Il aura fallu huit mois en 1998 au président Bill Clinton pour avouer devant la justice et les Américains avoir eu une liaison pendant quelques mois en 1996-97 avec une jeune stagiaire à la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, deux fois plus jeune que lui. Mais malgré plusieurs actes publics de contrition, il n’a jamais été jusqu’au bout de ses aveux ni reconnu avoir délibérément menti. Pourtant, le 26 janvier 1998, après une semaine de premières révélations médiatiques sur ses rapports avec la jeune Californienne, M. Clinton avait été catégorique devant la presse. «Je n’ai pas eu de relations sexuelles avec cette femme, Mlle Lewinsky (…) ces allégations sont fausses», avait-il assuré devant les caméras. Cette image restera le premier temps fort de quatorze mois d’un scandale qui entraînera pour la seconde fois dans l’histoire du pays une procédure de destitution présidentielle pour parjure et entraves à la justice. Car neuf jours plus tôt, il avait tenu des propos similaires en déposant sous serment devant les avocats d’une autre jeune femme, Paula Jones, qui avait porté plainte contre lui pour harcèlement sexuel lorsqu’il était encore gouverneur d’Arkansas. Devant les preuves irréfutables accumulées par le procureur indépendant Kenneth Starr, Bill Clinton finit le 17 août 1998 par avouer au pays, après une pénible déposition judiciaire, avoir eu une «relation déplacée» avec Monica Lewinsky. «Mais ces rencontres ne comportaient pas de pénétration sexuelle», précise-t-il, en «regrettant profondément» avoir par ses déclarations antérieures «induit les gens en erreur, et même ma femme». Mais il laisse aussi libre cours à sa colère en dénonçant l’enquête du procureur Starr, dont le rapport rendu public quelques semaines plus tard jettera une lumière très crue sur la libido présidentielle. Soucieux de projeter un repentir réel, Bill Clinton s’affiche alors régulièrement avec des conseillers spirituels pendant que le Congrès examine l’opportunité d’une destitution. Le 11 septembre 1998, lors d’un petit déjeuner de prières, il reconnaît «avoir péché» et «demande pardon à tous ceux (qu’il a) blessés», y compris Monica Lewinsky et sa famille. Le 11 décembre suivant, huit jours avant le vote de destitution à la Chambre des représentants (Chambre basse du Parlement), il exprime à nouveau ses «profonds remords» en public, mais laisse entendre qu’il ne mérite pas d’être chassé du pouvoir. Le 19 décembre 1998, la Chambre basse retient deux chefs d’accusation contre lui – parjure et entrave à la justice – et autorise son procès au Sénat (Chambre haute) qui l’acquittera le 12 février 1999.
Il aura fallu huit mois en 1998 au président Bill Clinton pour avouer devant la justice et les Américains avoir eu une liaison pendant quelques mois en 1996-97 avec une jeune stagiaire à la Maison-Blanche, Monica Lewinsky, deux fois plus jeune que lui. Mais malgré plusieurs actes publics de contrition, il n’a jamais été jusqu’au bout de ses aveux ni reconnu avoir délibérément menti. Pourtant, le 26 janvier 1998, après une semaine de premières révélations médiatiques sur ses rapports avec la jeune Californienne, M. Clinton avait été catégorique devant la presse. «Je n’ai pas eu de relations sexuelles avec cette femme, Mlle Lewinsky (…) ces allégations sont fausses», avait-il assuré devant les caméras. Cette image restera le premier temps fort de quatorze mois d’un scandale qui entraînera pour la seconde...
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