Le calme et la stabilité ont continué de régner sur le marché des changes de Beyrouth où l’offre du dollar restait sensible sans pour autant dépasser les besoins des opérateurs en cette monnaie afin d’éviter une baisse brutale de ses cours. Cela étant et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette élargie d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert, qui a été fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999, devait être négocié à des cours légèrement inférieurs à ce taux. Il a, en effet, continué de fluctuer étroitement entre 1 505,50 et 1 506,50 LL jusqu’à la clôture des échanges interbancaires, après avoir ouvert entre 1 505,00 et 1 507,00 LL. Mais en l’absence de réelles motivations à l’offre et à la demande, le volume des transactions est demeuré faible, ne dépassant pas quelque sept millions de dollars entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place. Coup de frein à la hausse du dollar À l’étranger, l’euro est parvenu à se reprendre hier en fin de journée sur les marchés des changes internationaux, profitant des propos pessimistes du président de la Réserve fédérale (Fed) Alan Greenspan sur l’état de l’économie américaine. Il est repassé ainsi au-dessus du seuil de 0,92 dollar après avoir glissé sous cette barre pendant la matinée, jusqu’à 0,9125 dollar, pour la première fois depuis la mi-décembre. La monnaie européenne s’est donc reprise, quoique légèrement, en fin de journée, profitant des propos tenus hier par le président de la Fed devant la commission du Budget auprès du Sénat sur «le ralentissement très prononcé de l’économie américaine», qui suggère, selon les analystes, une nouvelle baisse des taux d’intérêt aux États-Unis lors de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed les 30 et 31 janvier. La croissance économique américaine est actuellement proche de zéro, a ajouté M. Greenspan, estimant cependant que la croissance au quatrième trimestre 2000 avait été très légèrement positive mais que les pressions inflationnistes étaient «exceptionnellement bien contenues». De fait, les analystes et les experts financiers étaient tous persuadés hier que la Fed va baisser ses taux, mais toute la question reste de savoir de combien en pourcentage. Si elle baisse son principal taux directeur d’un quart de point en pourcentage, le marché américain des actions risque d’être déçu, ce qui laisse parier les opérateurs sur une baisse d’un demi-point en pourcentage à 5,50 %, phénomène qui pourrait peser sur le dollar, comme ce fut le cas le 3 janvier quand la Fed avait surpris les marchés en réduisant son principal taux de 6,50 à 6,00 %. Toutefois, certains professionnels estiment qu’une nouvelle baisse d’un demi-point en pourcentage des taux américains n’est pas forcément négative pour le dollar dans la mesure où elle pourrait soutenir les marchés américains des actions d’un côté et, de l’autre, permettre à la Fed de prendre les choses en main pour remettre l’économie américaine sur les rails dès la seconde moitié de l’année. Dans ces conditions, l’euro risque de souffrir davantage, d’après ces mêmes milieux, d’autant qu’il est entré dans une phase de perte de confiance depuis le début de la semaine, après la révision à la baisse des perspectives de croissance des économies européennes en 2001 et en 2002 de 0,3 %. Cela d’autant qu’on venait d’apprendre hier de l’Office fédéral des statistiques allemand que les prix à la consommation de la première économie européenne ont progressé de 0,5 % en janvier, portant leur hausse en glissement annuel à 2,4 %, ce qui est de nature à compromettre la rentabilité réelle de l’euro devant l’impossibilité de relever son loyer dans la crainte de frapper l’économie européenne de récession. Compte tenu de toutes ces considérations, la reprise de l’euro est restée très limitée, hier, après les propos de Greenspan, faisant négocier le dollar à New York, comme suit : – 0,9215 pour un euro contre 0,9220, la veille – 1,4600 pour un sterling contre 1,4530 – 2,1225 DM contre 2,1215 – 7,1185 FF contre 7,1145 – 1,6550 FS contre 1,6590 – 2 101,25 lires contre 2 100,10 – 116,70 yens contre 117,80. Bourse de Beyrouth : légèrement soutenue À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été légèrement soutenue hier par la hausse des actions B de Bou Khalil Markets de 1 1/2 à 1 7/8 dollar dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a augmenté de 0,51 % à 64,65 points, tandis que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,72 points. Ce mouvement ne s’est pas accompagné d’activité avec au total quelque 19 446 actions négociées d’une valeur de 38 968 dollars seulement. Les Bourses américaines dans l’expectative Sur les places boursières internationales, les marchés américains des valeurs mobilières n’ont pas réagi hier à l’intervention du président de la Fed, les deux principaux indices maintenant leur cap, à la baisse pour le Nasdaq et à la hausse pour le Dow Jones de Wall Street. La Bourse électronique Nasdaq a perdu du terrain dans le sillage de Corning et plus généralement des fabricants de fibre optique et de matériel de réseau. En revanche, Wall Street a profité hier de la bonne progression des pharmaceutiques dont la plupart ont publié leurs résultats dans la matinée en ligne avec les prévisions des analystes. Pourtant, les investisseurs se sont montrés plus ou moins rassurés après que Greenspan se fut déclaré favorable aux baisses d’impôts de l’ordre de 1 600 milliards de dollars proposées par le président George W. Bush, estimant qu’elles n’empêcheront pas les États-Unis de rembourser leur dette. Mais ils se sont montrés plus préoccupés de son affirmation que la croissance aux États-Unis était actuellement proche de zéro bien que les pressions inflationnistes soient toujours bien contenues. Cela étant et dans l’attente de la nouvelle baisse des taux américains, qui sera décidée mercredi prochain par le comité de politique monétaire de la Fed et dont les avis sont partagés sur son ampleur, l’indice composite Nasdaq a dû revenir au-dessous de la barre des 2 800 points, pendant que l’indice Dow Jones des industrielles fluctuait entre un plus bas à 10 633,44 points et un plus haut à 10 778,72 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 705,52 points, en hausse de 58,55 points sur la veille. Hésitation des Bourses européennes Les marchés d’actions européens ont terminé sur une note hésitante jeudi, incertains à la fois sur les résultats des entreprises, sur l’orientation des taux d’intérêt de part et d’autre de l’Atlantique et sur le sentiment de Wall Street. À la clôture, l’indice Eurotop 300, paneuropéen, était pratiquement stable avec une infime hausse de 0,1 % à 1 542,74 points, tandis que l’Euro Stoxx 50, limité à la zone euro, avançait de 0,16 % à 4 781,08 points. Londres, Helsinki et Bruxelles ont terminé en baisse, Paris en hausse. «Le marché monte et baisse en fonction du centre d’intérêt des investisseurs : sur les résultats des entreprises ou sur les perspectives de baisse des taux», a raconté Jamie Sandison, gérant chez Edinburgh Fund Managers. La semaine dernière, l’affaire était faite, on allait avoir une baisse de 50 points de base des taux directeurs américains. Maintenant, certains craignent que la réduction ne soit que de 25 points de base. Les dernières craintes concernant les résultats des entreprises se sont concentrées autour du fabricant de câbles en fibres optiques Corning. Le groupe américain a déclaré que le marché des télécoms pourrait ralentir au premier trimestre. Ces perspectives décevantes ont fait baisser de 1,02 % l’indice européen des valeurs technologiques. Les équipements télécoms Marconi, Alcatel et Nokia ont perdu respectivement 4,90 %, 4,69 % et 2,8 %. En revanche, Ericsson a gagné 4,4 % à la veille de la publication de ses résultats. Les résultats de Nokia sont prévus pour mardi prochain. Tokyo : rechute de la cote La Bourse de Tokyo a clôturé jeudi en baisse de 0,6 % dans un marché attentiste et fébrile à quelques heures du discours du président de la Réserve fédérale américaine Alan Greenspan sur l’état de l’économie américaine devant le Sénat. L’indice de référence Nikkei 225 a terminé sur une baisse de 90,20 points à 13 803,38 points. L’indice Topix cédait 3,68 points à 1 300,39 points. Le volume des transactions est resté faible et s’est contracté à 547 millions d’actions négociées contre 611,1 millions mercredi. «Il n’y a pas de réelle incitation à l’achat ou à la vente», notait Katsuhiko Kodama, responsable de la division courtage de Tokyo Securities. «Les opérateurs et les petits investisseurs attendent une décrue du prix des actions, surtout après le rebond du Nikkei la semaine dernière», a ajouté cet opérateur. Les investisseurs attendent fébrilement l’allocution de M. Greenspan et un signal de sa part permettant d’espérer l’annonce d’une baisse de 0,5 point (de pourcentage) des taux d’intérêt, mardi à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire de la Fed. «Si (M. Greenspan) annonce implicitement le statu quo monétaire, le marché sera affecté», a expliqué M. Kodama. Les investisseurs asiatiques attendent par ailleurs les mesures que prévoit d’annoncer le Parti libéral démocrate (au pouvoir) pour soutenir le marché, notait Masakazu Kimura, responsable du courtage chez Tsubasa Securities. «Dans l’attente de la réunion de la Fed (mardi prochain), les opérateurs japonais sont incapables de trouver vendeurs ou acheteurs sur le marché», observait cet opérateur. «Le Nikkei s’oriente à la baisse car plusieurs institutionnels continuent de se défaire de leurs participations croisées» avant le terme de l’exercice fiscal, «affectant ainsi l’équilibre entre offre et demande», a-t-il expliqué. «La séance était très calme en l’absence d’orientation claire du marché et il n’y a eu aucun mouvement franc d’achat».
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