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Actualités - Chronologies

Lockerbie - Un coup de théâtre précipite l’évolution du procès

La défense des deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie a annoncé lundi à Camp Zeist (Pays-Bas) qu’elle ne présenterait plus de nouveaux témoins, renonçant ainsi à poursuivre plus avant le scénario alternatif d’une responsabilité palestinienne et ouvrant la voie à une conclusion rapide de ce procès-fleuve. À la surprise générale, William Taylor et Richard Keen, les deux avocats de la défense, ont annoncé qu’ils ne présenteraient plus de nouveaux témoins pour étayer leur thèse selon laquelle des groupes radicaux palestiniens sont à l’origine de l’attentat de Lockerbie et non la Libye. Les deux Libyens, Abdel Basset Ali al-Megrahi et al-Amine Khalifa Fhimah, sont accusés d’avoir acheminé depuis Malte la bombe qui a détruit un Boeing de la PanAm au dessus du village écossais de Lockerbie, faisant 270 morts le 21 décembre 1988. Depuis le début du procès en mai, la défense a présenté au total trois témoins contre quelque 230 pour l’accusation. L’annonce de la défense de mettre prématurément un terme à son argumentation a fait l’effet d’un coup de théâtre dans la petite cour écossaise installée à Camp Zeist, la surprise se peignant sur le visage du président Ranald Sutherland, un court moment décontenancé et ne sachant visiblement pas bien quelle suite donner au cours de la journée. La décision des avocats ouvre la voie à une conclusion rapide du procès. Le procureur devrait formuler son réquisitoire mardi. La défense présentera ses plaidoiries dans la foulée, sans doute mercredi. La date du verdict est à la discrétion des juges, mais il est vraisemblable qu’ils laisseront quelques jours aux familles des victimes pour se déplacer jusqu’à Camp Zeist, une ancienne base américaine située dans le centre des Pays-Bas. L’annonce des avocats est intervenue peu après que le procureur Colin Boyd eut informé la cour que les autorités syriennes avaient opposé une fin de non-recevoir à une requête officielle de coopération relayée à Damas par le gouvernement britannique. La cour souhaitait obtenir du gouvernement syrien un document écrit par un membre du FPLP-CG (Front populaire de libération de la Palestine - Commandement général) Mobdi Goban, alias «le professeur». Ce document viendrait étayer la thèse d’une implication palestinienne dans l’attentat notamment en apportant des éclairages nouveaux sur la fabrication de la bombe et la façon dont elle a été introduite dans le vol 103 de la PanAm. Après plusieurs rencontres entre des diplomates de l’ambassade britannique à Damas et les autorités syriennes, il est apparu clairement que «la cour ne verrait jamais la couleur de ce document s’il existe», a déclaré le procureur. Les autorités syriennes ont notamment fait valoir, avec insistance, que le gouvernement de Damas n’est pas le FPLP-CG. Les deux avocats n’ont donné aucune explication à leur décision et ils n’ont donc pas établi de lien entre la fin de non-recevoir opposée par Damas et la clôture de leur argumentation. Clare Connelly, juriste écossaise, qui suit le procès pour l’Université de Glasgow, estime que la décision de la défense peut se prêter à deux interprétations : soit les avocats estiment que l’argumentation de l’accusation est si faible que leurs clients seront de toute façon acquittés, soit au contraire ils n’ont pas eux-mêmes d’éléments suffisamment solides pour étayer la thèse d’une responsabilité palestinienne. Les deux Libyens avaient été livrés à la justice écossaise en avril 1999 au terme d’un intense marathon diplomatique et à la condition expresse de Tripoli que le procès se déroule dans un pays neutre. Les deux hommes plaident non coupables.
La défense des deux suspects libyens de l’attentat de Lockerbie a annoncé lundi à Camp Zeist (Pays-Bas) qu’elle ne présenterait plus de nouveaux témoins, renonçant ainsi à poursuivre plus avant le scénario alternatif d’une responsabilité palestinienne et ouvrant la voie à une conclusion rapide de ce procès-fleuve. À la surprise générale, William Taylor et Richard Keen, les deux avocats de la défense, ont annoncé qu’ils ne présenteraient plus de nouveaux témoins pour étayer leur thèse selon laquelle des groupes radicaux palestiniens sont à l’origine de l’attentat de Lockerbie et non la Libye. Les deux Libyens, Abdel Basset Ali al-Megrahi et al-Amine Khalifa Fhimah, sont accusés d’avoir acheminé depuis Malte la bombe qui a détruit un Boeing de la PanAm au dessus du village écossais de Lockerbie,...