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Actualités - Chronologies

Banques - La BRI supprime l’actionnariat privé

La vénérable Banque des règlements internationaux (BRI), fondée en 1930, a décidé hier, lors d’une assemblée générale extraordinaire à Bâle, de supprimer son actionnariat privé, qui a déjà fait part de son intention d’aller en justice pour réaliser cette opération. Selon Andrew Crockett, secrétaire général de la BRI, deux plaintes en justice ont déjà été déposées aux États-Unis, contre cette opération de rachat d’actions, annoncée en septembre 2000. Ces plaintes émanent d’un actionnaire individuel, et d’un fonds d’investissement, qui déclare représenter 9 000 actions. En outre, entre 30 et 40 lettres de protestation de petits actionnaires ont été envoyées à la BRI, a indiqué M. Crockett, et deux autres actions en justice seraient en préparation. «Nous avons fixé un prix équitable de 16 000 francs suisses (10 525 euros, ou 9 475 dollars) par titre, alors que les derniers cours cotés des titres avant cette annonce variaient entre 6 000 et 8 000 francs suisses», a déclaré pour sa part Urban Baeckstroem, président de la BRI et de la Banque nationale suédoise. Ces quelque 5 000 actionnaires privés contrôlant 13,5 % du capital de la BRI (72 000 actions), n’ont pas de droit de vote, et n’ont par conséquent pas assisté à l’assemblée générale de lundi. Les 49 Banques centrales actionnaires de la BRI contrôlent 86,5 % du capital et 100 % des droits de vote. Elles ont voté lundi à l’unanimité la suppression de l’actionnariat privé. «Nous contestons la compétence des tribunaux américains ou d’autres tribunaux pour ce dossier, seule la Cour arbitrale internationale de La Haye est compétente, comme le prévoient nos statuts», a indiqué Andrew Crockett. Si la Cour de La Haye devait décider une réévaluation de l’offre, celle-ci serait payée par la BRI à tous les actionnaires privés et pas seulement à ceux qui sont allés en justice, a encore indiqué M. Crockett. Les actionnaires réclament une nette hausse du prix proposé par la BRI, et avancent un prix de 19 000 USD (32 000 FS), fondé sur la valeur réelle des actifs de la BRI. Les actionnaires privés indiquent par ailleurs, que lors de la dernière émission de titres BRI, au printemps 2000, et destinée à 4 nouveaux membres, le prix était de 23 000 FS. La BRI rétorque à ces objections que ce prix de 23 000 FS tient compte du fait que ces actions ont un droit de vote, contrairement à celles qui sont rachetées aujourd’hui. Suite à la décision prise lundi, l’action BRI est définitivement rayée de la cote à la Bourse suisse et à Paris, après 70 ans d’existence. L’action BRI avait été cotée dès la première année de la fondation de la banque en 1930. Les actionnaires seront remboursés par retour de courrier, dès qu’ils auront envoyé leurs titres à la BRI. «Notre mission devient de plus en plus une mission d’intérêt publique et nous n’avons pas vocation à dégager un maximum de retour sur investissement comme les sociétés cotées en bourse», a déclaré M. Baeckstroem, pour expliquer la décision de la BRI de supprimer son actionnariat privé. «Nous avons pensé donner une bonne occasion à nos actionnaires privés de sortir du marché à un bon prix», a-t-il ajouté à propos du prix proposé de 16 000 FS. Le marché des titres BRI était très peu liquide et confidentiel. Ce marché était composé de titres émanant de trois émissions : l’émission américaine (33 078 actions) cotée à la Bourse suisse, l’émission belge (16 415 actions) cotée également en Suisse et l’émission française (23 155 actions) cotée à Paris, marché au comptant, section valeurs étrangères. Les actions ont été mises en Bourse par les Banques centrales des États-Unis, de la France et de la Belgique, qui ne voulaient pas à l’époque acheter tous les titres qui leur avaient été réservés. Dès leur mise en Bourse, ces actions étaient sans droit de vote. Cette action, indexée sur l’or, a perdu un tiers de sa valeur ces quatre dernières années, en raison notamment de la faiblesse du métal précieux.
La vénérable Banque des règlements internationaux (BRI), fondée en 1930, a décidé hier, lors d’une assemblée générale extraordinaire à Bâle, de supprimer son actionnariat privé, qui a déjà fait part de son intention d’aller en justice pour réaliser cette opération. Selon Andrew Crockett, secrétaire général de la BRI, deux plaintes en justice ont déjà été déposées aux États-Unis, contre cette opération de rachat d’actions, annoncée en septembre 2000. Ces plaintes émanent d’un actionnaire individuel, et d’un fonds d’investissement, qui déclare représenter 9 000 actions. En outre, entre 30 et 40 lettres de protestation de petits actionnaires ont été envoyées à la BRI, a indiqué M. Crockett, et deux autres actions en justice seraient en préparation. «Nous avons fixé un prix équitable de 16...