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Actualités - Chronologie

Un "chariot de feu" dès le XVIIIe siècle

L’automobile a connu un formidable essor à travers le XXe siècle, un objet de passion se transformant en élément indispensable de la vie courante, sans pouvoir éviter un certain retour de bâton. La toute première automobile est une invention d’un officier de l’armée française, qui crée à la fin du XVIIIe siècle le premier véhicule capable de se déplacer sur terre autrement qu’en étant tracté par un animal, raconte Serge Bellu dans Histoire mondiale de l’automobile (Flammarion). Ce «chariot à feu» conçu par Nicolas-Joseph Cugnot est destiné à tracter les canons, et il est mû par la vapeur. Sa chaudière, trop petite, ne peut cependant fonctionner qu’un quart d’heure. Il faudra attendre l’orée du XXe siècle, peu après l’invention du moteur à explosion par Étienne Lenoir, pour voir commercialisée la première voiture, en 1891 en France, par René Panhard et Émile Levassor. La première «exposition internationale de l’automobile» a lieu en 1898 à Paris, car l’industrie automobile française est alors dominante : sur près de 900 constructeurs en Europe, plus de 600 sont en France, grâce au dynamisme d’hommes tels qu’Armand Peugeot, Albert de Dion ou Louis Renault. Selon la revue Scientific American, il y avait en décembre 1899 seulement 688 voitures circulant aux États-Unis, contre 6 546 en France, 412 en Grande-Bretagne et 434 en Allemagne. Démocratisation Giovanni Agnelli fonde en 1899 la Fabbrica Italiana Automobili Torino (FIAT), tandis qu’en Angleterre, Charles Stewart Rolls s’associe en 1906 à Frederick Henry Royce. C’est l’époque des courses de ville à ville en Europe, et du premier «Grand Prix» qui a lieu près du Mans en 1906. Les Américains rattrapent leur retard, avec les Cadillac, Buick, Chevrolet, tandis que Henry Ford instaure le travail à la chaîne dans ses usines. Après la Première Guerre mondiale, la démocratisation débute. André Citroën s’oriente vers le modèle unique et la production en masse. La Citroën 10 HP, roulant à 65 km/h, se présente en 1919 comme la «première voiture française produite en grande série». Avec les années folles, la femme s’émancipe. Greta Garbo ou Joséphine Baker sont photographiées au volant. Bugatti, Delage, Hispano-Suiza rivalisent dans le luxe, sortant des voitures extravagantes. C’est aussi l’époque des aventuriers et des expéditions en Afrique et en Asie, telles la Traversée du Sahara puis la «croisière jaune». Mais aux États-Unis, l’automobile est frappée par la crise de 1929. La production tombe de 3,5 millions d’exemplaires en 1930 à 1,5 million en 1932, et les répercussions du krach se font sentir en Europe. Des deux côtés de l’Atlantique, les constructeurs renouvellent leur offre pour stimuler la consommation, Citroën lançant la traction avant en 1934. La notion de «voiture populaire» se développe en Allemagne, où Hitler somme Ferdinand Porsche de réaliser une «voiture du peuple», la future Volkswagen. En Italie, l’ingénieur Dante Giacosa conçoit la Fiat 500 tandis qu’en France, Citroën met au point la 2 CV. Les prototypes sont d’une simplicité extrême: on les démarre avec un lanceur, comme une tondeuse à gazon, et les sièges sont des sorte de hamacs. À l’autre bout du monde, les Japonais commencent juste, avec la fondation de Nissan Motor et de Toyota. C’est l’époque des premiers regroupements: Bentley est absorbé par Rolls-Royce, Delage par Delahaye. Après la Deuxième Guerre mondiale, Renault sort la 4 CV, Simca l’Aronde et Peugeot la 403 en 1955. Puis sont lancées en France la Renault 4, la Dauphine, la Simca 1000, la DS... Les constructeurs allemand Mercedes-Benz, italien Alfa Romeo, anglais Jaguar sortent des modèles sportifs, le suédois Volvo commence à exporter, les Américains innovent. L’automobile, instrument de liberté, se fait une place au soleil dans la société de consommation, avec cependant des à-coups pendant les chocs pétroliers de 1973 et 1979. En 1980, le Japon devient premier producteur mondial à la place des États-Unis, et trouve une parade aux quotas d’importations de voitures japonaises en installant des usines en Europe et aux États-Unis. Mais l’Asie est aujourd’hui frappée à son tour par la crise, et les difficultés financières de Nissan l’ont récemment conduit à s’allier à Renault, après les fusions de BMW et Rover, Volkswagen et Bentley, Daimler-Benz et Chrysler, Ford et Volvo Cars. L’essor de l’automobile n’est pas sans poser de problèmes, notamment en matière de sécurité routière. Ceux-ci ont mené notamment à l’instauration des limitations de vitesse, et incitent les constructeurs à mettre au point de nouveaux équipements (airbags etc).
L’automobile a connu un formidable essor à travers le XXe siècle, un objet de passion se transformant en élément indispensable de la vie courante, sans pouvoir éviter un certain retour de bâton. La toute première automobile est une invention d’un officier de l’armée française, qui crée à la fin du XVIIIe siècle le premier véhicule capable de se déplacer sur terre autrement qu’en étant tracté par un animal, raconte Serge Bellu dans Histoire mondiale de l’automobile (Flammarion). Ce «chariot à feu» conçu par Nicolas-Joseph Cugnot est destiné à tracter les canons, et il est mû par la vapeur. Sa chaudière, trop petite, ne peut cependant fonctionner qu’un quart d’heure. Il faudra attendre l’orée du XXe siècle, peu après l’invention du moteur à explosion par Étienne Lenoir, pour voir...