La Corée du Nord sur laquelle, depuis des décennies, les diplomates les plus chevronnés et les plus retors se sont cassé les dents, ne fera pas de cadeau au nouveau président américain George W. Bush, estiment les spécialistes sud-coréens. Pour le chef de l’Exécutif américain, qui a reconnu manquer d’expérience en matière de politique étrangère, la Corée du Nord et son «Grand Leader» Kim Jong-Il pourraient constituer l’un des grands défis après le problème du Proche Orient. Le programme balistique nord-coréen est mis en avant comme l’une des principales justifications au projet de bouclier antimissiles (NMD), que le nouveau président américain est déterminé à développer même s’il constitue une pomme de discorde parmi les dirigeants de la planète. Le dirigeant de la Corée du Nord est avide d’obtenir aide et reconnaissance des États-Unis, mais l’antagonisme entretenu à Pyongyang vis-à-vis de Washington est légendaire. Pour sa part, le gouvernement sud-coréen est très préoccupé par la tentation de fermeté de la nouvelle administration américaine à l’égard du régime communiste de Pyongyang, qui saperait tous les efforts de réconciliation entrepris ces derniers mois sur la péninsule coréenne, expliquent les experts. Le projet NMD préoccupe également les principaux alliés de Washington. Le président sud-coréen Kim Dae-Jung souhaite que Séoul travaille en étroite collaboration avec la nouvelle administration américaine, afin que ses efforts pour surmonter la méfiance entre les deux Corées ne soient pas réduits à néant. Le président sud-coréen fait pression afin d’être reçu au plus vite à Washington et, selon certaines indiscrétions, ce voyage pourrait avoir lieu en mars. Kim Dae-Jung ne cesse de mettre l’accent sur les progrès accomplis par la Corée du Nord pour mettre un terme aux hostilités entre les deux pays. La guerre de Corée entre le Nord communiste et le Sud pro-occidental s’est terminée en 1953 et pourtant aucun traité de paix n’a été signé à ce jour. Quelque 37 000 soldats américains sont toujours maintenus en Corée du Sud afin de prévenir toute nouvelle tentative d’invasion par les armées du Nord. La semaine dernière, le président Kim avait relevé une baisse de tension perceptible le long de la zone démilitarisée séparant les deux pays. Il avait rappelé que Kim Jong-Il acceptait maintenant la présence de troupes américaines dans la péninsule afin de garantir un équilibre militaire dans la région. Toutefois, selon Yu Suk-Ryul, de l’Institut des Affaires étrangères et de sécurité nationale à Séoul, le gouvernement sud-coréen craint que la politique d’apaisement vis-à-vis du Nord ne soit réduite à néant par la nouvelle administration américaine. Ce spécialiste souligne également la peur éprouvée à Séoul d’une relance de la course aux armements dans la région que pourrait enclencher la mise en route du projet NMD par le gouvernement Bush. «Kim va faire savoir que Séoul veut poursuivre sa politique de réconciliation en coopération étroite avec Washington», estime M. Yu. «Il dira à Bush qu’il ne serait pas prudent de demander une stricte réciprocité dans la négociation avec le Nord et qu’une position intransigeante pourrait avoir des conséquences négatives», ajoute-t-il. De son côté, le ministre des Affaires étrangères et du Commerce sud-coréen, Lee Joung-Binn, fait valoir que certains changements dans l’attitude américaine à l’égard de la péninsule coréenne sont inévitables. Mais il faudra, selon lui, du temps au nouveau président pour constituer ses équipes chargées de la diplomatie et de la sécurité. De ce fait, estime-t-il, «la politique du gouvernement Bush envers la Corée du Nord pourrait être quelque peu imprécise dans un premier temps».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Corée du Nord sur laquelle, depuis des décennies, les diplomates les plus chevronnés et les plus retors se sont cassé les dents, ne fera pas de cadeau au nouveau président américain George W. Bush, estiment les spécialistes sud-coréens. Pour le chef de l’Exécutif américain, qui a reconnu manquer d’expérience en matière de politique étrangère, la Corée du Nord et son «Grand Leader» Kim Jong-Il pourraient constituer l’un des grands défis après le problème du Proche Orient. Le programme balistique nord-coréen est mis en avant comme l’une des principales justifications au projet de bouclier antimissiles (NMD), que le nouveau président américain est déterminé à développer même s’il constitue une pomme de discorde parmi les dirigeants de la planète. Le dirigeant de la Corée du Nord est avide...