L’offre du dollar s’est sensiblement développée hier, à Beyrouth, avec le retour au calme sur le front politique intérieur, et ce dans un marché sur lequel la demande en cette monnaie ne devait guère dépasser le cadre des besoins commerciaux courants des opérateurs. Cela étant et compte tenu du maintien par la Banque du Liban (BDL) de sa fourchette d’intervention entre 1 501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert continuait à être fixé au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis le 9 septembre 1999. Mais après que l’offre l’eut emportée sur la demande, le dollar devait se négocier au-dessous de ce niveau dans les transactions interbancaires, soit entre 1 504,50 et 1 505,50 LL, après avoir ouvert entre 1 507,00 et 1 509,00 LL, ont indiqué les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires est resté généralement très mince hier en raison de la réticence de la demande. Il aurait atteint seulement quelque huit millions de dollars, entièrement placés à l’achat et à la vente par les banques de la place, dans un marché équilibré de lui-même. Légère reprise du dollar à l’étranger À l’étranger, le billet vert a repris un peu de terrain contre l’euro, le repoussant sous le seuil de 0,94 dollar hier sur les marchés des changes internationaux, même si certains analystes estiment que la monnaie européenne reste bien soutenue sur le long terme. L’euro s’est donc replié sous le seuil de 0,94 dollar, plusieurs opérateurs corrigeant leurs positions après avoir acheté en grand nombre de la devise européenne depuis fin décembre, ont noté des analystes à Londres. Selon ces mêmes milieux, le marché a anticipé un peu trop vite une récession aux États-Unis et il est en train de corriger le tir maintenant. Toutefois, ils ont ajouté que le marché restait confiant dans l’avenir à moyen terme de l’euro. Cela d’autant que des rumeurs sur un changement prochain de politique monétaire aux États-Unis, dans le sens d’un dollar plus faible pour soutenir l’économie américaine, ne cessent d’agiter le marché. À cet égard, certains investisseurs spéculant sur une remise en cause possible de la politique de dollar fort par le nouveau secrétaire américain au Trésor, Paul O’Neill, cherchaient à fragiliser le marché du dollar qui s’est montré, par ailleurs, moins unanime à la hausse face à l’euro. Quoi qu’il en soit, nombre d’investisseurs ont été sensibilisés hier par l’annonce par l’Office fédéral allemand de statistiques selon lequel les chiffres du commerce de gros ont reculé de 0,3 % le mois dernier dans la première économie européenne, pour justifier l’abandon de l’euro au profit du dollar. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre de l’Office européen des statistiques (Eurostat) que le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a enregistré, en dernière révision, une hausse de 0,7 % au troisième trimestre 2000 contre 0,9 % au deuxième trimestre, témoignant de la fragilité de la croissance européenne. En plus, le dollar a été soutenu par un nouvel accès de faiblesse du sterling qui a souffert de la modération de l’inflation au Royaume-Uni. À cet effet, l’Office des statistiques nationales (ONS) a fait savoir hier que les prix à la consommation ont progressé de 0,1 % seulement le mois dernier, laissant penser que la Banque d’Angleterre pourrait diminuer ses taux d’intérêt dans les prochaines semaines. Cela étant, et abstraction faite de la reprise du yen dans le sillage de la Bourse de Tokyo qui lui a donné un coup de pouce, le dollar continuait à être soutenu face aux autres grandes monnaies, se négociant à New York comme suit : – 0,9410 pour un euro contre 0,9420 la veille à Londres – 1,4705 pour un sterling contre 1,4770 – 2,0785 DM contre 2,0765 – 6,9710 FF contre 6,9635 – 1,6355 FS contre 1,6350 – 2 057,70 lires contre 2 055,50 – 117,50 yens contre 118,90. Bourse de Beyrouth : repli de Solidere B À la Bourse de Beyrouth, la tendance a été affectée hier par le repli des actions B de Solidere de 7,00 à 6 7/8 dollars, dans un marché autrement stationnaire sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné 0,17 % à 63,66 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires se maintenait toujours à 141,72 points. Ce mouvement s’est produit encore une fois dans un volume d’affaires très mince avec quelque 11 682 actions négociées d’une valeur totale de 76 466 dollars. Volatilité des marchés américains Sur les places boursières internationales, la volatilité a prévalu hier sur les marchés américains des valeurs mobilières au lendemain d’une journée chômée pour la commémoration de la naissance du dirigeant noir Martin Luther King. Selon les professionnels, Wall Street rentre de son long week-end, ensorcelée, ennuyée et désorientée, après le léger recul enregistré vendredi dernier et dans l’attente de la publication cette semaine des premiers résultats de sociétés, pendant que la Bourse électronique Nasdaq éprouvait le besoin de souffler un peu après les gains qu’elle avait enregistrés. Les banques, qui ont été les premières à communiquer leurs résultats, voyaient leurs titres remonter un peu, après avoir reculé à l’ouverture, en raison de chiffres correspondant aux attentes des analystes malgré des résultats légèrement inférieurs aux prévisions de la Bank of America. Par ailleurs et en dépit de la hausse d’Intel, après l’acquisition d’Xircom, le secteur de la haute technologie s’est ressenti de l’annonce par Globalstar de la suspension du remboursement de ses crédits après avoir fait défaut sur un remboursement de 45 millions de dollars la veille. Par contre, le secteur automobile est parvenu à se soustraire aux informations citées par le New York Times, selon lesquelles Daimler-Chrysler devrait supprimer des milliers d’emplois afin de redresser sa filiale américaine Chrysler. Compte tenu de toutes ces considérations, l’indice composite Nasdaq est revenu à moins des 2 600 points, alors que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait à la hausse entre un plus bas à 10 486,64 points et un plus haut à 10 627,04 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 10 597,40 points, gagnant 72,02 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes La faiblesse des technologiques et des télécoms a pesé sur les Bourses européennes mardi après-midi, alors que Wall Street affichait sa prudence dans l’attente de la publication de statistiques et de résultats de sociétés importants. Les modestes performances de l’agroalimentaire et des pharmaceutiques n’ont pas réussi à compenser la nervosité des technologiques, entretenues par la perspective d’un ralentissement de la croissance de l’économie mondiale. L’indice Eurotop 300, paneuropéen, a perdu 1,34 % à 1 496,58, tandis que l’indice Euro Stoxx 50, limité aux valeurs vedettes de la zone euro, a reculé de 1,46 % à 4 693,95. Avec un recul de 5,15 %, le britannique Marconi a figuré dans le groupe de tête des valeurs technologiques en baisse, après qu’UBS eut révisé à la baisse son objectif de cours, qui passe de 1 250 à 850 pence. Le fabricant de téléphones mobiles suédois Ericsson est également dans le rouge, tout comme son principal concurrent, Nokia. S&P a dit que la note d’Ericsson sera maintenue cette année seulement si ce dernier parvient à enregistrer un cash flow positif. Schroder Salomon Smith Barney a réduit son objectif de cours sur Nokia, doutant que les prévisions de croissance du secteur à moyen terme puissent être respectées. Les investisseurs veulent s’assurer que les sociétés américaines sont en mesure d’honorer leurs prévisions de bénéfices afin d’avoir une meilleure idée de la vitesse à laquelle ralentit l’économie américaine. L’action du groupe Kingfisher, numéro un de la distribution en Grande-Bretagne, a perdu 10,20 % en raison des craintes suscitées par ses marges, en dépit de ventes de Noël meilleures que prévu. Les analystes s’inquiètent notamment des performances de sa filiale française Castorama Dubois, en recul de 7,69 %. Tokyo : poursuite de la hausse La Bourse de Tokyo a continué mardi sa remontée en gagnant 0,6 %, aidée par la perspective de mesures gouvernementales pour soutenir le marché boursier, ont indiqué des opérateurs. L’indice de référence Nikkei 225 a progressé de 78,22 points pour terminer à 13 584,45 points, poursuivant ainsi sa hausse pour la troisième séance consécutive après avoir clôturé jeudi dernier au plus bas depuis 27 mois. Le marché a également été soutenu par l’annonce de Toyota d’un rachat d’actions pour une valeur de 250 milliards de yens (2,2 mds EUR, 2,1 mds USD), la plus grosse opération de ce type jamais réalisée en une seule fois au Japon selon le journal économique Nihon Keizai Shimbun. Dans un communiqué à la Bourse de Tokyo, le principal constructeur automobile japonais a indiqué qu’il va racheter et retirer de la circulation d’ici à mars 75 millions de ses actions sur un total de 3,744 milliards sur le marché au 31 décembre. Toyota a terminé la séance de mardi en très forte hausse alors que le marché ne progressait que de 0,6 %. Le titre a gagné 12,78 % à 3 970 yens. «Le programme de rachat d’actions a poussé l’action Toyota à la limite de sa marge maximum de hausse quotidienne, ce qui a profité parallèlement aux autres grosses valeurs du marché», a observé Muneyuki Ichihara, chef de la recherche sur les investissements chez Nomura Securities. L’indice élargi Topix a progressé de 18,84 points à 1 267,48. Le volume estimé des échanges a totalisé 619 millions d’actions contre 568,9 millions lundi. Le Nikkei a amorcé une reprise après des déclarations rassurantes du Premier ministre japonais Yoshiro Mori et d’informations de presse sur la prise de contre-mesures par le gouvernement pour soutenir le marché boursier. M. Mori avait indiqué dimanche lors d’une visite en Grèce que son gouvernement était prêt à étudier tous les moyens pour arrêter le mouvement de baisse à la Bourse, y compris la levée des restrictions sévères faites aux entreprises pour racheter leurs propres titres. Il s’agirait de leur permettre de les conserver plutôt que de les annuler comme l’a annoncé Toyota.
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