Richard Virenque a bouclé dimanche le Tour le plus paradoxal de sa carrière : jugé indésirable avant le départ, le Varois se classe premier Français sur les Champs-Élysées. Mieux, il termine pour la cinquième fois avec le maillot à pois de meilleur grimpeur, sa distinction habituelle, celle par laquelle l’identifient ses supporters sur le bord des routes. Car chaque mois de juillet, la France se couvre de pois écarlates, se pique une rougeole et salue son héros avec une ferveur débordante et souvent aveugle. Trois jours avant le départ de Vendée, la Société du Tour de France dut, sur injonction de l’UCI, accepter le coureur qu’elle avait récusé pour cause d’affaire Festina. Jean-Marie Leblanc n’avait qu’une crainte : que le Français, en l’absence de favoris clairement identifiés, remporte le Tour de France, un an après en avoir été exclu dans un tourbillon médiatique lié au dopage. Virenque n’a pas gagné le Tour, il n’a même pas remporté d’étape, faisant preuve d’une relative faiblesse dans les épreuves de montagne. «Je ne m’étais pas préparé pour ce Tour. Je voudrais que l’on mette les favoris dans la même situation que moi, qu’on leur fasse subir ce que j’ai connu et on verra où ils sont aujourd’hui», a lancé le Varois. «Je ne suis pas sur le podium mais je me classe huitième et ce n’est pas si mal compte tenu des circonstances», a-t-il poursuivi. «Si j’avais eu une place sur le podium après ce que j’ai vécu, cela voudrait dire que les prochaines années je vais me friser». Bahamontes et Van Himpe À défaut de sa probité et de son image – «incompatible» avec celle du Tour de France – c’est peut-être son courage et son abnégation que Jean-Marie Leblanc a accepté de saluer lorsqu’à mi-parcours le patron du Tour a serré la main du coureur. Sans en avoir l’air, cette réconciliation était un début de retour en grâce que Leblanc accordait à celui qu’il avait puni sans faiblesse l’an passé en Corrèze. D’une certaine manière, le Tour de France, déjà privé de Marco Pantani, Jan Ullrich et Bjarne Riis, ses trois derniers vainqueurs, n’aurait pas pu se passer de Virenque. À tort ou à raison, il reste le sujet favori des discussions de comptoir, le «chouchou» de la foule, celui dont le nom devance tous les autres au hit-parade des graffitis. La foule lui a depuis longtemps pardonné, si elle n’a jamais été convaincue de son éventuelle faute. Que Virenque se soit ou non dopé lui importe peu, ce qu’elle veut c’est le voir passer, espérer qu’un jour enfin il va gagner le Tour. «Je continue d’avoir de nombreux supporters», affirme-t-il avec un mélange de morgue et de simplicité gamine. «Ce que les gens aiment en moi, ce n’est pas un seul événement. Ils me soutiennent pour toute ma carrière, pour mon caractère et pour ce que je suis». Ce qu’il est ? Le meilleur grimpeur français de tous les temps, comme le prouvent statistiquement ses cinq maillots à pois. Virenque n’est plus qu’à une distinction du record du célébrissime Espagnol Federico Bahamontes et de l’illustre Belge Lucien Van Himpe qui, tous deux, remportèrent six fois le grand prix de la montagne. Pour égaler ces deux géants, Virenque doit aussi remporter un Tour de France, faire comme Bahamontes en 1959 et comme Van Himpe en 1976. Il réconcilierait la France avec le cyclisme et mettrait fin à 15 ans d’attente, depuis la dernière victoire de Bernard Hinault en 1985. «Je crois que je peux gagner un Tour de France», a-t-il affirmé. «Je reviendrai l’an prochain et s’il y a un beau parcours alors pourquoi pas ? Tout est possible».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Richard Virenque a bouclé dimanche le Tour le plus paradoxal de sa carrière : jugé indésirable avant le départ, le Varois se classe premier Français sur les Champs-Élysées. Mieux, il termine pour la cinquième fois avec le maillot à pois de meilleur grimpeur, sa distinction habituelle, celle par laquelle l’identifient ses supporters sur le bord des routes. Car chaque mois de juillet, la France se couvre de pois écarlates, se pique une rougeole et salue son héros avec une ferveur débordante et souvent aveugle. Trois jours avant le départ de Vendée, la Société du Tour de France dut, sur injonction de l’UCI, accepter le coureur qu’elle avait récusé pour cause d’affaire Festina. Jean-Marie Leblanc n’avait qu’une crainte : que le Français, en l’absence de favoris clairement identifiés, remporte le Tour de...