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Actualités - Chronologie

Pouvoir et opposition redoutent l'isolement de la Serbie

Le pouvoir de Slobodan Milosevic comme ses opposants craignent, pour des motifs opposés, que le sommet sur la stabilité dans les Balkans, d’où Belgrade sera absent, ne perpétue l’isolement de la Serbie aux dépens d’une population déjà réduite au minimum vital. Les autorités yougoslaves sont exclues de ce sommet, la communauté internationale leur refusant toute aide économique tant que le président Milosevic est au pouvoir. L’absence d’aide à la reconstruction d’un pays ravagé par onze semaines de bombardements de l’Otan préoccupe le pouvoir, qui redoute une révolte populaire, dont la vague actuelle de manifestations organisées par l’opposition ne pourrait être que le prélude. L’opposition serbe, de son côté, réprouve l’intransigeance de la communauté internationale. L’isolement de la Serbie, estime-t-elle, radicalisera le régime de M. Milosevic et l’incitera à réprimer, au besoin par la force, toute forme de contestation. La communauté internationale a choisi d’encourager les réformes engagées par la direction pro-occidentale du Monténégro – qui forme avec la Serbie la République fédérale de Yougoslavie (RFY) – et a invité son président Milo Djukanovic au sommet de Sarajevo. Dans l’entourage de M. Djukanovic, qui ne manque pas une occasion de marquer sa différence et de défier Belgrade dont il ne reconnaît pas l’autorité, on tient pour acquis qu’il participera à la réunion. Pour le Premier ministre serbe Mirko Marjanovic, «la reconstruction et le développement du sud-est européen et des Balkans n’ont pas de sens et ne sont pas possibles si l’on contourne la Serbie et la RFY». «Il ne peut y avoir de stabilité ni d’unification européenne si l’on exclut le plus grand pays de la région» des Balkans, fait valoir Ivica Dacic, porte-parole du Parti socialiste (SPS) de M. Milosevic. Le sommet de Sarajevo n’est, selon lui, qu’«une réunion des agresseurs contre notre pays». Soutenir les forces du changement démocratique L’opposition regrette de ne pas avoir été invitée à Sarajevo. «Une personnalité jouissant de la confiance des citoyens de la Serbie et faisant l’objet d’une sorte de consensus devrait participer à cette réunion», selon le Parti démocratique (DS) de Zoran Djindjic. Le DS, principale composante de l’Alliance pour des changements (SZP), qui réclame la démission de M. Milosevic, a cité le nom de Dragoslav Avramovic, ancien gouverneur de la Banque centrale yougoslave, aujourd’hui membre de la SZP. Laisser la Yougoslavie «pourrir dans l’isolement» conduirait à «une guerre civile entre ultranationalistes et adversaires du régime et à un conflit entre la Serbie et le Monténégro», estime l’Alliance civique (GSS, opposition). La communauté internationale se doit de «soutenir activement les forces du changement démocratique», selon la GSS, «seul moyen d’affaiblir Milosevic et de renforcer la stabilité de la région». La GSS se prononce pour «une aide à la reconstruction des infrastructures de base, centrales électriques, centrales de chauffage, voie ferrées, ponts», détruites par les frappes de l’Otan. Elle considère que la RFY devrait être réadmise au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et propose «une levée progressive des sanctions contre Belgrade en échange de concessions du pouvoir en matière de libertés démocratiques». Une telle approche permettrait, selon la GSS, de tenir «en 2000 mais pas avant» des élections générales sous contrôle international, y compris au Kosovo.
Le pouvoir de Slobodan Milosevic comme ses opposants craignent, pour des motifs opposés, que le sommet sur la stabilité dans les Balkans, d’où Belgrade sera absent, ne perpétue l’isolement de la Serbie aux dépens d’une population déjà réduite au minimum vital. Les autorités yougoslaves sont exclues de ce sommet, la communauté internationale leur refusant toute aide économique tant que le président Milosevic est au pouvoir. L’absence d’aide à la reconstruction d’un pays ravagé par onze semaines de bombardements de l’Otan préoccupe le pouvoir, qui redoute une révolte populaire, dont la vague actuelle de manifestations organisées par l’opposition ne pourrait être que le prélude. L’opposition serbe, de son côté, réprouve l’intransigeance de la communauté internationale. L’isolement de la Serbie,...