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Actualités - Chronologie

CONCERTS Quand le violoncelle et le clavier dialoguent

Toujours sur sa lancée des «Nuits artistiques de Beyrouth», de même que dans le cadre de «Beyrouth capitale culturelle du monde arabe» et célébrant la «culture descend dans la rue» (que de slogans pour un seul et même événement!), le centre-ville de Beyrouth a été le témoin, une fois de plus, aux ruines des thermes romains, d’un concert de musique classique animé par des musiciens arméniens venus en droite ligne d’Erevan. Au violoncelle, Tigran Mouradian(14 ans) et, au piano, Marine Margarian (18 ans). Très jeunes talents, à l’instar de Koryun Assatrian et Lilit Grigorian, dont l’étonnante et splendide prestation, malgré leur extrême jeunesse, l’autre soir, en ces mêmes lieux, a ravi l’auditoire. Au menu, un panaché d’œuvres allant de Bach à Haroutiounian en passant par Fauré, Popper, Saint -Saëns, Tchaikovsky, Glazunov, Chopin, Rachmaninoff et Dubra. L’élégie de Fauré, dont les premières mesures sont pleines d’une douce rêverie, cadrait parfaitement avec ce paisible décor de notre «médina» au cœur d’une nuit de juillet, avec pour fond de scène, d’un côté, la façade du Grand Sérail et, de l’autre, le clocher et le dôme de l’église des Capucins. La danse des elfes de Popper devait prendre le relais et souffler sur l’auditoire (religieusement) recueilli un esprit sylvestre chargé du murmure des arbres et du mystère ténébreux des forêts. Grâce et élégance de ce Cygne de Saint-Saëns où les accords et les notes ont la légèreté d’une aile blanche effleurant soyeusement les flots … Fougue et écriture musicale d’un cosmopolitisme raffiné est ce «Pezzo-Capriccioso» de Tchaïkovsky qui a empli l’air de rythmes et de mélodies vives et emportées mais où, curieusement, pointait en filigrane cette lancinante mélancolie qui n’a jamais déssaisi l’auteur de Casse-Noisette … Piété et ferveur avec l’Ave Maria de Bach-Gounod, air célèbre et célébré qu’on retrouve sur toutes les lèvres comme une prière, comme une ardente invocation céleste. Joie de vivre et cadence ferme et gaie pour cette «tarantelle» de Popper qui est une franche invite à la danse et à la bonne humeur. Atmosphère plus sombre et passionnée de Glazunov magnifiant l’Espagne et les intermittences du cœur à travers une languide sérénade à la … russe! Du pays de Sayat Nova cet Impromptu au charme slave et oriental de Haroutiounian. Si le piano de Marine Margarian accompagnait avec discrétion le violoncelle ou parfois prenait le devant ou se taisait pour mieux laisser à l’archet toute son éloquence, il est aussi des moments de gloire, de solitude où le clavier a rempli le ciel, tel un éblouissant feu d’artifice, de ses chromatimes perlés et de ses accords somptueux. Tout d’abord une Polonaise de Chopin et ensuite la valse n7 du voyageur polonais … Nostalgie poignante, vibrant nationalisme et notes virevoltantes parfois comme des lucioles dans le velours de la nuit, tout cela est toujours dans les lignes mélodiques du plus poète des princes du clavier… Rachmaninoff était aussi présent au tableau avec une étude brillante et à la technique ardue dont la pianiste a remarquablement triomphé. Pour terminer, une «étude» de Dubra où l’excercice de style devient un authentique morceau de concert et de bravoure. En bis, le jeune Mouradian a interprété une superbe «suite» de Bach en solo au violoncelle où les dernières notes se sont éteintes comme des étoiles fatiguées de clignoter dans leur froide mais si lumineuse solitude… Des salves d’applaudissements ont salué cette prestation que bien de «grands» envieraient… Les deux très jeunes musiciens se sont éclipsés bien modestement tirant la révérence et accordant à l’auditoire un large sourire, celui de talentueux élèves ayant merveilleusement exécuté leur «travail»…
Toujours sur sa lancée des «Nuits artistiques de Beyrouth», de même que dans le cadre de «Beyrouth capitale culturelle du monde arabe» et célébrant la «culture descend dans la rue» (que de slogans pour un seul et même événement!), le centre-ville de Beyrouth a été le témoin, une fois de plus, aux ruines des thermes romains, d’un concert de musique classique animé par des musiciens arméniens venus en droite ligne d’Erevan. Au violoncelle, Tigran Mouradian(14 ans) et, au piano, Marine Margarian (18 ans). Très jeunes talents, à l’instar de Koryun Assatrian et Lilit Grigorian, dont l’étonnante et splendide prestation, malgré leur extrême jeunesse, l’autre soir, en ces mêmes lieux, a ravi l’auditoire. Au menu, un panaché d’œuvres allant de Bach à Haroutiounian en passant par Fauré, Popper, Saint...