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Actualités - Chronologie

Soudaine embellie dans les relations franco-maghrébiennes

La succession du roi Hassan II, la politique d’ouverture du président algérien Abdelaziz Bouteflika et le règlement du contentieux avec la Libye créent des opportunités nouvelles dans les relations entre la France et le Maghreb. «Notre intérêt, c’est d’avoir les meilleurs rapports simultanés avec les trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc), et qu’ils s’entendent bien entre eux», a indiqué dimanche un haut responsable français, présent aux obsèques du roi Hassan II du Maroc. Les relations entre Paris et Rabat se sont nettement renforcées depuis l’arrivée à la tête du gouvernement marocain en février 1998 du socialiste Abderrahmane Youssoufi, chargé de mener une «politique d’alternance». Le gouvernement socialiste de Lionel Jospin n’a cessé depuis cette date de manifester ses bonnes dispositions vis-à-vis de Rabat, en multipliant les gestes financiers en faveur d’un pays en proie à de graves problèmes socio-économiques et surendetté. Le Maroc «sera pour nous demain comme hier un ami essentiel et un partenaire stratégique», a déclaré le ministre français des Affaires étrangères Hubert Védrine, au lendemain du décès de Hassan II. Paris s’attend notamment à ce que le nouveau roi du Maroc, Mohamed VI, poursuive et amplifie le processus de démocratisation initié à la fin du règne de son père. «Le Maroc est un pays qui est prêt à affronter la transition», estime le même responsable français qui note que ce pays, avec lequel «on a les meilleures relations qui soient, a beaucoup changé en 10 ans, et que l’alternance y a été très importante». La disparition du roi pourrait même accélérer l’amélioration des relations traditionnellement tendues avec l’Algérie, mais qui connaissent un net dégel depuis l’élection en avril du président Abdelaziz Bouteflika alors que la question du Sahara occidental ne semble plus constituer un point de fixation. La France est d’autant plus attentive à ce réchauffement qu’un important tournant vient d’être également amorcé dans les rapports entre Paris et Alger jusque-là «stagnants», selon l’euphémisme d’un diplomate français. Après le ministre français de l’Intérieur Jean-Pierre Chevènement qui s’était rendu en juin à Alger porteur d’un message du président Jacques Chirac au nouveau président algérien, Hubert Védrine s’y rendra à son tour cette semaine en «visite de travail». Outre les nombreux dossiers en suspens (relations bilatérales, visas, reprise des vols d’Air France), les entretiens Védrine-Bouteflika devraient également permettre de préparer la prochaine visite de M. Chirac à Alger ou du chef de l’État algérien à Paris, qui devrait consacrer le nouveau départ dans les rapports jusque-là difficiles entre les deux pays. D’ores et déjà, le ton a été donné surtout du côté algérien. M. Bouteflika a tout récemment souhaité un partenariat «tout à fait privilégié» avec la France tandis que M. Védrine – jusqu’à récemment soupçonné de «tropisme promarocain» par Alger – entend «dépassionner sans les banaliser» ses relations avec l’ancienne colonie. Et comme pour confirmer cette «lune de miel», profitant de leur présence dans la capitale marocaine, le président français Jacques Chirac et son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika se sont rencontrés dimanche en marge des funérailles du roi Hassan II. Leurs entretiens ont été qualifiés de «cordiaux» par l’Élysée. «Le président Chirac a rencontré Bouteflika à deux reprises et ils se sont entretenus dans une atmosphère très cordiale», a déclaré la porte-parole de l’Élysée, Catherine Colonna. «C’est un signe du renforcement des liens entre la France et l’Algérie», a-t-elle ajouté. «Les présidents Chirac et Bouteflika ont exprimé le souhait de se rencontrer dans d’autres circonstances. Les chances d’une autre rencontre interviendront dans le futur», a-t-elle dit. Enfin, la suspension des sanctions de l’Onu contre la Libye (l’autre puissance pétrolière du Maghreb avec l’Algérie) et le règlement du contentieux juridico-financier entre Paris et Tripoli devraient également être mutuellement profitables aux deux pays, surtout au plan économique. D’immenses projets d’infrastructures sont en effet en cours de préparation ou de réalisation en Libye, qui, contrairement aux autres pays du Maghreb, ne semble pas connaître de problèmes financiers. Paris avait conditionné la normalisation de ses relations avec Tripoli à l’indemnisation des victimes françaises de l’attentat contre un avion de l’UTA en 1989 qui avait fait 170 morts. C’est désormais chose faite, la Libye ayant versé à la mi-juillet son dû qui se monte à 210 millions de francs (30,49 millions d’euros). Cette embellie – en même temps que les rapprochements, en gestation entre les pays du Maghreb – devrait permettre à la Libye de rejoindre les accords d’association entre les pays de la région (Maroc, Tunisie) et l’Union européenne. L’Algérie a, pour sa part, entamé des négociations d’adhésion à ces accords.
La succession du roi Hassan II, la politique d’ouverture du président algérien Abdelaziz Bouteflika et le règlement du contentieux avec la Libye créent des opportunités nouvelles dans les relations entre la France et le Maghreb. «Notre intérêt, c’est d’avoir les meilleurs rapports simultanés avec les trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc), et qu’ils s’entendent bien entre eux», a indiqué dimanche un haut responsable français, présent aux obsèques du roi Hassan II du Maroc. Les relations entre Paris et Rabat se sont nettement renforcées depuis l’arrivée à la tête du gouvernement marocain en février 1998 du socialiste Abderrahmane Youssoufi, chargé de mener une «politique d’alternance». Le gouvernement socialiste de Lionel Jospin n’a cessé depuis cette date de manifester ses bonnes...