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Actualités - Interviews

Pension calculée sur le Smig

Le projet de pension retraite n’est plus une simple vue de l’esprit. Une étude a été préparée par le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) depuis quelque temps déjà. Mais ce n’est que récemment qu’il a pu la soumettre au conseil d’administration de la CNSS afin qu’elle soit débattue. Le gouvernement actuel est favorable à une réforme dans ce domaine, contrairement au précédent. M. Antoine Wakim, actuaire et créateur du projet du RDCL, répond aux questions de L’Orient-Le Jour. «Les personnes concernées par ce projet sont principalement les employés et les travailleurs, explique M. Wakim. Je pense que l’État a un rôle secondaire dans le cadre financier mais un rôle majeur en tant que régulateur, organisateur et législateur». Le système préconisé par cette étude est celui de la pension de retraite calculée selon le multiple du salaire minimum : une fois et demi deux fois, etc. Le montant reste évidemment à fixer et la pension serait la même pour tout le monde, ou sensiblement la même, avec un minimum de 1,5 Smig et un plafond de 4 Smig. Le salaire minimum étant ce qu’il est au Liban, peut-on considérer que cette pension sera suffisante aux retraités ? «Nous préconisons une pension qui soit le multiple du salaire minimum mais nous insistons sur le fait que celui-ci devrait être actualisé car ce qu’il représente est actuellement dérisoire, précise M. Wakim. Nous pensons que l’État ne devrait plus intervenir au plan de la politique salariale mais seulement au niveau du salaire minimum. C’est le modèle anglo-saxon et suisse qui est le seul à avoir survécu sans crise en Europe». Fonds privés complémentaires Mais imposer un salaire unique à tout le monde compte tenu des différences de salaires à la base ne peut-il pas s’avérer injuste ? «L’État devrait assurer un minimum pour tout le monde», souligne M. Wakim. «Ce montant est calculé selon le salaire minimum, tout comme les cotisations payées par les patrons et les employés. Je sais que si je paye tant, j’aurais tant à la fin, donc je souscris. Cette pension ne constitue qu’un premier pilier. Si le retraité désire obtenir un montant plus élevé, il devrait s’en remettre au second pilier qui pourrait être assuré par les fonds privés répartis par profession». M. Wakim explique qu’il pourrait y avoir un troisième pilier qui est le fond des cadres, et un quatrième représenté par les assurances privées et les banques. Évidemment, les fonds sont supervisés par la CNSS mais gérés par les employés eux-mêmes et confiés à des compagnies spécialisées dans ce domaine. Quel pourrait être le montant de la pension ? «Ce n’est pas l’objet de l’étude de fixer un montant, dit M. Wakim. Mais si le salaire minimum est réévalué, nous suggérons que le montant représente 1,5 Smig». Sera-t-on obligé d’y adhérer ? La réponse de M. Wakim est positive dans le cas des personnes qui entreront sur le marché du travail après la promulgation de la loi. Même les anciens peuvent bénéficier de ce nouveau système sans rien perdre de leurs droits. La pension sera évidemment accompagnée d’une assurance médicale. «Il est nécessaire que le retraité ne soit pas marginalisé après des années de service, en d’autres termes qu’il ne soit pas privé de son droit social», considère M. Wakim. Il ajoute : «Aujourd’hui, il touche des indemnités qui lui suffisent à peine deux ans. De plus, les jeunes peuvent de moins en moins s’occuper de leurs parents non parce qu’ils les aiment moins, mais parce qu’ils n’en ont plus les moyens. Sans compter que ces jeunes qui voient leurs parents souffrir sont de plus en plus poussés soit à émigrer soit à adopter une attitude d’opportunistes et à exiger tout le plus vite possible dans l’optique de capitaliser l’argent. Dans ce dernier cas, c’est la productivité qui en souffre». M. Wakim insiste sur un dernier point : l’objectif philosophique de cette approche du multiple du salaire minimum est de le rendre non seulement obligatoire mais le plus vaste possible. Le minimum doit être assuré à tout le monde. «Ainsi, non seulement les employés mais les personnes qui sont leur propre patron devront cotiser et obtiendront cette pension, dit-il. Ce sera un système pour tous les actifs pas seulement pour les salariés». Il précise qu’une société anglaise a étudié le projet et l’a considéré viable dans la situation libanaise actuelle.
Le projet de pension retraite n’est plus une simple vue de l’esprit. Une étude a été préparée par le Rassemblement des chefs d’entreprise libanais (RDCL) depuis quelque temps déjà. Mais ce n’est que récemment qu’il a pu la soumettre au conseil d’administration de la CNSS afin qu’elle soit débattue. Le gouvernement actuel est favorable à une réforme dans ce domaine, contrairement au précédent. M. Antoine Wakim, actuaire et créateur du projet du RDCL, répond aux questions de L’Orient-Le Jour. «Les personnes concernées par ce projet sont principalement les employés et les travailleurs, explique M. Wakim. Je pense que l’État a un rôle secondaire dans le cadre financier mais un rôle majeur en tant que régulateur, organisateur et législateur». Le système préconisé par cette étude est celui de la...