FRANCE - Libérable sous caution, Jean-Christophe Mitterrand resterait en prison
le 03 janvier 2001 à 00h00
La Cour d’appel de Paris a ordonné hier la remise en liberté de Jean-Christophe Mitterrand, écroué dans une affaire de trafic d’armes vers l’Angola, mais, selon son avocat, le fils de l’ancien président français «reste en prison», faute de pouvoir verser la caution demandée. M. Mitterrand «reste en prison parce qu’il n’a pas l’argent de la caution», soit 760 000 euros, demandée préalablement à sa remise en liberté décidée par la Cour, a indiqué Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui n’a pas précisé dans quels délais la somme pourrait être réunie. âgé de 54 ans, Jean-Christophe Mitterrand, ancien conseiller à l’élysée pour les affaires africaines de 1986 à 1992 sous la présidence de son père, François Mitterrand, est mis en examen (inculpé) et écroué depuis le 21 décembre notamment pour «complicité de trafic d’armes et trafic d’influence». La justice soupçonne M. Mitterrand d’avoir reçu d’importantes sommes d’argent pour faciliter la conclusion – via la société de droit français Brenco International et sans autorisation des autorités françaises – en 1993 et 1994, de contrats de ventes d’armes de l’ex-URSS, d’un montant global de plus de 500 millions de dollars, au régime du président angolais José Eduardo dos Santos. L’Angola est déchirée par une guerre civile opposant depuis 25 ans le régime dos Santos aux rebelles de l’Union nationale pour l’indépendance de l’Angola (Unita). M. Mitterrand a admis avoir perçu une rémunération de 13 millions de francs (1,98 million d’euros) sur un compte en Suisse, mais affirme que ces versements étaient liés à des opérations relatives à l’échange de crédits bancaires contre du pétrole angolais. L’avocate générale avait souligné mardi lors de l’audience que les sommes versées en Suisse sur le compte de Jean-Christophe Mitterrand étaient «extrêmement importantes pour une contrepartie qu’on cerne très mal». «Une commission rogatoire internationale en Suisse est en cours pour bloquer les comptes et faire des vérifications supplémentaires», avait-elle précisé. Me Versini-Campinchi avait demandé la remise en liberté de son client, en rappelant à l’audience que des avocats avaient déposé le 29 décembre 2000 des requêtes en nullité de la procédure. Le conseil de M. Mitterrand avait également contesté l’existence de trafic d’influence en France : «Où est la victime dans votre dossier ? L’État angolais ? Nulle part la France n’est intéressée dans ce dossier», avait-il affirmé. Selon l’avocat, le trafic d’armes, s’il a eu lieu, ne concerne pas la France car les armes n’ont pas transité par ce pays. L’arrestation et la mise en examen (inculpation) d’un homme d’affaires français, Pierre Falcone, dirigeant de la société Brenco International, impliquée dans des ventes d’armes sans autorisation en 1993 et 1994 au régime du président Dos Santos, a déclenché, début décembre, l’affaire Jean-Christophe Mitterrand. Des disquettes informatiques saisies chez M. Falcone ont ainsi dévoilé une liste de personnes et de sociétés rémunérées par sa société en marge de contrats d’armement. Outre le fils du défunt président, au nombre des personnalités citées figurent Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand, et un député européen de droite, Jean-Charles Marchiani, proche de l’ancien ministre de l’intérieur néogaulliste Charles Pasqua.
La Cour d’appel de Paris a ordonné hier la remise en liberté de Jean-Christophe Mitterrand, écroué dans une affaire de trafic d’armes vers l’Angola, mais, selon son avocat, le fils de l’ancien président français «reste en prison», faute de pouvoir verser la caution demandée. M. Mitterrand «reste en prison parce qu’il n’a pas l’argent de la caution», soit 760 000 euros, demandée préalablement à sa remise en liberté décidée par la Cour, a indiqué Me Jean-Pierre Versini-Campinchi, qui n’a pas précisé dans quels délais la somme pourrait être réunie. âgé de 54 ans, Jean-Christophe Mitterrand, ancien conseiller à l’élysée pour les affaires africaines de 1986 à 1992 sous la présidence de son père, François Mitterrand, est mis en examen (inculpé) et écroué depuis le 21 décembre notamment pour...
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