociateurs israéliens et palestiniens se sont séparés samedi soir sans parvenir à conclure sur aucun des grands dossiers abordés sur la base du plan de paix de l’ancien président américain Bill Clinton. Ce plan propose la création d’un État palestinien sur 100 % de la bande de Gaza, 95 % de la Cisjordanie, et les quartiers arabes de Jérusalem-Est, en échange de l’annexion par Israël de 11 quartiers de colonisation juifs à Jérusalem-Est et du maintien de 80 % des colons juifs en Cisjordanie dans des blocs d’implantations. En outre, les Palestiniens renonceraient au droit au retour en territoire israélien des réfugiés de 1948 et de leurs descendants, soit quelque 3,7 millions de personnes. Voici les positions des deux parties à l’issue des négociations de Taba : 1) Sur le statut de jérusalem-Est : Ce problème est en grande partie responsable de l’échec du sommet israélo-palestinien de Camp David en juillet et du déclenchement le 28 septembre de l’intifada (soulèvement palestinien) qui a fait 386 morts, des Palestiniens dans leur très grande majorité. À Camp David, le Premier ministre israélien Ehud Barak a brisé un tabou en proposant pour la première fois un partage de souveraineté sur la partie orientale (arabe) de la ville, occupée et annexée par l’État juif depuis 1967. Il a suggéré que les quartiers arabes périphériques passent sous souveraineté palestinienne et que les autres jouissent d’une très large autonomie. En contrepartie, les Palestiniens y auraient proclamé leur capitale et accepté une souveraineté israélienne sur 11 quartiers construits dans la partie occupée, où vivent 200 000 habitants juifs. À Camp David, M. Barak a aussi suggéré un statut spécial pour l’Esplanade des mosquées à Jérusalem-Est, qui abrite le troisième lieu saint de l’islam, construite sur le site du Temple juif détruit par les Romains en l’an 70, mais exclu une souveraineté palestinienne. M. Barak a proposé un «régime spécial» pour la Vieille Ville. 2) Sur les réfugiés palestiniens : La position de M. Barak à ce sujet, qui fait l’objet d’un large consensus en Israël, n’a pas changé depuis Camp David. Il propose qu’un nombre limité de plusieurs dizaines de milliers de réfugiés palestiniens puissent progressivement revenir en Israël dans le cadre d’un programme de réunification des familles dispersées. L’Autorité palestinienne maintient son exigence de la reconnaissance du droit au retour, prévu par la résolution 194 de l’Assemblée générale des Nations unies, mais se déclare prête à des assouplissements sur son application. 3) Sur le futur état palestinien : Accord : M. Barak a accepté le principe de la création d’un État palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, un lien entre ces deux régions devant être établi à travers le territoire de l’État juif. Désaccord : sur les pouvoirs du futur État. Les Palestiniens veulent un État ayant tous les attributs de la souveraineté, alors qu’Israël réclame sa démilitarisation, le contrôle de son espace aérien et de ses frontières extérieures. 4) sur les frontières : Israël refuse de revenir aux lignes d’armistice antérieures à la guerre de juin 1967, comme l’exigent les Palestiniens. Israël veut annexer trois ou quatre blocs d’implantations en Cisjordanie regroupant environ 80 % des quelque 200 000 colons juifs, et se dit prêt à abandonner ou à démanteler des implantations isolées.
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