Le roi Hassan II, officiellement mort vendredi 23 juillet à 16h00 GMT d’une crise cardiaque à la suite d’une pneumopathie aiguë, était déjà cliniquement mort lorsqu’il a été transporté le même jour peu avant 13h00 GMT à l’hôpital civil Avicenne de Rabat, a-t-on appris auprès d’une source médicale sûre qui a refusé d’être identifiée. Le souverain, précise-t-on, se trouvait dans son palais de Skhirat, à une vingtaine de kilomètres de Rabat, lorsqu’il a été soudain pris de frissons et a ressenti une gêne au niveau de la gorge. Mercredi, il avait reçu à dîner, en pleine forme, le président yéménite Ali Abdallah Saleh. Les deux hommes avaient discuté et plaisanté jusqu’à une heure avancée de la soirée. Vendredi à 03h50 GMT, le roi Hassan II, gêné mais semble-t-il sans inquiétude, réveille par téléphone son oto-rhino-laryngologiste traitant, le colonel-major Boumehdi, inspecteur général de la santé. Il lui explique ses malaises et lui demande de passer le voir «vers huit heures». Dix minutes plus tard, à 04h00 GMT, le monarque souffre soudain d’un trouble de son rythme cardiaque. Il est alors immédiatement transporté, dans la nuit, à la clinique royale de Rabat, qui se trouve dans l’enceinte du palais royal. Mais, ici encore, son état de santé n’a pas été perçu comme dramatique puisque ses médecins ont estimé qu’il n’était pas nécessaire de la transporter à l’hôpital Avicenne, où il est finalement mort. Pour eux, l’équipement de la clinique royale, il est vrai très sophistiqué, devait être suffisant. En fin de matinée, le roi perd soudain connaissance, puis tombe dans le coma. Ses médecins paniquent, l’intubent et décident de le faire transporter de toute urgence, par ambulance, à l’hôpital Avicenne. Immédiatement ventilé, le roi Hassan II est placé sous surveillance cardiorespiratoire, mais il est déjà dans un état de coma dépassé, pratiquement cliniquement mort. Ce coma est en effet de «stade 4», c’est-à-dire que son cœur et ses poumons ne répondent plus. Son entourage envisage quand même de l’envoyer d’urgence à Paris, à l’hôpital de la Salpêtrière où des contacts ont été pris, mais il est déjà intransportable. Entre 13h00 et 16h00 GMT, tous les moyens de réanimation sont tentés. Le cœur du monarque repart, mais avec des dysfonctionnements et, à 16h00 GMT, son rythme cardiaque devient définitivement plat. Les médecins tentent encore de le réanimer pendant une trentaine de minutes, mais en vain. Pendant toute cette épreuve, et dès le palais de Skhirat, le roi Hassan II a eu à ses côtés son plus fidèle serviteur, Driss Basri, son ministre de l’Intérieur. Celui-ci ne l’a pas quitté et se trouvait à ses côtés lorsque les médecins ont définitivement renoncé à tenter de sauver le souverain. Une énigme demeure : que s’est-il réellement passé, dans la matinée, à la clinique royale de Rabat ? De très bonne source, on affirme que des membres de la famille royale sont convaincus que le roi Hassan II aurait pu être sauvé s’il avait été aux États-Unis, ou en France où il se trouvait quelques jours auparavant pour voir, sur les Champs-Élysées, sa Garde royale ouvrir le défilé du 14 juillet.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le roi Hassan II, officiellement mort vendredi 23 juillet à 16h00 GMT d’une crise cardiaque à la suite d’une pneumopathie aiguë, était déjà cliniquement mort lorsqu’il a été transporté le même jour peu avant 13h00 GMT à l’hôpital civil Avicenne de Rabat, a-t-on appris auprès d’une source médicale sûre qui a refusé d’être identifiée. Le souverain, précise-t-on, se trouvait dans son palais de Skhirat, à une vingtaine de kilomètres de Rabat, lorsqu’il a été soudain pris de frissons et a ressenti une gêne au niveau de la gorge. Mercredi, il avait reçu à dîner, en pleine forme, le président yéménite Ali Abdallah Saleh. Les deux hommes avaient discuté et plaisanté jusqu’à une heure avancée de la soirée. Vendredi à 03h50 GMT, le roi Hassan II, gêné mais semble-t-il sans inquiétude,...